SIESTE
. I P H O N S F. Il 1 :
Au soleil, à midi, l'été,
Je me coucherai dans la plaine, Tendant mon âme à la beauté Afin qu'elle en soit toute pleine.
La terre a, quand vient la moisson, La chevelure d'une blonde ; J'en veux sentir dans un frisson La caresse molle et profonde.
Elle se coiffe de bleuets ;
Un peu de brise qui les touche
Semble, à courber leurs brins fluets, L'haleine pure d'une bouche.
Les yeux vaguement assoupis, A mon rêve me sentant vivre, Parmi les ondes des épis Je me roulerai pour être ivre.
Tous les grillons feront un chœur Qui monte, tombe et recommence.
Une flamme jusqu'à mon cœur Jaillira de la vie immense,
Et je boirai l'azur léger
Comme un lézard parmi les pierres,
Ecoutant les épis bouger
Et levant au ciel mes paupières.
LES HORIZONS AIMKS.