‹ Au fil de l'eauChapitre 35 sur 38 · A EMMANUEL DES T. S S A R T S · texte numérisé non relu

A EMMANUEL DES T. S S A R T S

i\ mi-côce, appuyée au Mont-Valérien,

La pecite maison très-simple, où l'on est bien,

Ouvre comme des yeux ses fenêtres tranquilles

Vers la Seine et la plus inquiète des villes

Qui, changeante suivant le temps ou la saison,

Illumine, bleuâtre ou blanche, l'horizon.

Entre tant de villas de tournure plus riche,

Ce domaine d'un sage avec des coins en friche,

Ses touffes d'ébéniers, ses lilas en bouquets,

Ses deux chèvres tournant autour de leurs piquets.

Sa grande allée unique et mal entretenue

Où la seule amitié souriante est venue,

Son aspect paysan et nullement bourgeois,

Son air calme et rêveur et tourné vers les bois,

LKS HORIZONS A I M ES.

Sa bonhomie enfin aimable ec sans contrainte

Me plaît. C'est qu'un artiste a mis là son empreinte :

L grand tigre sculpté donnant à ses petits

Un oiseau, proie égale à leurs forts appétits.

Dans l'entourage étroit des buissons et de l'herbe

Le regard voit soudain surgir l'élan superbe

De ce groupe, et l'horreur des vieux plâtres connus,

La blancheur anémique et fade des Vénus

Cachant leur nudité d'un geste ridicule

Sous un mince jet d'eau qui pleure au crépuscule.

Disparaît. Est-ce là le logis du sculpteur?

Je ne sais- mais ce mot tracé sur la hauteur

Dans un langage clair veut dire : poésie ;

Et les voisins, les gros chalets sans fantaisie

Regardent, justement choqués de ce blason,

Le colosse gardant la petite maison.

io4 AU FIL DE L'EAU.

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