A EMMANUEL DES T. S S A R T S
i\ mi-côce, appuyée au Mont-Valérien,
La pecite maison très-simple, où l'on est bien,
Ouvre comme des yeux ses fenêtres tranquilles
Vers la Seine et la plus inquiète des villes
Qui, changeante suivant le temps ou la saison,
Illumine, bleuâtre ou blanche, l'horizon.
Entre tant de villas de tournure plus riche,
Ce domaine d'un sage avec des coins en friche,
Ses touffes d'ébéniers, ses lilas en bouquets,
Ses deux chèvres tournant autour de leurs piquets.
Sa grande allée unique et mal entretenue
Où la seule amitié souriante est venue,
Son aspect paysan et nullement bourgeois,
Son air calme et rêveur et tourné vers les bois,
LKS HORIZONS A I M ES.
Sa bonhomie enfin aimable ec sans contrainte
Me plaît. C'est qu'un artiste a mis là son empreinte :
L grand tigre sculpté donnant à ses petits
Un oiseau, proie égale à leurs forts appétits.
Dans l'entourage étroit des buissons et de l'herbe
Le regard voit soudain surgir l'élan superbe
De ce groupe, et l'horreur des vieux plâtres connus,
La blancheur anémique et fade des Vénus
Cachant leur nudité d'un geste ridicule
Sous un mince jet d'eau qui pleure au crépuscule.
Disparaît. Est-ce là le logis du sculpteur?
Je ne sais- mais ce mot tracé sur la hauteur
Dans un langage clair veut dire : poésie ;
Et les voisins, les gros chalets sans fantaisie
Regardent, justement choqués de ce blason,
Le colosse gardant la petite maison.
io4 AU FIL DE L'EAU.