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LA TERRASSE DE SAINT-GERMAIN

A THÉODORE MAURF.R

Iarce qu'un plan, bleu, vert et noir,

Etale, mais ne fait pas voir

La campagne maigre ou touffue,

Les arbres, les champs, les maisons,

Je n'aime pas les horizons

Qu'on appelle des points de vue.

Pourtant, par un tranquille azur D'arrière-saison, pâle et pur, Sous un léger ciel de Septembre, Où le soleil, brillant tout bas, Tiède, conseille quelques pas Aux malades, hors de la chambre;

Le dimanche, parmi les rangs De chaises, les groupes errants, Dans la fouie vive ou dormante, La terrasse de Saint-Germain, Où le vent fraîchira demain, Est mouvementée et charmante.

Au pied des bois et des coteaux.

La Seine, presque sans bateaux, Des sentiers creux que l'eau ravine, Le cône du Mont-Valérien, Paris, dont on n'aperçoit rien Que Montmartre, mais qu'on devine.

Quand les horizons sont Paris, Ils peuvent être froids et gris, On sent au loin une âme immense ; Et si l'on voit la ville un peu, Le soir, une aurore de feu S'allume, quand la nuit commence.

Malgré le canon allemand, Aucun malheur n'a pu vraiment Entamer la cité profonde.

Qu'importe le hasard vainqueur?

C'est toujours au feu de son cœur Que se réchauffera le monde!

LES HORIZON S AI.MKS

LA FERME DEPINAY

J\ u bord de la Seine, à deux pas Des noirs logis qui sont les nôtres, La ferme d'Épinay n'est pas Une ferme comme les autres.

Si l'on trouve étroit son verger, Elle a, voisine de la berge, Pour nous verser son vin léger, Des servantes, comme une auberge.

Émergeant des feuillages clairs Qui se reflètent dans l'eau bleue.

Elle est charmante, elle a des airs I I anne de banlieue.

On irait loin, s'il le fallait,

Faire de moindres découvertes.

A quatre heures on boit du lait Qui mousse, sur les tables vertes.

Sous le soleil hospitalier Le bruit des canards et des poules Est un bruit simple et familier Et qui vaut bien celui des foules.

Les tonnelles ont de l'esprit, Les lilas ne sont pas sévères ; C'est le printemps, un baiser rit, Et l'on entend tinter les verres.

Un banc de bois mieux qu'un fauteuil Convie aux belles faims rustiques, Et la piquette d'Argenteuil Est bonne, sans vertus antiques.

O le loisir rose et vermeil !

L'âme indulgente à la matière, Une friture, le soleil Et la fraîcheur de la rivière!

Un jour j'ai suivi ce chemin Sans en chercher la fantaisie.

Ainsi l'on trouve sous sa main La chose qu'on aurait choisie.

LES H OH IZON S A I M ES

Pour guide avais-je la c: .

Que chance Paris le dimanche.

L'odeur de l'herbe ec du buisson Ou l'étreinte de sa main blanche?

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