‹ Au fil de l'eauChapitre 5 sur 38 · LE PASSEUR · texte numérisé non relu

LE PASSEUR

Au bord du fleuve, loin des foules, Entre des chênes et des pins, Il a quelques fruits et des poules Près de la cabane à lapins.

Il est, comme parfois nous sommes.

Sans grands besoins et sans grand fiel, Connaissant dès longtemps les hommes.

Les bêtes, la terre et le ciel.

IIclc des deux rives, il passe Des dames avec des messieurs;

LES BERGES

11 semble ne rien voir. — L'espace Est d'un azur délicieux.

Son front hâlé montre des rides Qu'ont faites le soleil et l'air, Et, philosophe aux bras solides, Il a le poil rude et l'œil clair.

Il prend le temps comme il arrive, Il est pêcheur et braconnier.

Quand le soir tombe, sur la rive Il dort, ou veille le dernier.

Ni famille, ni deuil, ni joie :

Nos soucis lui sont étrangers; A son cerveau le ciel envoie Quelques rêves comme aux h.:

Il vivra vieux : la Seine est douce..

Pendant que pâles nous songeons, Il mène sa barque et la p Kt n'a d'obstacle que les juncs.

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