II PREFACE
Quel emploi de ïlous-mêmes ? Admirer, observer,, comparer, déterminer des rapports, et puis, pour qui veut dépasser ce tâtonnement de connaissance, rêver, les yeux ouverts, lancer dans l'insondable au delà Thypothèse consolatrice des faibles ou rinduction expérimentale qu'affronte l'impavidité des forts, enfin, faire un retour sur soi,^ s'accommoder aux faits inévitables, préparer des éventualités de modifications possibles pour une adaptation meilleure d'humanité, se donner à cette œuvre, sortir de soi, idéaliser, aimer, agir, mettre l'action au-dessus de la clameur des foules, au-dessus du résultat tangible d'un jour, confronter sa volonté avec les lois impassibles des choses^ et,, ainsi,, prendre rang parmi les forces conductrices desmondes : tel est le cycle offert à no-tre activité par la chance de naître.
L'œuvre paraît assez belle, quoique prise en dédain par ceux qui n'exigent pas moins du destin que l'éternité du bonheur, et croient achever cette conquête par des rites capables- de fléchir l'Inflexible. C'est que l'orgueil de vivi^e est incommensurable, c'est qu'il nous plaît de rapporter à nous^ l'ragments infimes, l'infinité des phénomènes, c'est qu'il nous vient une folie de demander des comptes aux énergies universelles quin'^ont d'autre raison d'être que d'être^ c'est que mous nous arrogeons le privilège du pessimisme ou de Toptîmisme suivant que nous jugeons l'univers fait ou