PUE FACE
cridéalîsme, des temps d'action, des temps de régression provisoire. Aujourd'hui, nous n'idéalisons ni nous n'agissons guère : car agir sans avoir idéalisé d'abord, c'est s'agiter vainement. L'absolutisme gouvernemental et religieux, voilà ce que des Français nous recommandent, en contradiction de l'esprit français, cependant que nos politiciens, sans idées directrices, sans hautes passions, sans caractère, sans volonté, se dépensent en intrigues, se perdent en lâchetés, s'annihilent dans le conflit général des impuissances. Et le [peuple, d'instinct plus que de pensée, le peuple qui ne sait auquel de ses prophètes entendre, le peuple de qui ils réclament la parole de salut et qui l'attend d'eux k son tour, le peuple prompt à les accuser du mal qu'il se fait à lui-même, le peuple bon et implacable tout à la fois, tout à la fois innocent et responsable de ses malheurs, s'égare aux promesses trompeuses de ses prétendus sauveurs.
Contempler ce spectacle et demeurer impassible, quel homme de cœur y pourrait consentir? Non, non. Toute ame haute veut être de la mêlée. Chacun, pour peu qu'il sente en lui de vie, veut apporter sa parole, son acte, son .effort. Les époques les plus troublées, sont encore des combats d'idéal, même en leurs plus mauvais jours, c'est-àdire une action vers une humanité meilleure. Car l'homme, qu'il se connaisse ou qu'il s'abuse sur luimême, qu'il serve l'idée ou qu'il erre, rêve d'enno-