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LA LAMPE DU SANCTUAIRE

Lucernam Christo meo1!

Pe. 131,

7" TOILES plein le ciel ; dans l’air, pas une brise. FE La neige au loin rayonne autour de l’humble église. Des peupliers lombards, de frimas panachés, Mèlent leur ombre pâle à celle des clochers.

O charmants soirs d’hiver ! promenades chéries ! Car je promène alors mes calmes réveries Le long du cimetière et près des chers absents Sur qui pèsent la neige et l'oubli des vivants.

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Le cimetière ici ; là l'église—un abîime

De mystère effrayant, d’obscurité sublime.

Dans cette ombre pourtant, comme un ange de feu, Je vois, j'entends parler la lampe du saint lieu.

Que dit-elle ?—Oh ! venez, frères, venez l'entendre : Car sa voix fait du bien et son langage est tendre :—

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Lampe que j'aime, astre de grâce, Que fais-tu, si bas dans l’espace ?

— J'aime le Christ, frère, à ta place !

Car l'amour au Christ est si cher,

Que moi, qui n’en suis qu’un symbole, —Muet, sans âme et sans parole—

Ici jour et nuit je console

Celui qui commande à l'éclair !

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Lampe ! le soir quand ton sourire Luit sur la route et nous attire, Astre d'amour, que veux-tu dire ?

— Je suis le sourire de Dieu :

Je dis au voyageur qui passe Pleurant, courbé sous sa besace, Je dis au mendiant qu'on chasse :

Entrez, mon frère, entrez un peu :

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Ce que dit tout bas le soir la lampe du sanctuaire 39

Laissez dehors souffler la brise.

Entrez un peu dans cette église :

Personne ici ne vous méprise :

Le pauvre est ici respecté.

Car Jésus, c’est le roi, le frère, De ceux qui n'ont pas une pierre :

Je symbolise sur la terre

La sincère Fraternité |—

Que dis-tu, joyeuse lumière,

Quand sur les croix de bois, de pierre, Sur la neige du cimetière,

Tu verses tes rayons si doux ?

—Aux morts peuplant la fosse noire Et qui mûrissent pour la gloire, — Aux prisonniers du Purgatoire

Je dis tout bas : consolez-vous !

L'espérance, voilà l’arôme

Qui parfume votre royaume !

L’espérance ! voilà le baume

Qui vous charme et console un peu :

Eh ! bien,—j'en suis, moi, le symbole.

Que mon doux flambeau vous console Et dore à vos yeux la coupole

De la Jérusalem de Dieu !—

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40 Au foyer de mon presbytère EE

Que nous dis-tu, flamme sereine, Qu'un jeune ange de son haleine, Que le papillon de la plaine

Peut en passant faire trembler !

Lampe qui rayonnes si belle !

Astre de joie, humble étincelle, Mais que l’aquilon de son aile N'ose jamais venir troubler !

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