BRISES DE MAI AU BORD DU SAGUENAY
** Incola fuit anima mea !?
UEL bon soleil !—Le missionnaire Est assis sous un peuplier :
ne
l'a refermé son bréviaire, Sa lèvre a cessé de prier.
70 Au j'oyer de mon presbytère
Sa lèvre seulement : son Âme
Bénit encor Dieu dans les fieurs,
Dans les prés verts, les cieux de flamme .... Mais dans son œil, pourquoi des pleurs ?
Ab ! c'est qu'au fond de sa poitrine, Et dans son cœur sacerdotal, Remue une chose divine :
L'ennui de son pays natal !—
Passez dans mes cheveux, sur mon front, sur mon âme, Messagers du passé, tristes mais doux zéphirs !
Passez, passez longtemps sur mon front, sur mon âme, Chaudes brises de mai, qu'embaume un pur dictame Fait de jeunes parfums et de vieux souvenirs !
Comme ils me font rêver encore, Ces vents tièdes et printaniers Qu'un soleil de mai fait éclore Avec les fleurs de nos pruniers.
Nés dans quelque valion sauvage, Ou sur la mousse des ravins,
Ils m’arrivent dans ce bocage Imprégnés d'arômes divins !
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