‹ Au foyer de mon presbytère [microforme]Chapitre 26 sur 66 · AU TRÈS RÉVÉREND M. C. L., V. G · texte numérisé non relu

AU TRÈS RÉVÉREND M. C. L., V. G

“ La confession, —c’est l’amitié élevée à l’état de sacrement.”

"N pêlerin du ciel, iourmenté par le doute, Le front dans ses deux mains pleure au bord de la Car i! a tout perdu—son guide et son bâton ! [route : Douze ans de nuit, douze ans : Au fond de ma pauvre âme, Ne verrai-je jamais rayonner une flamme ?

Et sera-t-il toujours nuit noire à l'horizon ?

Vers toi, les yeux bandés, mon Dieu, je m'achemine :

Pas une étoile, en haut, devant moi n’illumine

Ces sentiers de l'exil où je marche troublé.

Douze ans de nuit ! Seigneur, je ne viens pas me plaindre : Mais depuis que mes yeux ont vu le jour s'éteindre,

Sous leur épais bandeau mes yeux ont bien pleuré,

Je les lève aujourd'hui, ces yeux, vers toi, mon Père, Ces yeux rdssasiés de regarder la terre,

Ces yeux depuis douze ans noyés d'ombre et de pleurs. Si j'ai péché, pardon ! Mais que ton cœur écoute

Le cri de ton enfant qui tombe sur la route :

I1 tombe pour pleurer, non pour cueillir des fleurs.

Je ne mérite pas que ma pauvre prière

—Qui s'échappe d'un cœur aussi froid que la pierre-— Monte avec confiance à ce firmament bleu !

C'est un oiseau de neige à la voix rude et fade : Comment oser porter son vol blasé, malade,

Dans ce beau ciel, où tout est amour, vie et feu !

Après avoir peut-être effleuré tant de fanges,

Comment mêler sa voix à la voix des archanges ?

Eh ! bien, mon Dieu, pitié !—Je suis un mendiant :

Aux anges de chanter, de planer sur ton trône :

Moi je pleure, et je viens te demander l’aumône—

Que les anges moins beau, mais comme eux ton enfant !

Ténèbres ra inenenantenéns te montent a"

——nmeeampmennntes

Je suis tenté, Seigneur, Je sens dans ma poitrine,

—O douloureux mystère—une double racine :

La racine d’un saint, celle d’un scélérat |

Ma tête est pleine d'ombre, et mon cœur plein d’orages, Je parcours le désert, mais non comme les Mages, Peut-être qu’une étoile enfin se lèvera |. “

Oh ! que ta volonté soit faite toute entière ! Mais donne-moi, Seigneur, un rayon de lumière, —Un rayon !—pour marcher vers ta sainte maison ! Douze ans de nuit ! F'ais luire au fond de ma pauvre âme, Sinon le plein soleil, oh ! du moins quelque flamme

. Qui me montre de loin quelque point d'horizon !

Et cet ami prudent, ce saint, cet humble sage, Qui m'a guidé, joyeux, dans mon pêlerinage,

Oh ! le rencontrerai-je encor, sur mon chemin ? Ou bien, ce guide aimé, qui pour moi sur la terre Avait les yeux d'un ange et l'amitié d’un frère, Ce guide, —pour toujours m’a-t-il serré la main ?

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