‹ Au foyer de mon presbytère [microforme]Chapitre 28 sur 66 · LE RÉVEIL DE L’« ABEILLE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL DE L’« ABEILLE

ANS mes vitres, ce soir, malgré le vent d'automne, D Quel ciseau, quel insecte et s'agite et bourdonne ? Egaré loin des bois, chassé Par l’aquilon,

Pauvre petit proscrit, dis-moi, quel est ton nom ?

Tu ne me parais Pas gros Comme une mésange :

N'est-tu pas quelque sylphe, un papillon, un ange ?

—Comme seize ans d'absence ont donc dû me changer, Pour me valoir ainsi cet accueil d'étranger !

Regardez ! c'est bien moi : moi que vous pensiez morte, Mais qui, malgré le froid, bourdonne à votre porte, Avec la neige à flots vous ne m'attendiez pas : Comment ! ressusciter avec les blancs frimas ?

Eh ! bien, oui ! Le bonheur de revoir la lumière n | —Après avoir langui si longtemps prisonnière |— 4 Me console, et mon aile affronte en paix l'hiver. Dans l'ombre de ma ruche, 6 ciel, j'ai tant souffert | Puisqu'on m'ouvre ce soir ma prison ténébreuse, Vers tous mes vieux amis je m'élance joyeuse. Ouvrez-moi par pitié |! Par pitié, sous vos toits,

Oh ! faites-moi ce soir cet accueil d'autrefois! Car nous étions amis ! car, malgré mon absence, Je me rappelle avoir amusé votre enfance !

Ouvrez donc ; et demain l’insecte réchauffé Charmera vos ennuis comme par le passé !

Car demain, aux rayons de l'aurore vermeille, —-

V5s regards attendris reconnaîtront l’ ‘‘ abeille ” !

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