‹ Au foyer de mon presbytère [microforme]Chapitre 40 sur 66 · PAST · texte numérisé non relu

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Berceau charmant ! vrai nid fait de vert sapinage, Où dort l’Enfant-Jésus, gentil oiseau du ciel.

Et voyez-le sourire aux enfants du village :

Son sourire est plus pur qu'un pur rayon de miel ! Le bel ange ! il rayonne avec autant de joie

Que s’il était couché sur la pourpre et la soie. Comme il est gracieux, ce roi de l’univers

Qui naît en souriant sur quelques rameaux verts !

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Non ! pas même une humble cabane : | Sous les yeux d’un bœuf et d’un âne!

Quel fils de pauvre paysanne N’eût pas rougi de naître ainsi !

Frêle Enfant que rien ne protège,

Il nous arrive avec la neige ‘4 Et les oiseaux blancs pour cortège. L La nuit d'automne l’a transi. 4.

Mais sur sa paille Jésus tressaille, ‘à Mais sur sa paille Il est joyeux.

L'enfance admire Son doux sourire :

Son charme attire L'enfant pieux.

Le |!

Le chancelant vieillard, pour qui va sonner l'heure D’abandonner bientôt sa terrestre demeure,

Près de la crèche aussi le vieillard prie et pleure : Cet Enfant qui sourit va le juger demain,

Et ce Juge lui semble un juge bien humain !

Le lys dont la corolle exhale Une senteur si virginale ; La neige fraîche et matinale

Qui charge au bois les verts buissons :

Ê Enfin, la perle la plus belle

‘4 Avec moins de grâce étincelle à Que sa vive et calme prunelle, Pleine d'amour et de rayons!

Mais il sommeille :

O nuit vermeil ;, Jésus sommeille :

Coule sans bruit.

Coule plus lente, O nuit charmante, Coule plus lente,

© sainte nuit !

Nuit calme et solennelle !

Oh ! oui, qu'elle était belle, La rustique chapelle,

Sous sor naïf décor.

Avec se. ‘:ux magiques, Et ses autels féeriques,

Et ses joyeux cantiques,..

Mon Dieu, j'y suis encor !

La messe de minuit à la campagne

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Chérubins de l'exil, à qui manquaient des ailes, Par le froid colorés, du feu plein les prunelles, Nous, petits villageois, prenions l'Enfant divin Pour un frère venu du Paradis lointain. | Notre âme, que fondait l'ivresse de l'extase, Fe Menaçait d'éclater comme un fragile vase.

L'église illuminée au milieu de la nuit

Achevait d’éblouir notre œil et notre esprit,

La Messe de Minuit, oh ! c'était notre fête :

Un mois d'avance au moins nous en perdions la tête ! Nos soupirs n'étaient pas des Soupirs de prophète :—

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