PROTECTEUR DES ORPHELINS D'IRLANDE
À ma sœur d'adoption OrméLcrA FLynn-GINGRA8, eu religion Sœur Marie-de-Jésus ’
U fond, qu'a-t-il été, ce prélat humble et grand ? Entre deux nations comme un ciment vivant.
Il fut de ces choisis dont la portée échappe, Mais que pour ses desseins d’un vrai cachet Dieu frappe.
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Comme on ouvre aux amis son manoir de seigneur, Aux orphelins d'Irlande il ouvrit son grand cœur. Ta lettre me parlait de douleur filiale :
Sa tendresse en effet, paternelle et royale,
Fit de chacun de vous, sur ce sol canadien,
Un enfant adoptif, mais profondément sien, Orpheline toi-même, oh ! ta douleur est belle,
D'un millier de tes sœurs c'est un écho fidèle.
Loin de la verte Erin vous chassait l'ouragan.
La mort, comme un requin caché sous l'océan, Surgit du sein des flots : souvenir qui vous navre, Vous avez à la mer vu jeter leur cadavre e
Avant de mettre pied en pleurant sur ces bords, Vous avez à la mer laissé vos parents morts.
Deux tyrans sans pitié, —la mort et l'Angleterre, — Vous volaient, l’un vos toits, et l’autre votre mère | Mais sous notre beau ciel on vous tendit les bras : Irlandais, Canadiens,—mon Dieu, n'étions-nous pas De vieux lutteurs meurtris par les mêmes souffrances ? Etrangers par le sang, frères par les croyances ? Or, un prêtre surtout, —celui sur qui, ma sœur, Ton bon cœur aujourd'hui verse tant de douleur, — Or un prêtre sur qui le clergé se reflète,
Se fit de notre accueil le fervent interprète.
I1 vous chercha, non pas des foyers opulents,
Mais un meilleur trésor —de vrais et francs parents. Comme avec allégresse on se fit son complice !
Ce prêtre disparu, que ma voix le bénisse :
Merci ! trois fois merci ! Ma famille lui doit
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Sur la tombe de Monsignor Cazeau 207
L'honneur d'avoir longtemps vu fleurir sous son toit L'une de ces enfants qui forment sa guirlande, L'un de ces nobles cœurs qui font aimer l'Irlande ! Tout mon pays en deuil bénit l’umble Cazeau : Car mon pays le sait, si son rôle fut beau !
Sous l'inspiration de son âme d'élite, Ce prêtre sympathique eut d'instinct le mérite De rapprocher un peu, pour les rendre plus forts, Deux peuples qui sont faits pour unir leurs efforts . Et maintenant, venez, peuples d'un même culte : Irlandais, Canadiens, allons ! que l’on s'insulte, Citoyens de Saint-Roch, citoyens du Cap Blanc, Sous les yeux des anglais battons-nous jusqu’au sang. Pour briser de remords nos bâtons fratricides, Entre nos pistolets et nos haiïnes stupides, Nous avons plus qu’un mur,—nous avons un tombeau : Nous avons le cercueil du vénéré Cazeau !
Irlandais mes amis, et Canadiens mes frères, Jetons dans ce cercueil nos haines meurtrières. Irlandais, honte à vous, si l'hospitalité Ccsse d’être à vos yeux un titre respecté.
x,9nte à nous, Canadiens, si notre cœur oublie Que l’Irlandais souvent vient ici l'âme aigrie. Car, en face, voyez notre ennemi commun :
Soyons dignes au moins : pour cela, soyons un ! É Ayons assez d'orgueil et d'honneur pour nous dire : | Si l'ennemi nous haït, du moins il ne peut rire !
Et puis, qu’adviendrait-il de nos rivalités —
Laides, contre nature ? Ah ! mes yeux attristés,
Sur un fleuve de sang, sur un torrent qui passe, Contemplent les débris de l’une et l'autre race !
Donc, la main dans la main, Canadiens, Irlandais : Anathème à celui qui troublerait la paix !
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