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Tarte, Desilets, Houd:, Dionne, | Portent, hardis, le drapeau bleu. ù
Pacaud, David, Barthe.…., Morbleu,— Respect aux enfants de Bellone !
Halte ! si j'allais agacer
Tous nos belliqueux journalistes !
Ces redoutables polémistes M'auraient bientôt fait trépasser !
Muse, il faut replier tes ailes.
Rangaîne tes vers indiscrets.
Dans l'air j'entends siffler des traits :
Tu vas voir trente six chandelles |
Voilà. Mais quel air de dédain
Me montrent plus de vingt visages ?
Aurais-je, avec mes vers sauvages, Indigné le peuple écrivain ?
Impertinences à l'eau de rose 199
Allons, grands hommes que j'admire, Et que j'admire tout de bon,
Prenez le style bon garçon,
Et iolérez le mot pour rire.
Écrivains sans doute immortels, Ah! votre pose m'effarouche,
Les vers me restent dans la bouche : Ne soyez pas si solennels.
Pour mériter votre indulgence, Puis-je assez faire en ce moment ?
Non : vous voulez absolument
De mes lazzi tirer vengeance.
Grands hommes, vous dites en chœur :
Exterminons de notre haleine
Ce moucheron né dans la plaine,
Ce blanc bec un peu trop goailleur.
Eh bien donc, règlons notre affaire.
A chacun j'adresse un cartel :
A vingt battons-nous en duel —- Venez tous à mon gai presbytère.
eme eo
a Pour armes, pas de pistolets :
| à Des cigarettes capiteuses | Il Et moi, charmantes mitrailleuses, Je ferai cible aux quolibets.
Je promets du vin. de campazne, Du cidre fait à Ja maison, —
Mais qui fait sauter son bouchon Comme du vrai vin de Champagne !
| ln) Enfin, pour émousser vos traits, j! Pour faire oublier mes outrages, Je déclamerai vos ouvrages :
J'en sais Par cœur de bons extraits !
Citoyens, c’est du badinage Que je commets en ce moment.
Je babille comme un enfant :
Je vais redevenir plus sage.
Je ne veux Pas vous dire adieu
De cette façon trop légère :
Une muse de presbytère
Doit prêcher même au coin du feu.
Je ne dis pas: Rasez les cimes, Ou rasez les prés gracieux ; C'est par là que l'on vole aux cieux :
C'est ainsi qu'on fuit les abîmes
Bien sûr, je perdrais mon latin Si je vous prêchais sur la forme.
Ma sottise serait énorme
De descendre sur ce terrain.
Vous souririez à ma parole,
Jeunes aigles de l’Hélicon.
Par exemple ! est-ce au papillon
À vous montrer comment l’on vole !
Je veux seulement relever L'axiôme d’un fou sublime.
Il chante aujourd’hui dans l’abîme Ce fou qui nous a fait rêver.
Imprégné d’un lascif arôme, Précurseur de la Dame Ango, Le très malsain Victor Hugo Posait un jour cet axiôme :
Au foyer de mon 2resbytère nd en med
‘© La poésie est un jardin Sans une pomme défendue :
Que votre muse toute nue
Y folâtre libre et sans frein. ”
Oh ! cette maxime est immonde !
Oh ! cet axiôme est mortel !
Frères ! avant tout c’est au ciel Que l’art doit attirer le monde !
Donc ! que votre muse toujours Soit odorante ainsi que Flore, Radieuse comme l'aurore, — Mais pudique dans ses atours !
Quand une muse est baptisée, Qu'elle soit chrétienne en tout lieu :
Qu'elle entre au temple adorer Dieu, Et dédaigne le Colisée.
Le Christ est l'immortel soleil.
Peinture, musique, éloquence, ...
Que tout rayon sorte et s'élance De ce foyer riche et vermeil.
Impertinences à l'eau de rose 203
Le Christ est comme la lumière :
Dans ce réservoir éternel,
Les sept couleurs de l’arc-en-ciel Semblent dormir avec mystère.
Chaque artiste, —nouveau Newton, — En faisceaux divers décompose
Cette lumière bleue ou rose,
Multiple il semble, unique au fond.
Mais s’imaginer qu'il existe Deux morales, c’est une erreur :
Non : qu'avec le prédicateur
A l'unisson vibre l'artiste.
Si mon brocard sent le sermon, Amis, dites-vous sans colère :
Le prêtre est toujours dans la chaire, Et son conseil est toujours bon.
Au prêtre À faire la morale !
Qu'il nous cause ou non de l'ennui, Prêcher, c'est sa manière, à lui, D'’avoir de la couleur locale !
D mg