PAYOT & C'% LIBRAIRES-ÉDITEURS
u Foyer romand
Chronique romande.
^îp^Lus d'une tentation se présente à l'esprit •îlçjf du chroniqueur chargé de résumer ici, au bout de Pan, les principaux faits de notre vie romande dans Tordre intellectuel et artistique.
Il peut être tenté de jeter un large coup d'œil sur la politique mondiale, qui fut si riche, cette année-ci, en événements, en drames, en péripéties imprévues et émouvantes, et d'en indiquer, sinon le contre-coup, du moins l'impression sur notre heureux pays de paix et de liberté.
Avec quelle horreur et quel dégoût nous avons suivi les sanglantes mêlées des Japonais et des
Russes; avec quelles appréhensions nous avons vu des nuages de guerre se former et grossir sur la frontière d'Allemagne et de France, à propos de l'Angleterre et sous prétexte du Maroc ; avec quelle joie nous avons vu se dissiper l'orage ; avec quel soupir de soulagement nous avons enfin accueilli la nouvelle de la paix conclue aux Etats- Unis entre les belligérants d'Extrême-Orient ! Tout cela prêterait matière à d'ingénieux développements et à d'éloquentes envolées.
On pourrait être tenté aussi de supposer connus les faits de notre vie romande et d'exposer, à leur propos, nombre d'idées ou de critiques qui pourraient être justes, voire même d'aiguiser quelques épigrammes qui pourraient se trouver amusantes.
Oui ! tout cela serait fort tentant. Mais, si la seule utilité de cette chronique me paraît être d'offrir au lecteur d'aujourd'hui, et même de demain, un aperçu sommaire^ aussi complet et fidèle que possible, de ce qui a occupé notre année, j'essaierai de repousser toute espèce de tentation et de m'en tenir à l'humble et utile office d'appareil enregistreur. Rendons compte des faits sans trop les juger. La malice du lecteur se chargera du reste.
La Fête des Vignerons a été le grand événement de l'année romande. Tout le reste — événements mondiaux y compris — a disparu devant cette