TOPOGRAPHIE
L'idée générale que l'on a de cette région du nord de notre province est que tout ce pays n'est qu'une vaste étendue de montagnes désertes et inhospitalières. Rien n'est plus faux ; cette contrée, au dire des explorateurs qui l'ont parcourue, est une grande plaine, comparativement basse, à.
la surface tantôt plane, tantôt ondulée, percée en quelques endroits par de petits coteaux rocheux, s'élevant d'une manière à peine sensible vers Test et le nord, où elle se confond avec un plateau uni dont l'élévation moyenne n'atteint pas huit cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Ce plateau marque justement la division des eaux du bassin du St- Laurent de celui de la baie d'Hudson. Le lac Victoria se trouve sur le versant sud est de ce plateau ; il est situé à midistance entre le lac Téniiscamingue et les sources de l'Outaouais dont il n'est qu'un vaste élargissement ; il occupe à peu près le centre du quadrilatère formé par les 77o et 78o de longitude et les 47o et 48o de latitude. C'est le plus curieux des lacs de la province sous le rapport de la forme: il se compose de trois grandes nappes d'eau parallèles, reliées les unes aux autres par d'étroites passes. La nappe de Test a une quarantaine de milles de longueur et d'un à deux milles de largeur ; celle du milieu est longue d'une cinquantaine de milles et large de cinq à dix ; celle de l'ouest a une longueur d'une trentaine de milles et une largeur variant entre un et dix milles.
Le poste actuel de la Compagnie de la P>aie d'Hudson est bâti sur la rive est, à l'endroit même où la rivière Ottawa s'élargit tout-à-coup pour former cette immense étendue d'eau ; c'est là aussi que se trouve la chapelle de la mission.