‹ Au grand Lac Victoria [microforme]Chapitre 4 sur 8 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le lac Vic

toria (1) fut connu de bonne heure par les

(1) Le nom indien de ce lac est “Kitchisaking”, mot algonquin qui signifie “grande embouchure”. Je n'ai pu découvrir à quelle date et à quelle occasion fl a été nomrné Victoria ; les anciens missionnaires l'appellent tout simplement “Grand Lac”, Le poste actuel de la Compagnie de la Baie d'Hudson y aurait été fondé en 1804,

trafiquants de pelleteries ; il est certain que même sous la domination française les coureurs des bois s'y rendaient pour faire le commerce des fourrures avec les Algonquins qui alors comme aujourd’hui habitaient ses bords.

Ils furent suivis de près par les missionnaires qui eux allaient répandre parmi les peuplades indiennes la bonne nouvelle de l'Evangile. Nous lisons dans les Relations des Jésüites qu'en 1651, (2) le Père Buteux partit 4 Trois. Rivières, avec un groupe d’algonquins pour remonter jusqu'aux sources du St-Maurice et de l'Outaouais. C'était au plus fort de la guerre d’extermination des. Iroquois contre les Hurons. Surpris par un parti d'Iroquois, le Père Buteux et ses compagnons furent tués et mangés par ces barbares, C’est non loin de l'extrémité sud du lac Victoria que se serait passé un terrible épisode de cette-guerre, que l'explorateur Sullivan raconte au long. (3) “Les Iroquois com- “me ils en avaient l’habitude, dit-il, avaient entrepris une “expédition dans le but de scalper, et Passant par un des “nombreux chemins qu’ils connaissaient, étaient venus “dans ce lieu asseoir leur Camp pour la nuit sans allumer “aucun feu. Un sauvage Tête de Boule, qui, avec un grand “ nombre des siens, était campé à la décharge du lac Barrière, naviguait doucement en cet endroit guettant le chevreuil, “quand soudain il aperçut les canots.

“Retournant effrayé, après avoir reconnu les Iroquois “par la forme de leurs embarcations, il alla en toute hâte “annoncer cette nouvelle aux gens de sa tribu, qui, après “s'être préparés se précipitèrent vers l'endroit. Plusieurs “des braves prirent le devant, et après avoir troué les ca- “nots de l'ennemi, rejoignirent le groupe de leurs camara-

(2) Relation de 1651.

(3) Exploration de la région de l'Outaouais 1908. P. 160 et 161.

“des qui se tenaient “endormis.

en embuscade derrière leurs ernemis

“l'exception d’un seul qui traversa “de feu, et réussit à s'échapper,

“On dit qu'il ÿ en eut 150 de tués ; on laissa leurs

“corps pourrir sur le rivage, et un de mes guides m'assure, “qu'ily a vingt ans, on Pouvait encore voir plusieurs crânes “et des ossements à cet endroit.” Toujours d’après les relations, et 1656, le Père Druillètes, cherchant un route pour se rendre à la Baie d'Hudson, aurait traversé ces régions. Ainsi donc, dès les premiers tem droits éloignés furent visités . Québec, dit l'historien Garnea dirent parmi toutes les peupl d'Hudson jusque dans les pay sissipi. Un bréviaire suspend ils devançaient souvent nos p

durant les années 1655

ps de la colonie, ces enpar les missionnaires. “De u, (4) les Jésuites ge répanades Sauvages, depuis la Baie 8 qu’arrosent les eaux du Mis-

qu'en 1839 qu'elles furent re jour. De 1839 à 1844, ces mi

(4) Histoire qu Canada, Tome 1 page 223.

Le R, Père Laverlochère, O.M.I., apôtre de la Baie d'Hudson

tres séculiers, en 1839, par Mgr Ohs Ed. Poiré (5) du diocèse de Québec, et Mons. Hyppolite Moreau, (6) du diocèse de Montréal, en 1841 par Mons, Moreau et Mons. Jos. Bourassa, (7) du diocèse de Québec, en 1842, par Mons. Etienne Payment, (8) du diocèse de Montréal, et Mons. J. Bte Olscamp, (9) du diocèse de Québec, en 1848, encore par Mons. Moreau, et le Rérv. Père Duranquet, 8. J. = +

Ces intrépides missionnaires parcouraient un territoire excessivement étendu ; ils se rendaient d’abord au Témiscamingue, de là au lac Abitibi, puis retournaient par le Grand Lac et la rivière St-Maurice. Le voyage se faisait en canot

difficultés ou incommodités des missions étaient à cette époque, et sont encore en maints endroits ce qu’elles étaient du

des chemins ; même immens étendue de ces solitudes pro-

(5) Né à &t-Joseph de Lévis on 1810, miamjonnaire au Manitoba, 1838 à 1889, curé de St-Joseph de Lévis 1839-1848, de St-Joseph de Beauce 1843- 1846, de Deachambauit 1846-1867, de St-Anselme 1067-1876, de Ste-Anne de

(87 N4 à Bt-Luc our le Richelieu en 1615, ondonné en 1889. Missionnaire de l'Abltib! et du St-Maurice, de 1839 à 1843. Curé de &t-Dustache 1843- 1854. Curé de la Cathéüraïe de Montréal, 1854-1880. Vicaire général au diocèse 1873-1880, Dé6d6 à Montréal je 30 juillet 1880. : :

CT) N6 à St-Joseph de Lévis en 1817, ordonné en 1844 Missionnatre de 1844 à 1956. Curé de St-Bernand, 1956-1884. Rettré à N.-D. de Lévis où 11

(8) Né à Berthier en Haut en 1818, ordonné en 1841. Vicaire À Oka 1841-42, à ja Bale St-Paul 1842-43, desservant à Champlain 1843-44, à St- Grégoire de Nicolet 2844-46, curé Ge Ste-Marguerite de Dorchester 1846-47,

teau-Richer 1841-42. Curé de Riatigouche 1842-45, de Carleton 1843-44, core à Ristigouche de 1844-52, de Carleton de 1852 à 1863, de St-François du Lac 1863 à 1854, de Champlain 1854 à 1869, Décédé en 1876.

sence de Dien, qnand elle n'est pas effrayée par }1 rencontre de quelques fauves: :

Ces premiers missionnaires retrouvèrent dispersés nn Milieu des forêts du Nord, les descendants de ceux qui autre. fois avaient échappé aux Coùps des Iroyuois, Le christin. nisme prêché à leurs Aincêtres avait fait place à Ja plus honteuse doltrie, aux plus grossières Superstitions ; les sucurs et les fatignes des envoyés de Dien ne furent pas infrué. tueuses ; ils enrent la consolation de ramener au christinnisme toutes ces peuplades et d'établir parmi elles des chré. tientés florissantes, En effet ces ind'ens sont donés d'un bon naturel ; une fois qu'ils ont embrassé la fui chrétienne ils y demeurent fortement attachés et remplissent avec beau- Coup d'exactitude toutes leurs pratiques religieuses,

En 1844, sur les instances de Monseigneur Bourget, les Oblats de Marie Immaculée viennent s'établir au pays pour prendre charge des missions de son immense diocèse. A leur arrivée, le saint évêque leur confie les missions du Témiscnmingue, de l'Abitibi et du St-Maurice, Le Père Laverlochère, surnommé. l'npôtre de In Bai d'Hudson” ge rend au lac Abitibi et au Grand Lac durant les années 1845.1846 et 1847, En +848, il abandonne le Grand Lac au Père Clément, et se rend, pour Ja première fois depuis les missions faites par les Jésuites, à la baie d'Hudson, qu'il visite jusqu’en 1858, année où une forte attaque de Paralysie le terrasse au milieu des grands bois, et l’oblige à interrompre pour tou. jours ses missions.

En 1868, il revient au Témiseamingne ; C’est à qu'il mourut le 4 octobre 884, à l’âge de 72 ans. Son corps repose dans le petit cimetière des Indiens auprès de ses chers. enfants des bois qu’il avait tant aimés. “Sur les bords d'un lac lointain dans une vaste solitude longtemps ignorée, cette tombe où reposent les restes d’un homme qui a sacrifié sa vie à ses semblables, qui est mort martyr de sa charité, de “OR amour pour les hommes, est bien plus belle, bien plus éloquente que les plus beaux monuments funéraires élevés

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Le R. Père J. P. Guéguen, (1838-1909)

à ceux qui furent de &rands contemplateurs et de grands égorgeurs des autres hommes” (10) Les

pris de voir Ja nouvelle chapelle debout et Couverte ; l'année dernière j'avais fortement engagé le commis du poste à Ia bâtir, lui promettant d’user de mon influence sur les sau-

peu élégant, il est infiniment plus convenable que les misé. rables planches dont je m'étais servi l’année dernière dans

me

(11) Hereuie Thomas Clément, n6 à &t-Cuthbert en 1820, ordonné en 1845. missionnaire du Et-Maurice de 1846 à 1964, curé dans je diocèse de Montréal 1854 à 1866, mort accidentellement en 1891.

(12) François Anérieux, né en France en 1826, missionnaire à Mani. Wak! de 1853 à 1860 retourne en France en 1860.

(3) Louts François Déléage, né en France en 1821, missionnaire à Miniwaki de 1952 à 1884. Décédé à Ottawa en 1984,

| (14) Ren@ Anère Lebret, n6 on France en 1829, ordonné à Ottawa en

1861, missionnaire à Maniwaki Jusqu'en 1868, année où fl passe aux Ptats- Unis. ;

(15) Rapport eur les Missjons du Piocèse de Québec, mars 1864. p. 73,

le grenier à foin où je fs la mission. J'ai arrangé et décoré l’intérieur de la chapelle pendant les deux ou trois jours que les Indiens mirent à se réunir. Elle est de 35 pieds sur 25 ; mais elle a paru aussitôt trop petite.”

Le Père Lebret fut remplacé en 1867 par le Père Guéguen, qui visita cette mission jusqu’en 1880.

À partir de l’année 1878, il fut aidé par le Père Pré. vost (16). Le Père Guéguen était d’une grande énergie, d'un sèle ardent. Petit de taille, souvent malade, il ne le cédait à personne en courage: “Je ne suis qu’un petit homme, disait-il aux Indiens, admirateurs de la force physique, mais”je ne suis pas seul ; moi, je suis envoyé, je viens au nom de Dieu et vous devez m'écouter. ” Le souvenir de sa charité et de son sèle apostolique est resté vivace dans la mémoire des vieux Indiens du Grand Lac.

Après le Père Guéguen, les Pères Pian, Laniel et Lemoine se remplacèrent successivement dans cette mission.

- missionnaire actuel est le Père Blanchin, (18) Je ne voudrais pas blesser son humilité en disant qu’il est le

(16) Jean Pierre Guéguen, né en France en 1838, ordonné en 1683, missionnaire au Témiscemingue, à 1'Abftibi, eur le St-Maurice jusqu'en 1908, décédé à Maniwaki en 1909,

(7) 3. Méderte Provost, n6 à St-Jacques de l'Achigan en 1847, ordonné en 1878, missionnaire au Témiscamingue et à Mantwaki de 1873 à 1886. Supérieur de l'Université en 1887, décédé le 26 novembre de ia même année.

J. M. Bugène Plan, né en 1833, ordonné à Marseille par Mgr Mazenod en 1568, missionnaire à la baie d'Hudson, au Témiscamingue, à Maniwaki où f1 réside maintenant,

Armand Dantel, né à Ste-Geneviève près Montréal, en 1866, ordonné en 1891, vicaire à Maniwakt avec desserte des missions du lac Barrière et du Grand Lac de 1891 à 1904, curé de Témiscamingue Nord de 1904 à 1909, retiré à Montréal.

Georges Jos. LeMoine né à Longueuil en 1860, ondonné en 1888. Missionnaire des Montagnais du Labrador, 1888-1899, au lacs Barrière et Victoria, les Têtes de Boule du &t-Maurice et les Cris de Waswanipi, 1902-1907, décédé à Mantwaki au mois de janvier 1912.

(18) Jean Marie Etienne Blanchin, né en France en 1878, ordonné en 1902. Missionnatre à Betsiamis et À la Pointe Bleue, de 1904 à 1909,

Ce sera un'iivre intéressant que celui où l'on racontera les immenses

digne successeur de tous hommes de Dieu dont je viens de rappeler brièvement les travaux apostoliques.

No.ons en passant que les buns chrétiens du Grand Lac, ont eu le bonheur de recevoir en deux occasions différentes la visite d’un évêque.

En 1901, au mois de juin, Mgr Lorrain, évêque de Pembrooke, après avoir visité la mission du Témi: Aimingue, retourna à Maniwaki en passant par le Grand £ac et le lac Barrière, (19)

En 1911, Mgr Latulipe, vicaire Apostolique du Témiscamingue, qui avait accompagné Monseigneur Lorrain dans son voyage de 1901, visita de nouveau les missions indiennes de ces deux lacs, (20)

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