MAISON ALFRED MAME ET FILS
AGENCE A PARIS : 6, rue Madame (vi°)
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POTÔMBA
Un ciel serein et sans nuages s'étendait au-dessus de nos têtes , mais les rayons du soleil ne parvenaient pas à dissiper Pair sombre de nos braves marins, assis avec nous autour d'un feu clair, sur lequel cuisait notre repas.
Devant nous se profilait là côte basse entourée de trois anneaux de coraux dangereux, au delà desquels la mer roulait ses hautes vagues étincelantes , tandis qu'entre eux et la côte , Peau était aussi calme que s'il n'y avait jamais eu de tempête dans cette étendue resplendissante de lumière.
Derrière nous le pays s'élevait en collines parsemées de buissons d'eucalyptus, d'arbres à thé touffus et, de groupes de pins callîxtes sous lesquels et entre lesquels de nombreuses légumineuses à tige fine formaient un épais tapis •
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Sur le point culminant de l'île, se tenait Bob, le maître charpentier.
C'était son tour d'inspecter l'horizon avec la lunette d'approche pour tâcher d'y découvrir quelque voile qui nous délivrerait d'une position rien moins qu' agréable •
Nous avions quitté Valparaiso six semaines auparavant sur notre bon trois -mâts Poséidon, faisant voile vers Hong-Kong. Poussés par une mousson de sud- ouest, nous avions traversé rapidement les voies si fréquentées qui mènent à Callao, Guayaquil, || ! Panama et Àcapulco ; mais à la hauteur de Ducis et
il I Elisabeth le vent se changea en un ouragan d'une
telle violence que je n'en avais jamais vu de semblable au cours de mes nombreuses traversées.
Nous avions été obligés de carguer les voiles , mais le Poséidon, en dépit de toutes les précautions et de tous les efforts, avait été le jouet des vagues. Finalement il s'était échoué entre les récifs de coraux, le cotre avait été enlevé par- dessus bord, la chaloupe avait eu à l'atterrissage une voie d'eau irréparable, et l'arrière était enfilé sur un récif qui avait pénétré dans la proue à la manière d'un poignard malais.
Les flots déchiquetaient planche par planche le navire irrémédiablement perdu, et nous avions dû travailler de toutes nos forces, pendant deux jours, pour réunir de la cargaison et des provisions tout ce qu'il nous avait été possible d'arracher à la voracité de la mer.