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de son visage était des plus joviales : il ressemblait plutôt à un gastronome d'humeur joyeuse après un repas plantureux qu'à un dieu- Son nez, fait à la manière caucasienne i me rappela l'opinion généralement admise que la Tien-Mo (religion sainte et céleste, bouddhisme) est venue de l'est.
De chaque côté de la divinité se trouvaient deux figurines plus petites, au visage particulièrement farouche.
Devant les trois étaient placés des vases d'airain pour recevoir les baguettes d'encens, et devant Bouddha quelques bouquets de fleurs en plus.
Nous entendîmes alors des pas dans l'escalier. Un homme descendait tranquillement de l'étage supérieur r en fumant une cigarette.
(c Qui est ça? demanda le capitaine. -
— Le Ho-schang, répondis-je.
— Ho-schang, qu'est-ce que c'est que ça?
— Le prêtre et gardien de cette pagode. Les étrangers l'appellent bonze, mais les Chinois disent Ho~ Schang ou Sing. »
Le bonze nous aperçut à ce moment et inclinant,, en guise de salutation, son éventail de papier :
« Tsching, tsching (bonjour), nous dit-il cordialement en nous tendant la main.
— Voung êteng leng sing deng cetteng fagoqengt questionna Turner stick.
— Sing, tsche, répondit le bonze.
— Vous voyez, Charley, qu'il me comprend. Cet
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homme a de l'instruction et je vais parler très agréablement avec lui. »
Et indiquant la divinité du milieu :
lljllf a Quitig estng ce bonhommeng?
«fi»^ '■■ ".'■-■' — Fô , tut la réponse
l|Ifc^-~ — Un!
ns# - *"- ^o! qu'est-ce que c'est que ça, Chàrley?
IpiliK — Bouddha est appelé Fo en Chine.
P^W -~~^ Etng qiting sùng les deuring autrèngr
llllipM".': : — Phôu-sa et O-mi-to.
— Vraiment., Chàrley, je vois à mon grand étôn- - neniënt que même les gens instruits parlent un si mauvais chinois, qu'il est impossible de le comilBfc prendre. Que veut-il dire?
y|^|p| — Il parle chinois et japonais. Phou-sa est le
nom en chinois du célèbre patriarche bouddhiste Bodhisatwâ , que cette statue doit représenter, et O-mi-to est l'appellation japonaise de Bouddha.
— En réalité, que veut dire Bouddha?
lit — Bouddha vient du sanscrit et veut dire sage.
L'homme de ce nom vivait mille ans avant Jésus- «SU Christ et avait pour père Sudhodana, roi de Mogadka,
qui s'appelle maintenant Behar, Son vrai noin était...
— Assez, assez, Charley! cria Turnerstick en se bouchant les oreilles, si vous continuez une minute de plus à dire des noms aussi baroques, je prends la fuite; j'aimerais mieux m'exposer à un nouveau typhon qu'à une avalanche de mots aussi barbares.
|| Examinons plutôt cette vieille bâtisse- » Et se tour-
If nant vers le bonze il demanda dans son jargon si l'on
gj pouvait monter l'escalier.
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Cette question fut comprise , grâce au geste qui Faccômpâguait, et- la permission nous fut donnée sans objection*
Dès le deuxième étage , le capitaine s'arrêta : « Charley, continuez à grimper tout seul, car c'est encore pire que nôtre chasse à la chèvre* Je vais reprendre mon souffle en vous attendant ici, »
Je continuai à monter avec notre guide. Si je m'étais attendu à un mobilier imposant^ j'aurais été bien déçu, car toutes ces pièces ne contenaient absolument rien et ne présentaient que des murailles nues. Ma pénible ascension fut seulement récompensée par le panorama qui s'offrit à ma vue du haut des 250 pieds d'élévation de la tour.
Le bonze était... un bonze, et cela dit tout. Tout son savoir se bornait à la connaissance des rites et j'en avais eu une idée en l'entendant désigner les deux dieux sous les noms de Phou-sa et O-mi-to; il ne connaissait même pas le nom véritable des divinités qu'il adorait. Tous les bonzes sont généralement très ignorants et vivent en partie de la générosité d' autrui et en partie des dons qu'ils reçoivent quand ils acceptent d'expier par une vie dévote les fautes de leur prochain. Gomme ils sont célibataires et sans enfants ils achètent habituellement le fils de parents pauvres, qu'ils élèvent pour être leur successeur en lui apprenant le peu et les courtes prières qui composent leur savoir.
« Tu n'es pas un Fo-dse (bouddhiste) ? me demanda le bonze.
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PÉllw; f : : — Non, je suis chrétien..
Ijpl^ |; — Alors tu dois être surpris d'avoir eu la permis-
ff Pïpfe i- sion de fouler ce temple ?
fftffi-S : — Non, car tout le monde, même les Fo-dse,
peuvent pénétrer dans les nôtres*
- — Priez-vous et encensez-vous aussi votre Tien- M|K;i : -. .. Tschou (Maître, céleste)?
— Mais tu ne sais pas en jouer?
— Je ne les ai encore jamais eus en main , mais je suis sûr de pouvoir en jouer du premier coup. »
Il sourit embarrassé :
« Tu pourrais jouer du gong?
— Oui.
— Du gamelang (sorte de cithare) ? du anklong
Oui,
Priez-vous aussi avec des cloches et des gongs?
IPlKv — Nous avons de plus beaux carillons et nous
$B||| ■&.. faisons de plus belle musique que la vôtre*
^;rapf v — Comment est-ce possible? Vous êtes des bar-
§|||f 4 : bares et vous n'avez pas de musique.
*' |||v| — Votre musique est très facile, mais nous avons
■SIR; i une musique si dificile qu'aucun Chinois ne peut
la jouer.
— Dois- je te croire?
— Crois-moi ou ne me crois pas, cela m'est égal*
— Quel est ton nom ?
— Kouang-si-ta-sse |
— C'est un grand nom. Connais- tu les instruments dont nous jouons ?
— Je les connais.
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