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Donnez-moi vite la monnaie que je ne vous entende plus parler. >^
Le changeur ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il nous donna dés tsierïs et nous repartîmes.
Arrivés dehors, le capitaine s'arrêta :
€ Vous est -il jamais arrivé quelque chose de semblable, Oiarley?
— Quoi donc?
— D'apprendre le chinois pour n'avoir pas l'occasion de le parler.
., pas encore.
— Eh bien, moi, vous voyez, je viens ici pour connaître pays et gens sans doute , mais aussi pour montrer qne je sais leur langue et qu'il y a derrière les monts d'autres Frick Turnerstick, et voilà que cet individu m'interpelle en anglais ! Je ne veux plus voir ce Hong-Kong, pénétrons plus avant dans le pays pour pouvoir utiliser nos connaissances. »
Un quart d'heure plus tard, nous remontions le fleuve dans un canot de bambous. Les rives étaient rocheuses et plus pittoresques que je n'avais pensé, mais elles s'abaissèrent peu à peu. Des rivières et des canaux coupaient en tous sens les larges plaines, arrosant parfois des villages bâtis solidement sur des terrains surélevés ou faits de bambous et posés sur des pieux dans les dépressions, tous formant comme de petites îles quand le flot débordant inonde le pays.
De lourdes jonques glissaient sur l'eau, que de petits bateaux de pêche sillonnaient en tous sens.
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Les jonques marchandes sont très grosses, à bords hauts et surgissent de l'eau comme des éléphants ou des hippopotames. Leur coque est très large et ressemblé à celle des anciens navires de guerre hollandais; la proue est bariolée de rouge et d'or. Le pont est surmonté d'un toit de chaume qui donne au bateau un aspect encore plus lourd. Les mâts très épais et d'un seul morceau portent à leur extrémité une poulie où s'enroule un cordage qui sert à hisser les lourdes voiles, L'avant est généralement peint en rouge, et la proue porte à droite et à gauche un œil immense, d'où leur nom de loung-yen (œil de dragon ), gui leur donne cet air menaçant grâce auquel les malins esprits et autres êtres malfaisants habitant les eaux sont repoussés. Elles ont généralement un ou deux canons à bord en cas d'attaqué des pirates du fleuve.
Les jonques de guerre sont plus élancées et portent plus de canons; elles ont, en plus des voiles , vingtcinq à trente rames. L'équipage est armé et fait trois fois par jour au dieu de la guerre une prière accompagnée de bruits de clochettes, de tambourins et de
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% cris, et de lancements de fusées.
| Notre canot poussé par le courant et la bise avan-
| çait fort rapidement. Je savais que depuis l'embou-
I chure du fleuve jusqu'à Canton, nous rencontrerions
| quatre pagodes. Nous résolûmes d'en visiter une; la
| première étant déjà dépassée, nous nous arrêtâmes
à la seconde.
Il y a une quantité infinie de pagodes disséminées
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dans toute la Chine et il n'est guère de village qui n'en possède une; Les Chinois prétendent qu'il y en a mille dans Péking et les environs ; c'est peut-être beaucoup dire, mais on en trouve aussi bien au bord des routes et des fleuves que dans l'intérieur des villes et des bourgs et dans les champs. Leur architecture est très différente. Le plus souvent elles se distinguent peu des autres maisons, et beaucoup d'entre elles ne sont que de petites chapelles ou même dés niches contenant l'image d'un dieu devant lequel brûlent des vases remplis d'encens.
Mais souvent aussi elles ont des dimensions considérables, et c'était justement le cas de celle que nous voulions visiter.
Notre batelier resta à bord, et nous nous dirigeâmes seuls vers le village derrière lequel s'élevait l'édifice. Je m'attendais à être observé curieusement par les habitants, mais je fus détrompé, l'endroit était probablement très visité par les étrangers, et quelques femmes seulement vinrent sur le pas de leurs portes pour nous regarder tandis qu'une petite troupe de gamins trottaient derrière nous en criant sur tous les tons : Bifsté, bifsté!
ce Que veulent ces enfants, Charley? demanda Frick Turner stick.
— Ils nous prennent pour des Anglais qui, dans tout l'univers, pointent le titre honorifique de bifsteck. »
Nous avions laissé le village derrière nous et suivions maintenant les sinuosités du chemin qui menait à la pagode.
Le capiliiiuo ûïûmîna l'édifice,
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Lé capitaine examina Fédifice fait de briques foncées réunies par tin ciment blanc :
m. INm&igmû. huit étages , Charley ?
— ïlne tradition hindoue raconte que le cadavre de Bouddha fuS> brûlé et ses cendres divisées en huit parties qiie T©n enferma dans huit urnes* Ces dernières fufênifc placées dans une tour octogonale à haiîî Jfcagas^ à raison d'une par étage en commençant par €ëfite *pl ërâtenait la, cendre dés pieds pour finir par eelîe giiï contenait celle de la tête* C'est cette tomr *p£ a servi de modèle pour les constructions postérieures*
— WèMl examinons alors la partie des pieds. »
A Feutrée de la pagode se tenait un homme %é, qui vendait des fruits et de ces cigarettes chinoises de paille dont on a quatre-vingts environ pour un franc.
Les enfants nous ayant suivis, j'achetai le panier entier de fruits pour un prix des plus minimes et commandai de le leur distribuer. Cet ordre excita un mouvement d'allégresse; quand chaque gamin de l'Empire du Milieu eut reçu une cigarette, le sobriquet de «bîf-sté» cessa complètement, et chacun se hâta de retourner dans le village louer notre libéralité .
Puis nous entrâmes. La pièce octogonale était éclairée par des ouvertures semblables à des meurtrières : à droite, s'élevait un escalier étroit; au milieu, à F arrière -plan, siégeait un Bouddha terriblement ventru, ce qui est, au point de vue chinois, une condition essentielle de la beauté, avec de grosses joues et de petits yeux fendus. L'expression
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