BRI
lliipHï'j---
■- fi*' * ! - ■"*■"■'».■- - '\ '■
■'Vï-'
— Qu'y faire?
-*■** Jouer!
— Le whist ?; le bésigue ou le bridge?
— Mën de tout cela ^ nous allons jouer du kiu et de la pipa,
— I)e la queue et de la pipe, vous êtes fou!
— Pas tout à fait, le kiu est un violon et la pipa une guitare.
^— Eli mais! il fallait le dire, seulement je...
-—- fe raclerai sur le kiu et vous gratterez sur la
i> sur la pipa?... Autant demander à une baleine de faire un filet! Je n'ai jamais rien eu de semblable entre les mains.
— Alors je le ferai moi-même.
— Je l'espère!
— Charley, je vous le dis entre nous : ne vous rendez pas ridicule aux yeux de ces Chinois . Il n'est pas difficile de loger une balle dans la tête d'un ours d'un tigre ou de quelques chèvres sauvages, mais jouer de la pipa me semble si dangereux que je n'oserais m'y risquer.
— On verra bien* »
Pendant ce temps le bonze avait échangé quelques mots avec le marchand de fruits qui s'était éloigné vers le village. Je pensais qu'il allait chercher des auditeurs pour rendre ma défaite publique.
Un étroit sentier conduisait de la pagode vers la colline où se trouvait la maisonnette dans laquelle habitait
ÏÏ
•lit
Ti^asK!
.^,-^-~îï^X'
^ % __ ^ .,„»...., ..„..» ., i,vni i<fls'vw. ..^■-.■'.-'■•.-.-■-■."■-"'j"!*." f^*'.*--^"","."' '-■" ' : *i ,, !"<î^îfv'" - !r , '' ! " 1 ' i ï''^ I ?'-^tiT^'
El
■ÀÛ
■■'Ûift
-.■■IM'.ViSj
lit
le bonze, Elle était entièrement construite en bambous et recouverte de tuiles grises* Elle n'avait qu'un rèzde-chaussée précédé d'un toit soutenu, par des piliers.
A nôtre arrivée, un garçon s'avança vers la porte pour nous saluer, vraisemblablement; le dfeciplè du bonze. Celui-ci lui dit quelques mots à Foreille, su* M
quoi on nous apporta du thé que nous bûmes à la mode chinoise dans des tasses minuscules et sans sucre, ni lait. :
et Jolie mode, murmura le capitaine d'un ton bourru; si j'offrais le thé à mes hommes de cette manière, chacun m'avalerait bien douze cents de ces
dés à coudre et demanderait ensuite : « A quand ïe |l|
thé? » À propos 5 quand donc cet homme va-t-il
ai
-■ (■■■•■Si
■.-■Vrftei
$î!fe
apporter sa musicailie? 0|
rr ' ■ ■ ■■'ïam
■KUm if': 'M
'■■ ' mi
'■"■'■'' v fi
— Nous n'attendrons pas longtemps, capitaine, car voici le public qui arrive. »
Du village s'avançait, en effet, une longue file | p|
d'hommes , de femmes et d'enfants avec des fleurs et des bouquets dans les mains. Arrivés à la maison,
ils nous saluèrent et nous donnèrent les fleurs en il:l
remerciement des fruits et des cigarettes que leurs enfants avaient reçus de nous. En Chine on est très | 1
^^UHiiaxo^ut w ^«w WQW v , ~* ^ ™ . . 1
m'avait gagné le cœur de tout le village. ! |
« Qu'allons-nous faire de ces bouquets? nous ne pouvons vraiment pas les emporter, demanda Tnr- ! |
ner stick.
— Nous en prendrons seulement, quelques -un»
et laisserons les autres au bonze.
'^V-^^-j .si^-V.v^; t^s">^rjJ
'*{-^*\fc*.*"^^^^^ï^jï';*jtV**^':V^
, 'V v " ; *'r- L ^OV.'-VlV^;-!^'
f.n-fitssvsv.-..-:-
Il:
tel».
iPtP 1
M-fe !
Bv
pi.-
— Mais il faudrait au moins les en remercier.
— Certainement, je vais le faire de suite •
— Stop, Charley! faites -moi l'amitié de me le laisser faire.
— -Si vous voulez ; que ce soit bien et impressionnant.
— Je n'y manquerai pas. »
Il se leva , se tourna vers les gens et se mit en posture. Puis il commença un discours dans sa langue inénarrable et fut longuement applaudi bien que personne n'eût compris un traître mot; on lui tint compte de l'intention.
« Vous voyez, Charley, qu'ils m'ont compris mot pour mot. Je souhaite que vous vous tiriez aussi bien de votre pipa que moi de mon discours. Voici que Je bonhomme apporte ses sonnailles. »
Le bonze apportait en effet les deux instruments et me les tendit. Je les repoussai.
« Je n'ai jamais entendu jouer du kiu et de la pipa; veux-tu me montrer comment on fait pour que je puisse t'imiter?
— Tu n'y arriveras pas quand même, » et il saisit d'abord le violon.
Cet instrument avait une forme un peu différente des nôtres, et ses quatre cordes étaient autrement accordées. L'archet était lourd et ressemblait à celui de nos basses; après l'avoir frotté de colophane, le bonze commença»
Les Chinois écoutaient avec ravissement; ils semblaient le considérer comme un maître , bien qu'il fût impossible de reconnaître une mélodie ou une
//."if
va
fc #fc.*,****'"*^"--****V«*'\ *** **•**- 1^— r T\ ./ t 'in)*V»-**'V / > '.Vv : *' iT " ,L *'***> -■«■•**> r*^-^-'*'^ • ■^-'S /**S!\" fcr, ***.*■---«. *>^ ^''.iîWéi *.---- ï/'\ «w^^t* ï ',HV £*■--' «•-'"■'T^ ". l .)^''' '.' > -*"'*"-^^-- i tii.'H , "' l ,; t . ^ ^,- J*^ "" T * , " ,, '.*'.*"l**,\-i'*.^,'.>.^ 1 '* : Tr ** ï"^* "* '^ïï^.'ÏH
-'^WS
AU GRÉ DE LA TOURMENTE 149 Ife
harmonie quelconque dans ce qu'il jouait sans aucune mesure même.
Il me regarda en déposant l'archet et semblait s'attendre à un émerveillement de ma part.
Comme je me contentais d'un léger signe de tête :
<c Jamais un chrétien ne jouera ainsi, me dit-il.
— N'as-tu donc jamais entendu la musique des Van-koui-dse (Anglais) ou des Fou-len (Français) à Hong-Kong ou à Macao? demandais -je.
— Non, ce sont des barbares et je ne veux ni fe|| les voir, ni les entendre!
— Tu m'as montré comment on joue du kiu, apprends-moi aussi à jouer de la pipa. »
Il prit la guitare.. Elle avait la forme de notre cithare antique avec un chevalet passablement long et sept cordes.
Son jeu était aussi monotone que le précédent, |5; j|
il n'en fut pas moins applaudi par ses auditeurs et j;;U|
me tendit la guitare.
Je l'accordai et tirai quelques sons, puis jouai une valse rapide qui excita l'étonnement de mon entourage.
<c Mille diables! cria Turnerstick lorsque j'eus fini, et il me donna un coup vigoureux sur l'épaule. Vous êtes un vrai virtuose sur la pipa et vous ne m en I |
aviez rien dit! »
Je me mis à rire.
« Vous voyez du moins que je sais autre chose que de tirer des ours ou des chèvres sauvages! »
J'accordai l'instrument de nouveau et jouai un carillon puis un fandango.
fl
«savait-,- . > ■■ ■.'.-•.. -
■^^^^^^^V*^^*^^^.^^^» w,i/^ ^ , ^"(î v ^£^ i ^' ,h £ ?*^>*^t^— >*^^T>-?^"^ï* , v jî fl* r '^'*0'''**"** ^ J 7™ J ^^\^riv*^.ri,f r^*>>'"*"ï**'*,'i , jî"*^^y'v- + *i^-r5*-.
illfcf
mm-