‹ Au gré de la tourmenteChapitre 19 sur 37 · C'VÎ · texte numérisé non relu

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Les Chinois étaient immobiles dans le plus complet silence, tandis que le bonze s'était retiré vers la porte d'où il me regardait d'un air confondu.

Le capitaine, lui, s'était laissé choir sur un siège bas et trépignait de plaisir.

«. Charley, il faut rester ici, on y est très bien et je m'y plais; vous vous tirez de votre musique aussi bien que moi de mon discours. Continuez. »

Alors je pris le violon et jouai d'abord un trio t puis une romance sans paroles, enfin une danse villageoise qui plut tellement à master Turnerstick qu'il gesticulait des bras et des jambes tout en se balançant sur son siège et en essayant de battre la mesure de ses dix doigts écartés.

« Hurrah, bravo, superbe, admirable, unique!

s' écria -t- il après mon dernier coup d'archet. Quand pn entend une pareille musique, on croit voguer à toutes voiles dans tous les paradis turcs. Je donnerais beaucoup pour pouvoir faire ma partie dans ce concert.

— Vous le pouvez I

— Moi! Où? Comment? Quand? Que voulez-vous dire, faut-il que je souffle dans la guimbarde?

— Ne savez- vous pas chanter, capitaine?

— Chanter? Àh! oui, mais une seule chanson.

Seulement, quand je la chante, les planches craquent

et les mâts éclatent.

— Quelle est- elle?

— Laquelle? En voilà une singulière question! mais le Yankee doodle, naturellement.

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