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lft4 AU GRE DE LA TOURMENTE
— Ça n'en a pas moins été une vilaine affaire, et il ne faut pas trop vous vanter, car nous avons perdu tout notre équipement et le bateau conquis,
— C'est vrai, mais nous avons délivré une lady, Charley, tout comme dans les romans ou au théâtre. Il y a des milliers de ^gens qui n'en ont pas fait autant dans toute leur vie, et c'est quelque chose dont on peut parler au retour. C'est pourtant vrai ce que vous disiez : qu'il est bon de parcourir le monde pour connaître gens et pays; et quand on a appris une langue aussi difficile que le chinois, il s'en faut de peu qu'on puisse aussi écrire des livres et des histoires comme vous le faites*
— Détrompez -vous, capitaine, la langue chinoise n'est pas plus difficile qu'une ■ autre. Ceux qui lui ont fait cette réputation ne se sont pas donné la peine de l'étudier.
— Wett! mais nous deux la connaissons à fond, n'est-ce pas? Il me tarde de voir ce qu'ils diront à Hoboken^ chez la mère Thick, quand ils entendront le vieux Frick parler couramment chinois. C'est bien ce qui se sera passé de plus extraordinaire là-bas depuis de longues années. N'êtes-vous pas de cet avis, Charley?
— Je suis absolument convaincu qu'ils seront tous stupéfaits; mais en avant, car il est inutile de rester ici plus longtemps,
— Plutôt que d'aller vers le fleuve, je préférerais retourner dans le temple pour parler de nouveau avec ces hommes du dragon.
— Cela arrivera peut-être, car nous demanderons assistance au premier bateau européen ou américain que nous rencontrerons.
— Vous ne voulez donc pas porter plainte aux Chinois eux-mêmes?
- — Cela viendra. »
Nous nous dirigeâmes vers le canal principal que nous longeâmes jusqu'au fleuve. Comme nous y arrivions , une pinasse hollandaise le descendait justement. Ça tombait bien ; nous l'appelâmes, on répondit à notre appel.
ce Où va votre navire? demanda le capitaine quand celui-ci eut stoppé.
— A Macao. Navire De Valk, Amsterdam.
— Voulez -vous nous faire un plaisir?
— Lequel?
— Voici une femme de Macao que les pirates du fleuve avaient faite prisonnière. Nous l'avons délivrée. Voulez -vous bien l'emmener?
— Une Hollandaise, n'est-ce pas?
— Yes ? une femme très brave, je vous assure!
— Qu'elle monte à bord!
— Et la traversée , je la paierai.
— Qui êtes -vous?
— Capitaine Turnerstick, The Wind > New-York.
— Vous êtes un brave homme , Mynheer. Le voyage sera gratis ? c'est une compatriote que nous prenons à bord.
— Welll vous êtes aussi de braves gens. Saluez pour moi votre capitaine.
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- — Merci, ne voulez-vous pas venir avec nous?
— Non, nous remontons le fleuve,
— Vous n'avez pas besoin d'autre chose?
— De rien, merci.
Alors, adieu, capitaine.
— Good byel »
Notre Hollandaise ne pouvait se décider à nous quitter si vite, Il lui fallut bien quelques minutes pour nous dire la millième partie dé tout ce quelle aurait voulu nous dire, et là pinasse était déjà presque au milieu du fleuve, qu'elle nous criait encore des remerciements pour sa délivrance,
ta dernière phrase que je pus entendre se terminait par les mots : « faire pendre toute la bande. »
Il ne nous restait plus qu'à attendre tranquillement au bord de Peau une embarcation assez bien montée. Nous n'eûmes pas longtemps à attendre, et bientôt apparut un yacht de plaisance qui remontait le fleuve et qui stoppa à notre appel :
« Qu'y a-t-il? demanda son capitaine, voulez-vous naviguer avec nous?
— Où allez -vous?
— À Wampoa et Canton.
— Nous irons avec vous, si vous consentez à vous arrêter une heure*
— Pourquoi?
— Nous vous le dirons* Jetez-nous un cordage. » L'instant d'après nous étions devant le capitaine. <c Je vois à votre langue que vous êtes Américain.
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— Y es y sir; capitaine Turner stick, The Wind, New-York, à l'ancre devant Hong-Kong.
— Ah! j'ai vu votre bateau; et cet homme?
— Mon ami, un type qui fait le tour du monde pour apprendre à connaître gens et pays. Je pensai jusqu'ici qu'il faisait une bêtise, mais j'ai compris qu'il avait raison.
— Et vous voulez visiter Canton maintenant?
— Yes, sir } mais auparavant nous vous demandons quelques-uns de vos hommes pour arrêter une bande de pirates qui sont dans le voisinage.
— Des hommes du dragon peut-être?
: — Justement, sir; ils nous ont attaqués hier à l'aide de vapeurs asphyxiantes et nous ont emmenés dans un temple où nous les trouverons encore probablement.
— S'il en est ainsi, je mets à votre disposition mes matelots et moi avec eux; il ne restera ici que ce qu'il faut pour garder le steamer. À quelle distance d'ici est le temple?
— À pas plus de trois milles.
— Ce sera fait en une demi -heure, car mes hommes sont de bons rameurs. Combien y a-t-il d'hommes du dragon?
— Hum! environ vingt à trente, mais ça n'a pas d'importance, un bon Anglais vaut dix de ces gens-là.
— J'en sais quelque chose; venez dans ma cabine prendre quelque chose, car je doute que vous vous soyez chargé l'estomac parmi ces coquins. Mais il faut que je me présente : Tom Halverstone, de Green-
ffr^^--T~--r,-i'!tt^'-r t -Jr.rsî- ;---i^-r ^^<r.^riT^^-r-- ~yyr T -'^" T, "- r "';~^ ' -^r-r'^v"^^.^--^:.- ■:^ : <y'-'-"^' J ?'^ ■ , '^K" ; ~ r "^^7T--~'^^V^"^'"' :~:'^?r~ : "''^ w, 'v' t '; ! ; ? " : '''7; '^'7 r ^T^^'' : -^7\T-T^'\'Ty^^^^^
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1B|: ■ôêfe sur la Cl^de^ tous savez bien, là où l'on côns-
trait les valeurs les plus rapides?
— Je Connais l'endroit et ne conteste pas sa répupte tation. Donc, en avant, capitaine/ car un déjeuner A||" est à l'homme ce que le charbon est ati vapeur, Pljl|¥ P* 8 ® dé voyage possible sans l'un et sans 1 antre. » llKS Tandis que nous faisions honneur à la table , le ^p:ï capitaine était monté sur le pont pour faire ses pré- ||i|î paratife et, un qu art df heure plus tard;, quinze ||S hommes bien arcné^ filaient dans un cotre sur l'eau
du canal v à la vitesse d'un boulet de canon.
<c Quelle espèce d'individu était le chef des hommes du dragon? demanda Malverstone,
— Un Mongol: de la race des dschiahoûrs.
— Je m'en doutais, ces gens-là appartiennent probablement à la bande du Kiang-lou qui fait tant parler de lui.
— Justement, car ce dschiahour n'est qu'un de ses subordonnés,
— Welll cette expédition m'intéresse d'autant plus; j'espère que nous allons les attraper.
~> — J'en doute, et ne suis pas de l'avis de mon ami Turaerstick; après ce qui a eu lieu cette nuit, les pirates auront eu la sagesse de quitter le temple.
•• — - Oserais-je vous demander de me raconter l'histoire en détail? »
Je le fis, tout en omettant, comme j:e jugeai convenable, le détail du talisman et quelques autres petite incidents. Turnerstiek eut l'esprit de les laisser passer sous silence.
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Al) GRÉ DE LA TOURMENTE
«• Ce n'est pas seuleinent une histoire .> mais une aventure, déclara Halverstone; ie suis aussi d%vis que les coquins ont du décamper. Nôtre voyage ne J : lll||
sera toutefois pas cômplètemei^ imotile, j'aurai du moins l'occasion de voir une pagode. »
Une demi-heure s'était à peine écoulée lorsque nous abordâmes au même endroit que la veille* Autant l'avais eu de mal à m'orienter dans Fôbscu- ; V-3f||§
rite, autant il me fut facile de reconnaître au jour le temple déjà vu.
À ma grande surprise, deux hommes vendaient ; 3il|
à l'entrée des fleurs et des bâtons d'encens. Nous montâmes un large escalier de pierre pour arriver jusqu'à eux.
« Tsing-tsiiig, dis- je- en saluant. Est-il permis ■■■ : ' : :#tlt
d'entrer?
— Tout homme qui donne un kom-tscha au ser-
■traite
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viteur de Dieu peut entrer, me fut-il répondu. ' # ;i^§|
— Ce serviteur est-il ici? '-l-3|fe
— 11 est dans l'intérieur du naiao où tu pourras -ill le trouver. Mais il faut aussi que tu fasses une offrande au dieu.
— En quoi consiste-t-elle?
— En fleurs et en encens que tu brûleras. »
L'homme voulait naturellement gagner quelque
chose ; j e lui laissai ses fleurs et son encens et lui donnai un petit kom-tscha qu'il reçut avec de grands remerciements et partagea aussitôt avec son compagnon:
cc Y a-t-il beaucoup de Kouang-ti-dse (mandarins û|
guerriers) dans ce temple? demandai-je. |
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Il n'y en a pas encore.
Y a-t-il longtemps que vous êtes ici?
Depuis que le soleil est levé.
Votre dieu est -il adoré aussi la nuit par ses fidèles ?
— Etiez-vôus dans le temple cette nuit?
- — Non, il ne vient la nuit que ceux qui né craignent pas les malins esprits avec lesquels combat le puissant Kouang-ti aussitôt qu'il fait noir.
- — Ces esprits viennent-ils toutes les nuits?
— Je ne sais pas, mais ils sont venus la nuit dernière et ont dérobé le glaive de Pécuyer; pourtant Eouang-ti, qui est fort et puissant, les a chassés.
— Que dit cet homme ? demanda Turnerstick , il parle encore un bien mauvais chinois .
— Il dit que nous sommes des dieux guerriers chinois.
— Il a sûrement quelques cases en trop ou en moins dans la cervelle.
— Possible. Il prétend que la nuit dernière il y a eu ici de malins esprits qui se sont emparés du glaive du dieu, mais qui ont été chassés par le puissant Kouang-ti. C'est donc nous les Kouang-ti ou dieux de la guerre.
— Ces deux hommes savent peut-être aussi bien que nous ce qui s'est passé, mais ils se garderont bien de le dire.
— - Possible!
— Y a-t-il encore des hommes du dragon ici?
— Non.
A dj^r^j m^t-T ■i»ii™i-*-i- ,|i | ilL"
r.inr '-^iipV ™-^ ^i-j*j*f^ÉW^0v
— Well! nous allons inspecter cette boutique, » Nous entrâmes dans la coiir qui formait un rectangle et ne contenait que deux petites pagodes octogonales situées l'une en face de l'autre à égale distance des côtés. Au fond de la cour, une
Nous pûiiètnVmcs dans le lemple principal*
deuxième porte nous conduisit dans une autre cour où nous aperçûmes à droite et à gauche deux petits temples auxiliaires ouverts où se trouvait la grosse statue de Kouaug-ti accompagnée comme d'habitude de son fils et de son écuyer.
Enfin par une nouvelle porte située également au fond de cette deuxième cour, nous pénétrâmes dans le temple principal que nous avions examiné la
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SvRi. -.<-':■- j ■."-■ . sia; -■■■''- ' J .
veille au soir. Derrière la statue dû dieu était la
chambre déjà mentionnée* enfin, aux deux extrérni-
tés les plus éloignées de la muraille, deux portes
IllR conduisaient chacune dans une cour où Ton voyait
seulement une citerne carrée. Le tout était entouré d'un mur de Briques solides, haut de quinze pieds environ et formant un rectangle.
Ce fut seulement dans la dernière cour que nous aperçûmes le serviteur du dieu et, à ma grande surprise, je reconnus en lui l'homme qui avait manié si adroitement la veille le fameux fusil à mèche. Il portait maintenant un costume de bonze.
<c Reconnaissez-vous cet homme, capitaine? demandai -je à Tiirnerstick.
— Tonnerre! c'est le fameux artilleur à la cara- Il bine en tire -bouchon.
— Vous le reconnaissez aussi.
— Ce prêtre est -il un des hommes du dragon?
demanda Halverstone.
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— Eh bien ? alors, faites-vous justice vous-même, car il ne faut pas compter sur celle des tribunaux chinois; prenez le bonhomme à la gorge.
— Un prêtre ! Dans un lieu considéré comme saint! m'écriai- je.
— Penh! répondit Turner stick; avez -vous trouvé quelque chose de saint en lui hier? De bons coups, croyez-moi, de bons coups, voilà tout ce qu'il mérite, son dieu se chargera de le guérir ensuite. )>
Dans tout autre pays il nous en eût coûté la vie,
. , Mnevi»* »fw/r.- 7 »--"isi". i<ÇTfli î iï*;-»«ï"ri t*» <-i*<t>ï*'5 , ^wïJ <*".< -^ï/ *= '-'^'■-'-."TT - ,^'™';'^^ ''P'T f ïlT 1
fr'^sr-j*Tï'^*i^'s*ïM5««*w'? > >îri=»ê»!T*tf;
ri>t^tTO-, : ^,^^'«^e^^»^ï?r.te^^7»w*^
mais, dans les circonstances actuelles, cette loi du lynch ne présentait aucun danger.
Le serviteur du dieu ne nous avait pas encore aperçus 5 il était debout devant un bassin et donnait à manger à des tortues qui s'y trouvaient. Au bruit de nos pas il.se retourna , et notre vue lui causa le plus profond effroi; mais il sç ressaisit aussitôt et son visage rusé ne montra plus la moindre inquié-
dieu.
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« Es -tu le sing de cette pagode? lui demandai-je.
— Non, répondit- il fièrement.
— Alors tu es un Hoschang (bonze de classe supérieure)?
— oui. . : ysm
— Peut- on visiter ce temple? £?!§ — ■- Celui qui sacrifie au dieu et n'oublie pas ses
serviteurs peut entrer.
— Nous penserons à toi. Mais il me semble que tu laisses aussi entrer des hommes qui sont les ennemis de ton dieu.
Qu'est-ce qui te le fait croire? IIP
J'ai vu qu'on avait dérobé le glaive de ton
— C'est le diable ,\ Tsch ut- gour, qui a fait cela.
— Le diable? Qu'a-t-il à faire dans ce temple?
— Ne sais -tu pas qu'il est l'ennemi des dieux et les attaque pour combattre avec eux; mais ces derniers sont les plus puissants, et s'ils se laissent \
prendre leur glaive par lui, ils ne l'en chassent pas ;.^jf§
moins dans le Ta-Kang (enfer).
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llv 204 AU GRÉ DELA TOURMENTE
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As-tu quelquefois vu de ces combats ?
Non, un prêtre serait tué s'il l'osait.
Hïr — - Alors tu n'as jamais vu le Tschut-gour?
bien, moi> je F ai vu; veux-tu que je te le montre?
— Tu ne le peux pas.
— Je le puis et même à l'instant*
— Ou est- il? »
||||" J'indiquai Turiier stick,
<c Ici, regarde-le bien, et tu verras que tu as déjà vu le diable une fois.
— Tu parles de telle sorte que je ne puis te corn-
|i|| ; prendre.
g; — Je parle très clairement : tu dis que le Tschut-
|| gour a pris le glaive de ton dieu, donc c'est celui-
■'Vf':.": ' ■'"■.'..
1 ci qui est le diable, car c'est lui qui Ta dérobé.
|f — Je ne te comprends pas davantage.
— Tu y étais pourtant ; ta mémoire est bien
courte; si elle ne va pas du soir au matin, je vais
t'aiçler : où est le dschiahour?
||! — Je ne connais pas ça. Qu'est-ce qu'un dschia-
ʧ! ■ hour?
|i| — Tu es offensé lorsque je t'appelle sing au lieu
if w *
||| de hoschang; tu prétends être un sage, un prêtre,
un savant, et tu ne sais pas ce que c'est qu'un dschiahour ?
|||f — Fo Seol sait tout, mais l'homme ne peut rien
apprendre.
— Tu as été comme hoschang dans un couvent,
..^^■^•»W#*.w-y- ( *» f ^xij,,.^ «^ J- j-tf-^J"* ï ' -rr*jTÏ F ^îftïï , -v r -T-Tt V*Jl*ïSV**">
w. i- r,7w* t ^ < -Tï^*j^^-îvre?rK"^.-TiT* ^^W^sStfS-ïSFBJMïïl ^y^yf&r^rsrïtir?^ *W£yïÇf f&Htt&W^&Xïft&p&y^^&i^^
Donné-le-moi . dit-il en souriant d'un air rosé.
..Ahr
AU GRÉ DE LA TOURMENTE 205 llï
■M'.WJL
et y as étudié le Schàn^hai^King (livre des môii- ■..':■!'
tagnes et des mers) et le Hoan-yu-Ki (description lîl|
de toute la terre). Le Fo-koue-M ne doit pas t'être inconnu et tu ne saurais pas ce que c'est qiï'un #Èj|
::..-tJ;,ïr
dschiahour?... Je suis un Si-yin (hôiBrne dé l'Ouest) $
et dans le Si-ti (pays de l'Occident) on a un excély 'YSIlff
lent moyen de fortifier la mémoire. r ïlf !|
sa »
".- : 'JV,
■Ut
:si
— ■ Tu vas l'avoir, »
Je me tournai vers un des matelots :
« II y a dans cette chambre des tiges de bambous qui servaient à porter des lanternes ; va en chercher une ou deux pour donner dix coups à cet homme *
— Ce sera vivement fait, sir. »
Il sortit précipitamment et revint de même avec
quelques tiges,
<x Tenez-le, et frappez-le à deux, chacun cinq bons coups sur le dos, » ordonnai -je.
Ce petit intermède était tout à fait du goût des matelots. Ils saisirent le bonze et le couchèrent à ||11
terre.
Ce dernier résista de toutes ses forces , mais quand il vit que cela ne servait à rien, il essaya un dernier moyen.
« Vous allez oser battre un prêtre I Le grand Fo va envoyer le diable pour vous emmener en enfer.
— Le diable est justement ici, répondis-je, et peu lui importe que tu reçoives des coups de bâton. p
— Eh bien, je porterai plainte au Hing-pou (ministère de la justice).
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If;;.
^|||?! ce Tù vois à quel point mon moyen est préeieux
ipff pour fortifier la mémoire. Où est le dschiahour?
— - Parti,
te" ■'.<
rU',-';
Un.
|pf : — ■ Comme tu voudras, mais rappelle-toi seule-
Jlfe ment que nous ne sommes pas des dsehiahours et
que nous n avons pas à craindre le Hing-pou. Con- Hf nais-tu le dschiahour?
- — * 'Frappez-le. »
Au premier coup, l'homme à la natte ne poussa Il|? qu'un cri, mais au second il se rendit :
||i|' « Arrêtez; je le connais, »
É|ftW Je fis signe d'interrompre.
Quand ?
Aussitôt après son retour du canal.
Où a-t-il été?
$4 — Je ne sais pas.
ni — Où sont les autres?
Avec lui.
En quel endroit?
Je ne sais pas.
m% ' — Tu mens!
— Je ne mens pas, ils viennent sans dire d'où.
lit?/' comme ils s'en vont sans dire où.
— Ta mémoire diminue, il va falloir que je lui aide.
— Tu ne le feras pas, parce que suis un prêtre.
— Je le ferai, parce que tu es un Loung-yin.
— Je ne connais pas les Loung-yin.
— Ta mémoire diminue de plus en plus* Continuez, » dis -je aux hommes.
- ^ ^^^ ^ ^^^ 1 ^^ v ^ ty ^ l ^ r ^ fwrr ^^
Je l'ignore.
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Au coup suivant, il hurla :
« Arrêtez, je sais où il est! r IM
— Où?
— Chez le Tsiang-kioum* - — Où habite ce dernier?
— A Li-ting.
— Quel est son nom?
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— Je vois que mon moyen n'a pas encore produit il son effet complet.
— Il ne servira plus à rien. Tous les Loung-yin savent que le Tsiang-Mo um demeure à Li-ting; mais seuls les chefs supérieurs le connaissent. » 3 11
Il était évident que le bonze ne mentait pas cette
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fois; je continuai donc à l'interroger : !î t|
« Mais les autres ne sont pas allés avec lui à Li-ting?
— Non.
— Où donc?
— A Kouang-tschéou-fou.
— Sous la conduite du lieutenant?
— Oui.
— Où peut- on les trouver?
— A Schampan-fou (dans la grande ville des sampans).
— Indique exactement l'endroit.
— Dans le voisinage de Schi-san-hang (factorerie) l|| des Anglais, il y a une auberge qui s'appelle V 1É Wan-ho - tien (Pauberge des mille souverains). Les m
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hommes du dragon sont toujours là. y m
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— Tiennent-ils leurs réunions dans tous les Kouang-ti-miao ?
— Non, seulement dans ceux qui sont au bord du
fleuve.
— Tu connais le nom de chacun de ceux qui étaient ici hier?
— Pas un setiL Les inconnus seuls peuvent venir. Us montrent leur signe distinctif et on doit leur obéir sous peine de mort.
— Je vais réassurer de la véracité de tes paroles ; si tu m'as menti, je i^eviendrai pour régler ton compte,
— Eh bien, Charley, qu'y a-t-il? demanda Turnerstick quand j'eus fini de parler au bonze.
— Toute la bande a décampé.
— Mille tonnerres! c'est ennuyeux. Où çà?
— Partie à Canton, partie plus loin encore.
— C'était facile à prévoir, remarqua Halverstone. Ces gens n'allaient pas rester assis ici pour attendre notre venue. Il n'y a pas non plus grand' chose à voir dans cette vieille bâtisse. Retournons.
— Je pense qu'il faut d'abord donner à ce serpent sa portion complète, dit Turnerstick.
— Cela ne nous servirait à rien, capitaine.
— Well! eh bien, alors, en dédommagement, je veux emporter le glaive du dieu comme souvenir.
— Ce serait un vol et même un sacrilège, et comme le culte du dieu de la guerre résulte d'un ordre de l'empereur, cet acte pourrait nous mettre dans le pire embarras.
— Comme vous voudrez, Charley, mais il faut
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Ces représentants sont encore bien heureux
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que je nae venge, et, je vous promets que j'assomme-
rai sur place chaque homme du dragon que je ren- ||
contrerai »
Qu'aurai-je pu faire du bonze? Le traduire en justice? Cela n'aurait certainement pas eu de suite* Exercer sur lui une vengeance personnelle? Ce n'était pas de mon goût. De même une plainte contre les Loung- il
yin n'aurait pas eu plus de succès. Je n'avais pas j|
davantage envie de m' adresser à l'ambassade, dont r
je connaissais très bien les lenteurs, et comme à ce moment les représentants des puissances étrangères avaient en Chine une situation des plus difficiles, je me gardai bien de la leur compliquer davantage. Mon aventure ne m'avait causé jusqu'alors d'autre ennui que la perte d'une couverture et d'un bout d'oreille de la grosseur d'un pois, et les deux étaient faciles à supporter.
Halverstone me demanda :
a Qu'allez -vous faire de plus?
— Rien, sir, répondis -je, rien du tout. Je suis convaincu que les mandaiûns supérieurs sont intéressés aux affaires des Loung-yin. Qu'y peut un étranger?
— C'est juste, mais deux hommes comme nous peuvent-ils se laisser ravir la liberté et le reste par ces hommes sans faire du moins une démarche auprès des représentants de leurs pays ? ||S
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Ni
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quand ils réussissent à se représenter eux-mêmes.
La Chine est sur le papier et dans les traits fonda- j
.if '■if' '
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ft*H 210 AU GRÉ DE LA TOURMENTE
|||^ mentaux dé son système de gouvernement , un pays
^ fc p * des plus despotiques, et pourtant dans un aucun État
Rl| la démocratie n'est aussi développée > et il n'y a eu
autant de houîeverséniênts révolutionnaires liés à des changements de trôîiêv Le fonctionnaire corrompu jttjfe gouverne le pays > et l'argent est plus puissant que
IftK le ^ Fils du Ciel » tant envié , qui doit jeûner trois
llfel jours de suite avant de signer la condamnation à mort
d'un criminel ou d'un régicide.
« Quel pouvoir peut y avoir le consul d'un pays ISS lointain et étranger? Ou fallait-il qu'à causé du capi-
|p| : taine Turnerstick et de ma petite personne, il y ait
une guerre maritime entre les Etats-Unis et la
lll-V ;. Chine? »
p;J Halverstone se mit à rire :