LA PRATIQUE DE LA JUSTICE
Ce n'est pas tout de travailler en présence de Dieu, il faut de plus acquitter cette obligation du travail et en employer [| { le fruit de manière à remplir pleinement
Î l’objet même de la loi qui vous l’impose et que Notre-Seigneur a renfermé dans cette
simple maxime : rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Il faut vous rappeler que vous êtes les administrateurs des biens dont Dieu ne vous accorde la jouissance que pour vous demander ensuite un compte sévère de votre gestion.
Avant tout, pratiquez la justice et soycz
toujours honnêtes dans vos entreprises, vos transactions, vos marchés de toutes sortes.
Avec l’amour inaltérable de la religion et un profond attachement à la foi catholique, nos pères nous ont légué, comme un trésor qu’ils avaient eux-mêmes conservé avec un soin jaloux, une réputation générale de droiture, de franchise, d’honnêteté proverbiale, =:
C’est notre conviction que vous avez vous-mêmes su jusqu’à présent garder intacte cette renommée plus précieuse que toutes les richesses, et que les plaintes formulées de temps à autre sur ce sujet délicat, ou bien sont de pures calomnies, ou sont motivées par des actes isolés, très rares, et qui ne sauraient atteindre le peuple dans son ensemble.
Mais, nos très chers frères, nous devons mettre à profit ces leçons pénibles, et faire que la justice domine d’une manière si évidente toutes les transactions, que l’on ne puisse même Pas révoquer en doute votre honnêteté. Dieu vous l’ordonne, votre intérêt le demande: la jusiice élève les peuples, les fait grands et prospères; de
Concert avec la religion, la solidarité nationale vous ferait un erime de tout acte Capable de ternir sur ce point, le bon re.
nom canadien.
Oui, soyez toujours honnêtes ! que votre parole soit estimée à la valeur d’un serment. Donnez, de vous-mêmes, dans l'exécution d’un Contrat, toute la mesure convenue.
Dans la vente, l’achat ou l’échange des marchandises et des denrées, qu'il S'agisse des produits de la terre mis en commun Pour le bénéfice Commun, ou d’un simple marché transitoire, n’allez jamais tromper sciemment, soit sur la quantité, soit sur la qualité de ce que vous livrez ou recevez,
Un sou gagné honnêtement vous vaudra plus, pour la paix de votre Conscience, que
l'affaire la plus lucrative, si elle est injuste.
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Soyez honnêtes à l'égard de vos créanciers: ne cherchez pas, par de vains subterfuges, à vous soustraire à des obligations sacrées; n’allez pas demander à des Passages obscurs de la loi une issue équivoque, capable peut-être de vous dérober aux atteintes du code civil, mais qui ne
saurait vous justifier aux yeux de Dieu;
Souvenez-vous toujours que le bien mal acquis ne profite jamais, et que, pour le salut éternel il importe de payer toutes ses dettes.
En passant, nous ne pouvons nous empêcher de signaler un abus grave et qui nous paraît assez fréquent, nous voulons dire la facilité incroyable avec laquelle on endosse imprudemment des billets promissoires sous prétexte de rendre service à un ami. Tôt ou tard, et presqu’inévitablement l’endosseur se voit dans la nécessité, ou de frustrer le prêteur, ou de payer s’il peut le faire, une somme dont il n’a jamais joui, et dont la perte jette son nom dans le discrédit et souvent sa famille dans la gêne; ce qui est encore une injustice.
Soyez justes et honnêtes à l'égard de
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l'Eglise et de vos pasteurs, en payant de vous-mêmes, avec exactitude, les petites redevances auxquelles vous êtes tenus, et que vous devez acquitter avec d'autant plus de fidélité que, dans cette matière, vous n’avez le plus souvent pour témoins
et pour juges que Dieu et votre propre Conscience.
LE SOIN rIATERIEL DE LA FAMILLE
La même loi de justice, qui vous oblige à donner à chacun ce qui lui est dû, vous fait un devoir rigoureux d'utiliser les fruits de votre travail et de gérer vos biens de manière à Pourvoir aux besoins légitimes de votre famille,
Nous ne craindrons pas de descendre encore ici dans les détails, et de causer avec vous en toute simplicité de choses familières pour vous donner des avis, inspirés par l’unique et ardent désir de procurer votre plus grand bien.
Qu’une sage et prudente économie pré-
side à la conduite de vos affaires temporelles.
Celui qui n’a pas des siens le soin convenable, dit l’Apôtre, a renié la foi et est moins qu’un infidèle. Ne méritez pas ce reproche, et souvenez-vous que pour des parents chrétiens et dévoués, il n’y a rien d’indifférent dans les choses qui peuvent contribuer au bien-être de la famille, et tout chez eux converge si bien vers ce but que le travail est incessant, au milieu d’un ordre parfait.
Pour le chef de famille, pour le cultivateur qui a l’esprit de conduite et d’économie, il n'y a point ce qu’on appelle les saisons mortes. A voir la propreté qui brille aux abords de sa demeure, le soin avec lequel tout est mis à sa place, les précautions qu’il prend pour que rien ne se perde, ou ne soit laissé à l'abandon, on s'aperçoit aisément que le temps laissé libre par le travail des champs est encore bien employé, de manière à sauver une somme considérable de dépenses, quand l’époque des semailles ou des récoltes sera venue.
Bien différente est l’apparence de la terre, des bâtisses, des instruments agricoles ou des troupeaux de celui qui,
n'ayant point de sagesse administrative, laisse tout se ‘gâter et se perdre, à peine de tout renouveler fré {uemment, et à grands frais,