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Les pages qui suivent contiennent la relation d'un voyage au Kilima-Ndjaro (Afrique Orientale), voyage entrepris en 1890 dans le but d'étudier des pays alors inconnus et d'y fonder des centres nouveaux d'évangélisation.
Ecrites au cours de travaux matériels nécessités par une fondation nouvelle à Mombassa, d'un voyage sur mer de Zanzibar à Marseille et de préoccupations imprévues survenues en France, elles prirent un développement inattendu et furent publiées en articles détachés par les Missions catholiqves de Lyon, pour lesquelles elles avaient été faites.
Un ami obligeant les réunit ensuite en un volume pour distributions de prix.
L'édition en est depuis longtemps épuisée. Et quoiqu'on l'ait redemandé souvent, il est probable que ce livre n'aurait pas reparu, si le promoteur d'une œuvre très belle, attentif à tirer parti de tout, ne s'était chargé de sa réédition pour le vendre à son profit. Ce sera donc une pierre nouvelle, — une pierre du Kilima-Ndjaro — apportée au monument qui s'élève à Dakar, en souvenir de tous les Français tombés là-bas sur les sables des déserts, dans les grandes herbes des savanes et sous le sombre couvert des forêts vierges, à la conquête du continent noir et au service de la Civilisation*chrétienne.
A vrai dire, dans un temps où l'Afrique, hier inconnue, se transforme si vite sous l'action européenne, il n'est pas inutile de fixer, par des souvenirs détachés, la manière dont ce grand pays s'est ouvert. Ce simple récit de la fondation d'une mission catholique en 1890, écrit pour des bienfaiteurs, des associés et des amis, reparait donc aujourd'hui tel qu'il parut alors, sans que rien y ait été changé. Seulement, dans un dernier chapitre, ajouté vingt-quatre ans après, l'auteur, étonné
d'être encore de ce monde quand tant de ses amis ont disparu, indique ce qu'est devenu, en cet espace de temps, l'essai de pénétration catholique tenté au Kilima-Ndjaro. Et ce sera là, pour les lecteurs sérieux, — c'est-à-dire pour tous — le principal intérêt de cette relation qui n'avait jamais pensé devenir un livre et qui, devenue livre, et livre d'une édition épuisée, n'avait pas songé revoir le jour.
Il faut convenir cependant que pour les pensionnats, les collèges, les séminaires, les patronages, les cercles de jeunes gens, les lectures de ce genre sont aussi agréables que beaucoup d'autres, et plus saines. Par le passé, elles ont même suscité des vocations de missionnaires; elles peuvent en faire surgir encore!
Et Dieu soit loué, s'il en est ainsi.
Car la moisson est immense et le travail pressant; car les ressources sont misérables et les ouvriers rares...
Juin 19ii.
M*Merou
Itifiiti'ti.Lra.