Place : Ninive et l'Assyrie, 3° volume
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la partie sud-ouest de Nimroud et sur beaucoup d'inscriptions de briques et autres restes de ces ruines et de celles de Khorsabad.
On savait que le roi de Khorsabad s'appelait Sargon, avant que sa parenté avec celui de Ninive fût établie. Rawlinson prétend que ce roi portait aussi le nom de Salmanazar sous lequel il était mieux connu des juifs ; il paraît que les inscriptions de Khorsabad identifient Salmanazar et Sargon. Au temps de la conquête arabe, l’emplacement des ruines de
Khorsabad était connu sous le nom de butte de Sargon.
C’est à Istakhar, en 1602, que les caractères cunéiformes furent remarqués pour la première fois par Pietro del Valle et ensuite par Chardin. Jusqu'en 1800, ils furent indéchiffrables ; Hager, en 1801, voulait y voir des caractères essentiellement idéographiques, appuyant cette opinion sur la présence de caractères semblables parmi les hiéroglyphes égyptiens. En 1802, Grotefend trouva la véritable théorie de l'alphabet et plus tard les inscriptions de Bisoutoun, découvertes par Rawlinson, vinrent compléter ses assertions, en donnant côte à côte trois textes en trois idiomes différents.
Il y a deux genres d’alphabets cunéiformes bien distincts : l’alphabet assyrien, mélangé de caractères phonétiques et idéographiques (c’est celui que l’on trouve à Ninive, à Khorsabad, à Nimroud et à Babylone), et l’alphabet 2ranien, découvert à Persépolis, dont les caractères sont composés d'éléments semblables aux précédents, mais qui n’a pas d’autres rapports avec lui. L’alphabet assyrien peut lui-même se diviser en deux : le babylonien primitif et le babylonien achæménien ou assyrien.
Le babylonien primitif se rencontre sur des briques et des cylindres et les tablettes provenant des ruines de Babylone et des environs. Le babylonien achoœménien se trouve dans les inscriptions trilingues de Persépolis et de Bisoutoun.
Le babylonien primitif est la variété la plus inextricable ; ceux qui s’en servaient semblent s’être ingéniés à compliquer les formes simples des As-
syriens. D’abord, lorsqu'on compare les mêmes lettres en assyrien et en
1. On à été amené, dans la lecture des inscriptions qui accompagnaient certaines figures de rois et de dieux, à donner une valeur symbolique arbitraire à des caractères employés comme monogrammes, et qui ont, comme lettre alphabétique, une valeur toute différente. C’est ce qui
explique cette divergence d'opinions.
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FAÇADE ET ENTRÉE PRINCIPALE DU PALAIS DE KHORSABAD. (Place : Ninive et l’Assyrie, 3° volume.)
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babylonien, on remarque que leur différence provient fréquemment de la façon de former l’élément en forme de coin du caractère. Ainsi ] devient Fe. : la lettre assyrienne 27 | est la même que = , Caractère souvent répété en babylonien.
La forme primitive des lettres était probablement de simples traits, ainsi que le prouverait une inscription trouvée par Layard à Nimroud, sur un mur du palais sud-ouest.
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Si l’on substituait à ces traits Le clou, la pointe de flèche ou la vireule, les caractères ressembleraient à ceux des premiers monuments assyriens. Sur les briques de Babylone, les signes sont souvent remplacés par de
: : Se Y simples traits ; ainsi == pour M = ou = | pour représenter
la lettre assyrienne mentionnée plus haut.
Quelquefois le caractère a pris la forme d’un marteau :
HTTTÉ
La forme triangulaire de virgule semble avoir été adoptée parce
qu'elle était l'impression naturelle de l’angle d’un burin sur une matière tendre ; cette forme paraît même avoir été sacrée, elle a été représentée sur un autel comme un emblème religieux.
Il y avait aussi un autre genre d'écriture : l’écriture cursive ou hiératique, employée couramment pour l’usage journalier, dans des documents privés ou des faits de peu d’importance. Cette écriture s’employait sans doute sur des feuilles, des morceaux de cuir, et était tracée avec des roseaux. Elle ressemblait à l'écriture des Phéniciens, des Palmyriens et des juifs; elle s’écrivait de droite à gauche, contrairement à l'écriture cunéiforme. Mais laissons de côté cette écriture cursive et revenons à la première, la plus importante au point de vue de l’histoire, à l’écriture cunéiforme. Grotefend, après de longues recherches, était arrivé à établir les axiomes suivants sur l’écriture cunéiforme :
Les caractères persépolitains ne sont pas des idéogrammes, mais des
1. Ce dessin curieux se trouve à Paris, à la Bibliothèque nationale, gravé sur une pierre
nommée le Caillou de Michaud.
caractères alphabétiques, — Ce ne sont pas des caractères syllabiques.
— L’alphabet contient quarante signes comprenant les voyelles longues et
brèves ; cette opinion s’appuie sur l’analogie avec le Zend. — L'écriture
que us =—— == = as nn SE ares
doit se lire de gauche à droite. Il affirme que les inscriptions de Persépolis sont écrites en zend et datent de l’époque de Cyrus et d'Alexandre.
I1 serait trop long de relater ici tout le procédé de Grotefend. Pourtant il est tellement simple qu’il me semble pouvoir être résumé en quelques mots. Il supposait d’abord que les inscriptions qui accompagnaient les
figures des rois mentionnaient leurs noms et leurs titres. Il les examina
nom par nom, lettre par lettre, compara $es hypothèses avec les récits
de l’histoire, ]
usqu'à ce qu'il trouvät une succession généalogique satisfaisante de noms propres. Il supposa que les noms que les inscriptions
lui offraient étaient ceux de la dynastie achœménienne. Il compara ces
noms, en revenant en arrière, avec ceux que citaient Hérodote à partir de Cyrus. Les premiers noms commençant par différentes lettres et étant
pourtant de même longueur, Cyrus et Cambyses, Cyrus et Artaxerxès,
étaient des successions impossibles. Trouvant alors que le premier nom
de l’inscription se composait de huit lettres, il le compara avec l’hébreu
Daryavesh où Darius.
MR ET Né Er EC AA
Il donna à ces lettres une valeur hypothétique :
D A R H E A UÜ SCH
Le nom de Xerxès lui apparut comme devant se former avec les lettres suivantes :
D el di) KH SCH H A R A La valeur des lettres étant ainsi fixée, il chercha dans la phrase le mot qui pouvait exprimer l’idée de roi : les lettres de ce mot étaient KH SCH À H: il les compara avec le zend parlé autrefois dans le pays : COR M AT IE SN KH: 80H : «A H L 0 H Il vint ensuite à supposer que le mot qui précédait celui de roi était une épithète honorifique ; comparant alors les caractères de ce mot : " 2 " A ET EN A avec ceux de Darius, il mit en dessous de ces signes E GH R E
Se reportant au zend, il vit que le mot eghre signifiait orand. I] adopta donc ce système et devina peu à peu l’alphabet à l’aide des mots connus et des lettres déjà découvertes.
La découverte de Grotefend n’était véritablement qu'une hypothèse. En 1836, les travaux de Burnouf lui donnèrent des bases plus solides.
Le colonel Rawlinson, attaché à la légation anglaise en Perse, 19n0rant complètement les travaux de Burnouf en France et de Lassen en Allemagne, découvrit les inscriptions de Bisoutoun (ou Behistoun) et arriva par la même méthode que Grotefend à un alphabet identique à celui de Lassen, à un ou deux caractères près.
IT fallait chercher maintenant un moyen pour découvrir le secret des annales assyriennes ; mais si dans les inscriptions persanes on avait découvert quarante caractères différents, dans les inscriptions assyriennes on en trouva plus de six cents1. L'inscription de Bisoutoun, dont le colonel Rawlinson tira son système assyrien, contenait une centaine de noms propres qu'il pouvait lire dans la partie écrite en cunéiforme persan ; il remarqua que bien des signes devaient concorder, car il y avait entre eux des différences insignifiantes ? ; il eut aussi l’idée de comparer l’existence parallèle des Perses, des Mèdes et des Scythes à l’époque de Darius avec celle actuelle des Arabes, des Persans et des Turcs, pour en conclure à une analogie de langues. Quand les mots les plus importants furent à peu près fixés, on trouva dans le langage une grande ressemblance avec l’hébreu et l’ancien chaldéen.
Les inscriptions de Khorsabad n’ont Jamais été trouvées sur les façades extérieures des palais : elles sont toutes intérieures, le long des