‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 129 sur 210 · BAS-RELIEF REPRÉSENTANT UNE DIVINITÉ ASSYRIENNE · texte numérisé non relu

BAS-RELIEF REPRÉSENTANT UNE DIVINITÉ ASSYRIENNE

une mosquée curieuse dans laquelle est enterré le sultan Loulou. L'entrée est misérable, mais la porte en bronze est d’un joli travail ; l’ouvrier a placé son nom en relief au milieu d’an battant. Dans l’intérieur, se trouve le tombeau en bois sculpté, sous un velum de drap vert. Les murs sont nus, sauf une bordure de marbre d’un mètre de haut tout autour ; cette bordure est elle-même bordée dans le haut par une bande

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de marbre noir de vingt à vingt-cinq centimètres de largeur, dans laquelle des versets du Coran sont incrustés en mosaïque de marbre blanc.

Nous revenons au consulat où M. $iouffi nous retient à diner. Il veut bien me faire hommage, avec une gracieuse dédicace, de son livre sur la religion des Soubbas ou Sabéens.

Cette tribu on plutôt cette secte est aussi connue en Orient sous le nom de Joanites, Hemérobaptistes, Hymiarites de Saba et spécialement de Mendaïstes ou chrétiens de Saint-Jean, parce qu’elle se prétend issue des anciens disciples de saint Jean-Baptiste. Elle habite les bords du Tigre, entre Bassora et Kout-el-Amara, où elle se retira après avoir été chassée de Palestine par les musulmans. La religion des Soubbas est un amaloame incohérent d'idées gnostiques et de rites chrétiens ; elle est pourtant opposée au christianisme, puisqu'elle attribue les paroles et les actions du Christ à saint Jean-Baptiste.

En réalité, cette religion est un mélange de judaïsme et d’opinions chrétiennes chaldéennes. Les juifs, les chrétiens et les Soubbas sont les trois sectes religieuses que Mahomet prescrit de tolérer et de respecter. Les Soubbas observent ponctuellement les prescriptions fort sévères de leur religion ; ils défendent la circoncision, reconnaissent le baptème, mais au nom de Dieu seul; ils n’admettent ni le Fils ni le Samt-Esprit.

Le mariage peut avoir lieu en tous temps, avec les plus proches parents. On se transporte en pompe sur les bords du fleuve auprès duquel se passent toutes les cérémonies. Le mollah, vêtu de ses habits sacerdotaux, bague au doigt et tenant à la main son bâton d’olivier, récite les prières voulues ; il fait ensuite plonger dans l’eau la Jeune mariée à trois reprises et la fait, à la fin, passer entre les Jambes de son fiancé : ce n’est qu’alors que l’union est déclarée complète et indissoluble. Chez les musulmans, le lendemain du mariage les deux époux seuls sont tenus d'aller au bain ; chez les Soubbas, c’est tout le personnel de la maison, tous ceux qui y ont couché, tous ceux qui ont touché au mari ou à la femme qui sont tenus d'aller au fleuve et de se purifier par le bain ; et la même chose a lieu lorsqu'un Soubba s'approche de sa femme.

Il est expressément défendu de toucher aux morts ; on ne les lave point, on ne les ensevelit point ; pour concilier le respect de la loi avec la nécessité, voici l’épouvantable usage auquel on est arrivé : lorsqu'on suppose qu'un moribond approche de sa fin, on le déshabille, on le lave et, l'ayant revêtu de ses meilleurs habits, on l’enveloppe de son dernier lin-

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ceul; puis on le dépose dans la fosse qu’on lui à préparée et on le laisse mourir. Ses parents et ses amis prient et se lamentent autour de lui jusqu'à ce qu'il ait rendu le dernier soupir. Alors on referme la fosse et chacun se retire. — D’après les Soubbas, il faut quarante jours à l’âme pour arriver jusqu'à Dieu. Pendant tout ce temps, matin et soir, un repas, auquel prennent part la famille et les amis intimes, a lieu dans la maison mortuaire à l'intention du défunt. L’écriture des Soubbas est le syrogaliléen ; leur langue, la langue sabéenne, est une variété du syriaque

mélansé de mots persans et de l’ancienne langue chaldaïaque. Œ [æ)

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