D, de Rivoire, les Vrais Arabes et leur pays
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Baghdad avec sa femme et ses filles. Par eux, elle avait eu tous les renseisnements et toutes les informations désirables. Je me bornerai à raconter succinctement mes excursions dans Baghdad.
Bagdad est le grand centre de ravitaillement des caravanes et la tête de ligne des bateaux à vapeur naviguant sur le Tigre. La Turquie en a fait sa seconde capitale, avec un gouvernement militaire spécial, ne dépendant que du ministère de la guerre.
Baghdad n’est pas comparable à Constantimople comme centre, comme étendue, comme ville. C’est une grande oasis, une magnifique forêt de palmiers qui pousse en plein désert sur les bords du Tigre; les sables l'entourent de tous côtés à plusieurs journées de marche : au nord et à l’ouest, le désert; au sud, les marécages du Chat-el-Arab; à l’est, à une grande distance, les montagnes du Louristan.
Après avoir longé les murs en terre qui bordent des jardins de dattiers, de grenadiers et d’autres arbres fruitiers, nous sortons des fortifications par une petite porte gardée par un poste de quelques soldats. Tournant à gauche, nous longeons l’extérieur des murailles ; elles sont hors d'état de défense ; les murs de terre et de briques s’effondrent dans les fossés presque comblés ; mais ce qui en reste donne une haute idée de l'importance de la ville à l’époque de sa gloire, Les angles principaux des murs sont flanqués de hautes tours, dont plusieurs portent des bandes où sont gravés, en relief, des versets du Coran. Un orand espace vide, comme une grande place d’armes, se trouve derrière cette partie des remparts. Par-ci par-là, des bouquets de deux où trois palmiers abritent une petite mosquée, une tombe ; les cimetières sont pourtant en dehors de la ville, nous en avons traversé une assez grande étendue en sortant.
Nous arrivons devant la fameuse porte du Talim, par laquelle Amurat IV entra vainqueur dans Baghdad. La porte est murée ; c'était la coutume de murer la porte par laquelle un sultan vainqueur entrait dans une ville fortifiée.
Au loin, on aperçoit dans la ville le dôme aplati du tombeau d’Abdel-Kader que fit reconstruire Amurat IV après la prise de Baghdad. Plus loin encore, la mosquée du cheik Omar et de la princesse Zobeïde, femme préférée du calife Haroun-al-Raschid, et qui eut une grande influence sur ce puissant calife. Longeant toujours les fortifications, nous traversons le quartier des grandes casernes de cavalerie et rentrons par
la norte Nord. Nous cherchons alors à visiter les mosquées ou, au moins | ;