‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 158 sur 210 · LAS · texte numérisé non relu

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MONUMENT DE STYLE GREC DANS LES DÉFILÉS DU ZAGROS. Eee

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DE BAGHDAD A KIRMANSHAH. 941

niche où quelque emblème. Ce temple n’est qu’une simple voûte formée de pierres régulièrement taillées. Sur la corniche sont sculptés des orne-

ments fort abîmés, mais dont on distingue encore les gracieux dessins; dans l’intérieur, une bande sur laquelle sont représentées des fleurs, dans un style simple et pur qui atteste le goût de l’artiste.

De ce point, on domine toute la gorge, toute la vallée. Après une

demi-heure de marche, nous entrons dans un petit bois de chênes semblables à ceux que nous avons rencontrés entre Djoulamerg, Amadiah et

Mossoul. Les chevaux, habitués à marcher en plaine, s’égarent sous les arbres à droite et à gauche ; les charges sont arrachées par les branches les plus basses.

Vers deux heures, nous atteignons un petit hameau disséminé sous

les arbres ; 1l se nomme Wiyan-Tagt. Nous suivons toujours, au milieu des chênes, des hêtres et des figuiers sauvages, le ravin de l’Abi-Elvend. De nombreuses compagnies de pérdrix s’envolent devant nous. Nous rencontrons aussi quelques loups; mais ils n’osent s'approcher.

Quelques centaines de mètres encore, et nous arrivons au col par où nous passons de la vallée de l’Abi-Elvend dans celle de l’Abi-Kerind. Les bois ont cessé, et de vastes plaines d’un terrain marécageux, couvertes d'herbes, leur ont succédé. Le fond de l’air est très frais ; nous avons beaucoup monté; le baromètre marque une élévation de 1,700 mètres au-dessus du niveau de la mer. A notre gauche, de petits villages construits sur le flanc de la montagne, au débouché de petites vallées tributaires. Suivant le thalwes de notre nouveau ravin, nous arrivons enfin à Xerind. Ici, nous sommes en plein automne : les arbres sont dépouillés de leurs feuilles; les feuilles mortes jonchent le sol; les sarments des vignes sont maigres et dénudés. Comme nous sommes loin des palmiers de Khanikin! Les petits jardins ressemblent à ceux de nos pays, avec leurs champs de vigne bordés de murs en pierres sèches superposées. Les habitants paraissent plus obligeants; ils nous indiquent

le chemin du village.

En arrivant, mon premier soin est de faire demander le kaïmagan ; mais On ne me comprend pas; kaïmagan est un mot turc, et cette fonction n'existe pas en Perse. Ne sachant comment me faire entendre, je montre à tout hasard la lettre du velyed de Tauris. L’un des assistants me fait signe qu'il a compris. Je laisse Hamelin dans la cour de la maison d’un habitant qui m'avait offert l'hospitalité, et je vais voir le chef du village.

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