MORTS
DE BAGHDAD A KIRMANSHAH.
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revanche, sont très complaisants et les talonnent; ils courent à droite et à gauche comme des chiens de chasse, grimpent sur des mamelons, tirent des coups de fusil avec les cartouches du gouvernement. Ils ont de bons chevaux et sont mieux équipés que les soldats des environs de Tauris.
Ce n’est qu'à sept heures et demie que nous apercevons Sheripoul. Nous avons quelque peine à traverser plusieurs gués de ruisseaux descendant des montagnes qui bordent la route à sauche.
Le village est petit et pourtant renferme un grand et beau caravanséraï. On nous en ouvre la porte: il est plein de monde. Pas une case vide; les animaux sont pressés dans la cour. Je demande aux soldats s'ils ne connaissent pas quelque habitant qui pourrait nous loger; l’un d'eux à précisément ici un parent; il nous mène à sa demeure, au milieu de petites constructions en roseaux. C’est une maison en terre, composée de trois pièces. Dans la première se trouve toute la famille, qui déménage pour nous. Une poutre, au milieu, soutient le plafond en roseaux recouvert de terre gâchée. Un berceau d’enfant, espèce de boîte en bois garnie de chiffons et de sable, est suspendu par deux cordes au mur d'un côté, à la poutre de l’autre; il est ainsi aisément à portée de la mère, qui est accroupie auprès du feu. La cheminée est marquée par deux bourrelets de terre au milieu du mur; au-dessus, un trou est percé dans le toit pour laisser échapper la fumée. A droite, une autre pièce où ceux qui nous ont cédé leur chambre vont s’étaler sur de la paille et des roseaux. Au fond de la pièce où nous sommes, en face de l'entrée, une ouverture donnant sur la troisième pièce, sorte d’étable où les zapetiés se mettent avec leurs chevaux. Pendant que nous nous installons, la femme du logis nous fait du {avash. En quelques minutes, elle à pétri sa
farine et a étalé la galette sur la plaque chaude.
3 novembre.
Nos soldats ne retournent à Kasri-Shrin que ce matin: ils nous aident à mettre en route nos muletiers, toujours aussi peu empressés. Nous quittons Sheripoul (Sar-i-poul) à sept heures. Le village est situé sur un mamelon peu élevé, au pied d’une colline stérile et escarpée. En le quittant, nous traversons la rivière sur un petit pont, auprès duquel
campent des caravanes. Les femmes ne sont pas voilées; plusieurs ont
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d'assez jolis traits. Notre chemin se prolonge au pied de la colline escarpée qui forme le versant droit. Cette colline est fendue et laisse un
passage, taillé à pie comme une brèche gigantesque, qui donne accès dans la vallée adjacente et sert de passage à l’Abi-Elvend. Quelques maisons en ruines ont dû faire partie du fort qui défendait ce passage.
Nous rencontrons d'immenses caravanes de sept à huit cents nomades qui déménagent avec leurs tentes, leurs bestiaux et tous leurs ustensiles; fuyant les froids de l'hiver, ils viennent chercher des climats plus doux et de nouveaux pâturages pour leurs troupeaux. Quelques caravanes aussi de pèlerins, avec leurs morts dans des cercueils à peine fermés, brisés même pendant le voyage, laissent derrière elles leur épouvantable odeur.
A neuf heures, nous nous trouvons au pied de l'endroit où l’on oravit la montagne. Le flanc de la montagne semble déchiré par une oriffe gigantesque, et c’est à travers un sentier escarpé, sur le bord des précipices, au milieu des rochers, que l’on fait l’ascension de ce splendide passage. Ce sont les fameuses portes du Zagros '; par là on passe définitivement des plaines arabes dans les plateaux élevés de l'Iran. Le village auquel nous arrivons ce soir est de mille mètres plus élevé que celui que nous avons quitté ce matin.
Au bas de la côte est un village autour duquel sont groupées quelques ruines. Son caravansérai ressemble à un petit fort. Ce village se nomme Pai-tagt. Nous commençons une ascension des plus pénibles par un sentier difficile, rempli de pierres qui roulent sous les pieds et font butter les chevaux.
Il faut plusieurs fois mettre pied à terre et faire passer sUCCESSIVEment chaque cheval en le tenant par la bride. Les ronces et de grosses pierres, contre lesquelles leurs charges viennent se heurter, augmentent encore la difficulté. A mi-côte à peu près, à un endroit où le sentier est plat, s’élève un petit monument qui paraît un temple grec. Quoique rien ne dénote particulièrement un caractère sacré, il semble avoir été construit dans un but religieux. On s’étonne de ne pas trouver, sur les deux ou trois grandes dalles qui en forment le fond, quelque autel, quelque
1. La montagne était, paraît-il, infranchissable, et c’est Sémiramis, la première, qui y aurait
fait frayer un sentier pour livrer passage à son armée : Meta GÈ tauta ën” ’Ex6atavoy Tv RODEÏLV TOLNGALÉVN MAPEYÉVETO TOÔS 090$ TO Zapxaiov XAROURLEVOV* TOUTO Ÿ’ RL HOA)OŸS TAPNXOV
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