partie, le centre même de l’Europe, est atteint. Le mal ne parvient en
Perse que deux ans plus tard. Si le gouvernement persan, à l’instar de |
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l’Europe, avait établi des quarantaines en 1865 et 1866, on aurait pu dire k qu'il s'était garanti pendant ces deux années. | € Par le golfe Persique, la Perse est en communication non interrompue avec l’Inde et particulièrement avec Bombay, foyer persistant de choléra. Les trois ports principaux, Bender-Abbas et Bouchir sur le golfe, Mohammera sur le Chat-el-Arab, sont tous trois dans les climats les plus chauds et les plus humides du monde ; ils réunissent toutes les conditions voulues pour le développement du choléra. Il n’y a Jamais de quaran- | taines dans ces localités; cependant, depuis 1821, on n’a pas eu un seul exemple de l’introduction du fléau en Perse par cette voie, Si une quarantaine avait été instituée en 1822, on pourrait croire que, pendant soixante-trois ans, ce moyen a préservé la Perse du fléau indient. »
1. J.-D, Tholozan, Compte rendu de l'Académie des sciences, 24 août 1885, passim. ) 1 )
Un M. Charles, colonel du télégraphe (les Européens ne peuvent dignement accepter ici un titre au-dessous de général ou de colonel), vient rendre visite au docteur. Il assistait au grand dîner d’hier. Ce magnifique festin, organisé à l’européenne, finit à la persane. Le repas terminé, le shah se leva et donna, en sortant, le signal du départ. Les invités n'étaient pas tous sortis que colonels, majors, généraux même, toute la foule des dignitaires, tous en grand uniforme, chamarrés de salons, d’ornements et de décorations, se précipitèrent dans la salle, se jetant sur les débris du repas qu’ils empilèrent dans un sac, une serviette qu’ils avaient apportés, dans des rideaux même arrachés à la hâte d’une porte ou d’une fenêtre.
Le shah manque d'énergie; ses idées ne sont que des caprices d’enfant gâté, des bizarreries qu’il cherche à satisfaire ; rarement, maintenant surtout qu’il vieillit, il sait prendre quelque décision utile et sage. Sous prétexte de copier l'Occident, il ne prend que les petits côtés de nos grandes innovations. Il à abandonné son magnifique costume pour ne plus porter que des vêtements européens, de coupes plus où moins seyantes. Il gaspille sa fortune dans des dépenses inutiles et se laisse voler par ceux qui savent profiter de ses caprices. Un jour, l’idée lui vient de faire construire un pied-à-terre dans la campagne, un pavillon de chasse. Une fois les plans acceptés, les fournisseurs lui conseillent d’ajouter une aile à droite, une aile à gauche. Le shah s’y installe, s’y trouve bien et fait venir ses femmes ; mais il n’y a plus de place pour lui et, en attendant qu’on ait construit un autre pavillon, il loge.sous la tente. Enfin l’œuvre est achevée ; mais Sa Majesté a eu le temps de se dégoûter de la résidence qu’elle abandonne pour passer à un autre caprice.
Un autre jour, le shah apprend que les Anglais ont inventé pour la pêche des perles un appareil qui leur permet d’aller à des profondeurs que les plongeurs persans, qui ont le monopole de la pêche, ne peuvent atteindre. Vite, 1l faut acheter un bateau et des canons pour surveiller les côtes. On vote une somme, on commande le vaisseau à Brême ou à Hambourg (car le vent est à l'Allemagne); le vaisseau arrive enfin et passe six mois dans le golfe Persique, où les chaleurs ne tardent pas à le détériorer. Or on n’a songé ni à son entretien ni à la solde du personnel ; il S'abime de plus en plus; maintenant, pour qu'il pût servir, il faudrait le retourner en Allemagne ; mais personne n’ose se risquer sur la
coque endommagée,
Tout va à la débandade dans ce pauvre pays, et tout est fait sans ordre. À Téhéran cependant, une école bien dirigée enseigne aux jeunes gens le français, le russe, l’anglais, le calcul, la physique, la chimie, la géographie, la musique et l’art militaire. Cette dernière science est enseignée par des officiers allemands de peu de valeur. Le fils du shah, Nahib Saltané,