‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 188 sur 210 · AA TZ · texte numérisé non relu

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LE GHILAN. 427

23 novembre.

Quand nous sellons nos chevaux, la cour est pleine de monde et d'animaux; c’est une confusion inouïe. Le maître du tchaparkhaneh est pour nous d’une complaisance toute particulière.

Nous suivons quelque temps l’affluent du Shah-roud jusqu’au confluent. Une centaine de mètres plus loin, sur le fleuve, un singulier pont; il n’y a pas deux arches de même dimension; elles vont en grandissant, de façon que le pont arrive au niveau de la berge opposée, beaucoup plus élevée que celle que nous suivons. Nous traversons. De l’autre côté du fleuve, quelques villages qu’on aperçoit à peine; aucun arbre ne les abrite, et leurs constructions en terre se confondent avec le sol.

Le fleuve est presque à sec, et nous pouvons suivre son lit; cela nous évite les mille accidents de la route. A onze heures, nous sommes à Mendjil, où apparaissent les premiers bois d’oliviers. Cent mètres plus loin, le Shah-roud se mêle au Kizil-Ouzen; les deux cours d’eau se rencontrent dans le même plan vertical et forment le Sefid-roud, qui se dirige perpendiculairement au nord-est. Nous le traversons sur un pont bien entretenu. Le fleuve coule dans une gorge resserrée aux flancs escarpés. Le vent est souvent si violent dans cet étroit couloir qu’il est impossible de franchir le pont; des animaux avec leurs charges ont été enlevés et jetés dans le fleuve.

Nous longeons la rive gauche par un chemin fort accidenté, taillé dans le roc. Nous rencontrons deux voitures que l’on transporte à Téhéran par cette route impossible, Chaque voiture nécessite un convoi de cinquante hommes en deux escouades qui se relayent et la portent avec d'énormes poutres et des cordes. De temps à autre, les escouades doivent se réunir et la voiture est maintenue en l’air au-dessus du précipice.

La vallée, toujours aussi sauvage, devient plus verdoyante ; quelques petits villages bordent le fleuve, entourés de bois d’oliviers, de figuiers, de noyers et de grenadiers; des sources abondantes coulent de la montagne et traversent le chemin, mais l’eau est fort mauvaise.

Nos bagages plus considérables, le chemin plus difficile ne nous permettent pas d'enlever des farstaks comme entre Kirmanshah et Téhéran. À six heures seulement, nous arrivons au tchaparkhaneh de Rustem-

abad. Nous y sommes fort bien, et c’est notre dernière nuit en route. Nous quitterons sous une bonne impression ces tchaparkhanehs qui nous ont si souvent abrités.

24 novembre.

La lune seule nous éclaire quand nous partons à cinq heures. Nous suivons toujours le fleuve sur une route bordée de rochers. Nous sommes

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