BAKOU, TIFLIS, VLADI-CAUCASE, PARIS
La compagnie Caucase et Mercure. — Lenkoran. — Bakou; les puits de pétrole. — Pélerinage guëbre, — Tiflis. — La route militaire de Tiflis à Vladi-Caucase. — Retour.
La compagnie Caucase et Mercure n’est pas spécialement aménagée pour le transport des passagers ; aussi l’installation laisse-t-elle beaucoup à désirer. L’équipage est aussi réduit que possible, les bateaux sont chauffés au pétrole ; le service des machines est très simplifié : un seul mécanicien et son chauffeur suffisent.
Nous arrivons à onze heures à Lenkoran, petit port russe, et, comme le temps est beau, on en profite pour embarquer un chargement qui serait resté s1 la mer eût été mauvaise. C’est quatorze heures de retard que nous
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coûte le beau temps. Nous restons en rade la nuit du 4 au 5 et toute la journée du 5. Des officiers et des fonctionnaires russes montent à bord; le salon est transformé en tabagie ; le capitaine met à notre disposition le
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salon des dames,
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Toute la nuit on a bu, joué et fumé ; les comptes se faisaient sur le tapis vert, à la craie. À onze heures du matin, nous sommes à Buhou. Le chef des douaniers russes auquel je m’adressai fut très complaisant ; sur la présentation de mon passeport diplomatique et de ma lettre de mission, il ne nous fit ouvrir qu’une seule caisse pour la forme.
Bakou est la ville du pétrole par excellence; partout on le sent, partout il déborde et suinte ; la mer elle-même est recouverte d’une couche d'huile à laquelle on met le feu de temps à autre pour l'empêcher de devenir trop épaisse. Cette opération se fait le soir et le spectacle est magnifique; les bateaux voguent sur une mer de feu, sans courir, paraît-il, le moindre danger. Aussitôt après avoir déjeuné, nous louons une voiture qui nous conduit aux établissements d'extraction. J’avais eu l’occasion d’étudier les puits de Californie, au commencement de l’année, et la comparaison m'intéressait. L'opération se fait sur une grande échelle. Les puits, au lieu de se trouver, comme en Amérique, au milieu d'un terrain accidenté, sont creusés dans une plaine unie sur laquelle les grands échafaudages noirs se dressent, serrés comme les arbres d’une forêt.
Tout, à Bakou, se fait au pétrole, chauffage des poêles, cuisine, éclairage ; les forges elles-mêmes et les fours d’usines métallurgiques n’ont pas d’autre combustible. Cette abondance de matière inflammable sortant de terre fit autrefois de Bakou un lieu de pèlerinage renommé des Guèbres, adorateurs du feu; ils y élevèrent un temple. Il reste encore de cette époqué un cimetière ou {our du Silence (dakmeh).
Le 7 décembre, à trois heures, nous prenons le train pour Tiflis.
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8 décembre.
Nous arrivons ce matin à 7%/4s, notre point de départ. Nous descendons à l’hôtel Martin. Le propriétaire de l’hôtel de Londres ayant cédé sa maison à un Allemand, nous préférons descendre chez un compatriote.
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