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MOLLAHS ET SEIDS.
ces armes tranchantes, et on voit sur les chemises blanches le sang qui coule des blessures; tous hurlent, crient, cherchent à s’exciter pour se frapper plus fort; plusieurs tombent épuisés par la perte de leur sang ; bienheureux ceux qui meurent pendant ces fêtes ; Allah leur ouvre toutes grandes les portes du paradis. M. Bernay à souvent vu du haut de sa terrasse ces scènes sanglantes ; rien n’inspire, paraît-1l, plus d'horreur que cette masse de plus de dix mille hommes qui se promènent ainsi dans les rues au milieu du murmure confus des chants, des cris de douleur et des râles des blessés. Malheur à l’ Européen qui se trouverait sur le chemin de cette foule barbare ! I] serait mis en pièces; quel plus grand plaisir peut-on faire à Allah que de lui sacrifier un chien de chrétien !
Les Persans sont musulmans ; ils appartiennent à la secte des Chiites et sont opposés aux Swrniles.
Les Chites (à proprement parler Dissidents) ne reconnaissent qu'Ali comme successeur légitime de Mahomet; pour eux, les trois califes Aboubekr, Omar et Othman qui précédèrent Ali n’ont aucun droit à la légitimité et ils n’admettent pas leurs interprétations religieuses. De plus, ils ne reconnaissent que douze véritables #ams, c’est-à-dire douze chefs de la religion suprême. Le douzième, qui s’est envolé à l’âge de douze ans, doit reparaître un jour; ils le nomment le Mahdi.
Les Sunnites, la plupart Ottomans, confondent le titre d'imam avec celui de chef du pouvoir spirituel, et pour eux les imams $e succèdent toujours ; le sultan, chef spirituel et représentant de Mahomet, en porte le titre; il garde le drapeau du Prophète, mais son autorité n’est reconnue que des Ottomans.
Il y a deux autres sectes de musulmans : les Zsmuëliens, qui ne reconnaissent que sept imams; après le septième Ismaël (d’où leur nom), la légitimité passa à son frère, puis à des personnages inconnus qui se
manifesteront peut-être un jour; enfin les Druxest, qui adorent le calife
al Hakem Biomrillat.
Les Chiïtes sont moins fatalistes ; ils croient, plus que les Turcs et les Arabes, à l'influence du libre arbitre. D’après eux, le Coran ne peut être interprété que par les prêtres; mais comme les Persans, fort vaniteux, se croient inspirés du ciel lorsqu'ils parlent du Coran, chacun le discute à sa façon. Pour eux, ce n'est pas une lâcheté que de nier sa religion et il semble tout naturel qu’un chiite, au milieu de sunnites, invoque le calife Omar que sa religion traite d’usurpateur.
Cette façon d'interpréter la religion, malgré la défense, est tellement générale qu’elle a un nom spécial, le ketman. Grâce à ce ketman il s’est formé des sectes secondaires fort nombreuses : les Ali Alahi, les Kirindi, les Soufi, qui sont fort tolérantes et beaucoup moins fanatiques ; selon elles, chacun est libre d'agir comme il l’entend.
Une secte importante est celle des Babis, fondée par Ali Mohammed,
surnommé le Bab?. Elle a accompli une véritable révolution sociale vers
1. Voyez Exposé de la religion des Druzes, par Sylvestre de Sacy.
9, Ali Mohammed était né à Shiraz; une fois sa doctrine acceptée, il prit le titre de Bab, C'est-à-dire /a Porte par laquelle seule on pouvait parvenir à la connaissance de Dieu. Ses adversaires même lui donnent ce titre. Plus tard, les gens de la secte le nommeèrent Hezret-e-Ala
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