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le milieu du siècle et, malgré les persécutions dont les Babis furent l’objet, ils continuent à vivre en secret, même à la cour ; de grands personnages qui se disent chiites en sont de fidèles sectateurs. Les Babis ont été regardés, mais à tort, comme communistes, parce qu'ils prêchent les principes d'égalité et de fraternité; ils ne demandent nullement qu’on partage les biens, mais seulement que le riche prenne soin du pauvre; ils défendent la polygamie et le divorce ; ils recommandent la bienveillance envers les hommes, la douceur et la bonté avec les femmes et les enfants que l’on doit rendre heureux et gais. On comprend combien cette doctrine dat avoir de partisans zélés parmi les femmes.
En somme, c'était une révolution dans la société, mais une révolution toute pacifique et le Bab et ses sectateurs n’avaient aucune autre ambition que de faire partager leurs idées. Les mollahs, craignant sans doute de voir leur autorité, leur prestige et, par suite, leurs bénéfices fortement compromis par les idées nouvelles, persécutèrent les Babis au point que ceux-c1 se révoltèrent et se réunirent dans la ville de Zendjan; les sectateurs étaient nombreux; on se battit sérieusement; la ville fut prise, mise à sac et brûlée. On massacra tous les Babis de la province et quelque temps après, le Bab fut mis à mort.
Ceci se passait en 1848, quelque temps après l’avènement de Nassred-dinet,
Ceux qui purent échapper voulurent se venger sur le shah qui douna l’ordre d’exterminer tout individu soupçonné d’être Babi. Les
courtisans, avec un sang-froid de cruauté inouïe, se partagèrent les captifs
(Altesse sublime) ; mais le nom de Bab, qui ne lui est pas particulier, est cependant celui sous lequel le désignent tous les hétérodoxes (de Gobineau : les Religions et Philosophies de l'Asie centrale).
1. Ce qui poussa Nassr-ed-dine à redouter autant l'influence des Babis, c’est que Mohammed Ali, le Bab, pouvait prétendre à la couronne de Perse. Je vais citer ici le texte même de l’intéressante étude de M. de Gobineau : ( C’est un point de la doctrine politique, incontesté en Perse, que les Alides seuls ont droit à porter légitimement la couronne, et cela en leur double qualité d'héritiers des Sassanides (par leur mère, Bibi-Sheherbalou, fille du dernier roi Yezdedjerd), et d’Imams. Tous les princes non Alides sont des souverains de fait; mais, dans aucun cas, personne ne les considère comme détenteurs de l’empire à titre régulier. Ce fut sur cette base que les politiques Babis élevèrent tout leur édifice. Ils firent remarquer que le Bab, étant Seïd, héritait de tous les droits de la race d’Ali, au point de vue persan, parce qu'il avait du sang de Yezdedjerd, et au point de vue musulman, parce qu’il avait un reflet de l’Imamat. De plus que les Seïds, ses parents, il avait cette grâce spéciale d’être le Bab, et à ce dernier argument un babi n'avait rien à répondre. Ainsi, par trois raisons, dont deux étaient incontestables pour tous les Persans, et äont la troisième avait une valeur décisive pour tous les sectaires, le Bab était le
véritable et légitime possesseur du trône de Perse, h
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et leur firent subir, chacun suivant son inspiration, les plus cruelles tor-
tures pour témoigner de leur fidélité au prince *.
Malgré cela le Babisme a survécu ; le successeur du Bab est en Asie Mineure d’où il communique avee ses lientenants. Par des persécutions
contre une secte inoffensive, imbue d’idées de charité presque chrétienne.
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