‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 60 sur 210 · RE RTL TE TL FE · texte numérisé non relu

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ou, s’1ls: ont communication avec l’étranger, du consul le plus proche du territoire; de même ce consul ne peut communiquer qu'avec le gouverneur du vilayet le plus près de sa frontière.

Le pacha se montra aimable; il nous fit offrir la maison réservée aux fonctionnaires en tournée où nous pourrons loger. Il nous rassure aussi sur la sécurité de la route jusqu’à Van; il y a un télégraphe de service intérieur et depuis que les brigands ont vu qu’on pouvait annoncer aussi rapidement leur présence d’un village à l’autre, ils vont faire leurs coups ailleurs.

Le café pris, car il aurait été impoli de m'en aller avant qu'il me l’eût offert, je vais rejoindre Hamelin qui gardait les bagages. Je remonte à cheval, et, accompagnés de deux soldats turcs, nous nous rendons à notre logement. La ville est en gradins et fort en pente. Nous entrons dans une chambre de plain-pied et sans fenêtre, puis dans une seconde, entourée de fenêtres et qui se trouve à la hauteur du premier. Nous jouissons d’une vue splendide sur toute l’étendue que nous venons de parcourir. Il y à tout autour de la pièce une espèce de divan, mais dont les coussins fort sales ne nous serviront qu’à boucher les fenêtres cette nuit; ces fenêtres se composent simplement de grillages en bois; une petite chambre à côté servira de cuisine et de chambre pour les domestiques.

Une fois les bagages rangés et nos lits de camp dressés, pendant qu'on prépare la cuisine et qu'Hamelin procède à une véritable toilette de noce, je reste sur le seuil de la porte à profiter des dernières minutes de jour. Tout le village est en émoi par l’arrivée d’étrangers et le type ture nous entoure dans toutes ses variétés.

Deux individus dans la foule s’avancent vers moi. Ils parlent fort correctement le français; l’un est un Turc de Diarbékir, employé au télégraphe; 1l cause volontiers et me fait part de l’importance télégraphique de Bashkalah. Les dépêches européennes pour la Perse, venant de Turquie, doivent y passer; puis c’est le centre de rayonnement de trois lignes intérieures, Van, Djoulamerg et Diliman. Le télégraphe transmet en moyenne, me dit-il, cent dépêches par Jour. L'autre individu est Italien, établi à Bashkalah; en ce moment il donne l’hospitalité à un Français, le R. P. Réthoré des Dominicains de Van. Je le prie aussitôt de me conduire chez lui, en moins de cinq minutes nous avons atteint la maison. Je présente mes hommages au Révérend Père et nous par-

tageons la Joie que ressentent deux compatriotes qui se rencontrent si

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loin de leur pays; avec lui est un ingénieur hongrois, M. Alexandre, chargé d'établir une route carrossable entre Bashkalah et Van. Avec le Père Réthoré nous causons de voyages, de Paris, de la difficulté et de l’ingratitude de sa mission dans un aussi pitoyable pays.

Le Révérend Père me remet un mot pour son collègue de Van, qui sera enchanté de nous donner l'hospitalité. L’Italien nous offre du thé et

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