MANTEAU KURDE
un représentant qui à sous ses ordres quelques soldats. Nous allons chez ce fonctionnaire ; nous lui montrôns la lettre du pacha de Bashkalah et il nous ouvre la maison du gouverneur, située devant le torrent, à deux pas d’un petit pont en pierre. Le chef de poste, voyant arriver des étrangers et sachant par les soldats qui nous accompagnent que nous sommes assez généreux, met beaucoup de complaisance à nous installer : les chevaux sont introduits dans la chambre du bas et nous montons
dans une chambre supérieure par une échelle.
21 septembre.
Aussitôt levés, nous faisons à pied le tour de la forteresse et de ses dépendances, entourées d’un mur d’enceinte carré dont chaque côté a
environ cinq cents mètres. Le château fort, situé sur un rocher à pic de
soixante-dix à quatre-vingts mètres de haut, occupe le coin sud-est de
l’enceinte et domine le défilé par lequel nous sommes arrivés. À mi-côte, une petite construction en ruines devait communiquer avec l’intérieur par un souterrain dont nous n'avons pu trouver trace. Longeant le côté est, nous voyons une grosse tour à un angle du château ; le mur d’enceinte
continue, crénelé, flanqué de temps à autre de tourelles, mais, au lieu de
contourner le monticule, remonte jusqu’à la crête d’un mamelon voisin
où se trouve un autre petit fort. À l’intérieur de ce mur, dans le grand creux entre le mamelon et le rocher principal, sont les ruines de maisons en pierres où venaient se réfugier en cas d’invasion les paysans d’alen-
tour. Nous revenons au point de départ et Je prie un soldat de nous
accompagner pour nous montrer l’intérieur de la forteresse.
Il y avait une grande porte sur la face ouest ; maintenant une brèche énorme la remplace ; nous montons par un escalier taillé dans le rocher, sorte de chemin de ronde, et arrivons à l’entrée du château fort. La porte en fer de cette entrée, qui est la seule, est obstruée à l’intérieur par des éboulements qui empêchent de l’ouvrir; cette construction paraît d’une époque plus récente que le château ; la porte est située au bas d’une grosse tour ronde de dix mètres de diamètre, appuyée sur le rocher même qui sert d’assise au château ; la porte est toute petite, en fer, bardée de clous énormes ; deux grosses pierres forment les chambranles, une autre sert de linteau, un dessin de torsade en forme d’ogive la surmonte ; au-dessus, dans un cadre d’arabesques, une inscription arabe ; par-dessus encore, une palme persane flanquée de deux panthères sculptées en relief dans de
petits panneaux ; le tout sur un damier noir et blanc. Tout cet échafau-
dage de dessins est surmonté d’une rangée de pierres noires en forme de
boule, se détachant sur les pierres grises et faisant le tour de la tour.
Ne pouvant entrer par cette porte, nous grimpons dans les ruines à
travers un dédale de pièces dans lesquelles il est difficile de se reconnaître. Du grand divan, où devait se tenir le seigneur du château, belle pièce avec de grandes baies ouvrant sur le rocher à pic, on à une vue splendide sur les environs. Dans le salon des femmes et dans leurs chambres, quelques traces grossières de peinture sur les murs. Tout est non seulement délabré, mais démoli ; les pans de murs subsistent, mais les toits sont effondrés, les couloirs obstrués, les souterrains bouchés.
Comme nous voulons aller partout, même dans les endroits les plus
FORTERESSE DE MAKMOUDIERH.
ne
D'OURMIAH A VAN. 127
difficiles, pour nous rendre un compte exact de la distribution des pièces, nous sommes obligés de prendre les plus grandes précautions pour ne pas tomber dans les trous. Du haut des constructions, la vue s’étend fort
loin. Dans cette position imprenable on comprend l’orgueil des seigneurs
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