‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 67 sur 210 · DESSIN · texte numérisé non relu

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pas vu; les perdrix seules, en grande abondance, nous offraient de temps à autre la distraction d’un coup de fusil. La vallée s’élargit ; le torrent a reçu quelques affluents et a près de cinq à six mètres de large en plusieurs endroits ; plus loin, le lit n’a aucune profondeur, le torrent s’éparpille en une multitude de ruisseaux sur une grande étendue ; l’herbe pousse haute et serrée et des ajoncs, des broussailles et de petits arbustes croissent sur ses bords ; il se nomme le Tersan où Koshab-tchaï, du nom du village situé au pied de la forteresse, et va sejeter dans le lac de Van.

Chemin faisant, nous rencontrons un individu habillé à l’européenne, en train de camper et qui vient nous dire bonjour en français ; c’est un Turc de Constantinople, nommé sous-gouverneur à Amadiah, dans le vilayet d’'Hakkiari ; il a une peur affreuse d’être attaqué en chemin, il compte demander quinze soldats pour l’accompagner ; il prendra la route la plus fréquentée, par Bashkalah ; 11 s'étonne que nous tenions à nous rendre dans cette ville par le chemin que nous allons suivre. Il nous invite gracieusement à fumer et à nous reposer avec lui, mais comme nous voulons arriver ce soir à Van, nous ne descendons pas de cheval; nous nous souhaitons mutuellement bon voyage ; nous espérons nous revoir à Amadiah.

La vallée se trouve de nouveau resserrée entre deux collines de rochers à pic et le fond est réduit au lit du fleuve ; un petit pont le traverse, mais 1l est en si mauvais état que nous préférons passer à gué. Cette vallée, qui aboutit au lac de Van, est fertile et pourrait produire beaucoup. plus si elle était exploitée, Au loin, nous voyons les petits hameaux de Zernak et de Hindostan; ils ont à peine cent habitants chacun.

Le ciel se couvre subitement ; un orage très violent éclate, l’eau tombe comme d’une cascade et au bout d’une demi-heure le ciel est redevenu superbe; je n’ai jamais vu ce phénomène arriver et disparaître d’une façon aussi prompte. Nous traversons le petit village de Norkieg et nous nous apprêtons à faire l’ascension du dernier mont qui nous sépare de Van; sauf les ruisseaux grossis, il n’y à plus trace de l'orage ; au commencement de la montée toutefois, le sol très argileux ressemble à de la glaise ; 1l est fort glissant.

Enfin nous sommes au col. À un détour du chemin, nous avons une vue magnifique : toute la vallée de Van s'étend devant nous ; au milieu la citadelle et le rocher de Van qui domine la ville et l’immense tache

; : DE ? GR SN aid is verte des maisons ; au fond, en face de nous, au nord, le pic du Cipan par

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