‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 73 sur 210 · QUO · texte numérisé non relu

QUO

consulat, près de la porte. Le chef de police passe, remarque le domestique et le cheval ; il rentre chez lui, fait un rapport et dénonce le procureur comme ayant des rapports avec le consul. Le gouverneur, sans prendre d'informations, dénonce à son tour le procureur qui ne se doute de rien, et le fait destituer. Le malheureux réclama, prouva son innocence; on lui donna raison, mais sa place ne lui fut pas rendue,

Nous sortons de la ville du côté du lac, en faisant le tour de la forteresse. Le rocher de Van est une masse importante de cinq à six cents mètres de long sur quatre-vingts de hauteur et autant de largeur à la base. Il se dirige de l’est à l’ouest. Le rocher, en maint endroit, porte des inscriptions cunéiformes ; elles sont placées tellement haut qu'il est presque impossible d’y atteindre. Schulz les copia le premier à l’aide d'un télescope, du haut d’un minaret voisin ; puis M. Deyrolle, à l’aide d’échafaudages soutenus par des cordes, en prit l’estampage,

Le rocher de Van contenait une inscription trilingue qui aida puissamment les savants dans leurs recherches et leurs études sur les écritures cunéiformes, Elle rapporte les hauts faits de Darius, fils d'Hystaspe, Ces Inscriptions, quoique l’écriture en soit pareille, ne sont pas tout à fait du même genre que celles de Ninive et des ruines assyriennes. Lorsque les rois assyriens vainqueurs voulurent commémorer le souvenir de leurs passages en en gravant le récit sur les rochers, ils firent subir aux S19nes cunéiformes des modifications, sans doute pour pouvoir représenter les dialectes des peuplades de l'Arménie ; de là le nom d’Arméniaques donné à ces inscriptions. Elles ne peuvent se lire que bien imparfaitement t,

S1 le nom de Van a été donné à cette ville, du nom d’un roi assyrien, son second fondateur, la véritable fondation de Van remonte à Sémiramis, qui, selon Moïse de Khorène, fit venir trente mille ouvriers d’Assyrie pour construire des jardins et des palais dont le renom s’est conservé jusqu’à nos jours, quoiqu'il n’en reste aucune trace, Sémiramis fut frappée de la beauté du paysage du lac d’Akthamar (lac de Van) et résolut de s'y faire une résidence d’été. Moïse de Khorène, dans son histoire d'Arménie, décrit avec enthousiasme les cavernes, les colonnades, les IusCriptions qui faisaient partie des travaux.

I. Avant que Mesrob eut inventé l'alphabet arménien, il existait des signes idéographiques c'est-à-dire représentant un mot, une idée, et que l’on retrouve encore dans les anciens manu- Scrits; tout porte à croire que ces signes devaient être employés du temps des cunéiformes, et

qu'on trouverait peut-être, en s’aidant de l’ancien arménien et du géorgien, une clef pour le

déchiffrement de ces inscriptions, (Gatteyras, l'Arménie.)

Page 1