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figure de soldat : il ressemble beaucoup au maréchal de Mac-Mahon, dont il est, du reste, l’ami.
Le général nous reçoit avec une grande bienveillance, s'intéresse à notre voyage et nous donne des conseils. Lui aussi a quelques doutes sur le succès de notre entreprise et ne nous en cache ni les difficultés ni les dangers. Il croit que nous aurons bien de la peine à arriver jusqu'à Van. Quant à aller plus loin, cela lui paraît très difficile. Il revient d’une tournée dans le sud, où sa présence a éfé nécessaire pour calmer la surexcitation des habitants et chasser en Turquie, pour quelque temps au moins, une troupe de brigands qui fait la terreur du pays. La route que nous devons suivre est à peine sûre. Le général nous remet une lettre (otkretnilist) sur la présentation de laquelle nous pourrons avoir des soldats d’escorte, si cela est nécessaire, et réclamer des autorités une protection plus efficace.
Hier encore, un bandit nommé Kérim a dévalisé sur la route plus de soixante personnes.
Embusqué avec seize hommes entre deux relais de poste, au détour d'un chemin, il à arrêté tous les voyageurs venant dans les deux sens et les à attachés aux arbres. Le soir venu, il a fait partir les chevaux chargés de son butin, puis, déliant les prisonniers, leur à rendu la liberté, Avant leur départ, il leur fit une légère restitution proportionnée à Sa Capture. À un pauvre diable auquel il avait pris seize mille roubles, il en rendit cinq cents.
Kérim joue les Fra Diavolo: il ne s'attaque jamais aux femmes. Un officier russe qui voyageait avec sa femme avait été pris parmi ces soixante malheureux ; il fut entièrement dévalisé. La dame, qui attachaït un grand prix à des boucles d'oreilles laissées dans la malle de son mari, les demanda en pleurant à Kérim : « Comment, dit-il, on a pris quelque chose à madame! Mais qu’on le lui rende, je ne veux rien prendre à une dame. » Immédiatement, il lui fait remettre tout ce qui Jui appartient, mais ne laisse rien à son mari, pas même le plus simple vêtement.
En quittant le prince, nous allons visiter le musée, que le docteur Raddée à la complaisance de nous faire voir en détail ; il arrive d’une excursion dans le Daghestan et nous montre toutes les curiosités qu’il à rapportées de chez les paysans.
Le soir, au moment de quitter Tiflis, je suis pris d’un accès de
fièvre qui me force à me coucher et à différer encore d’un Jour notre départ. Le lendemain, je vais bien et reste néanmoins à me reposer et à écrire, pendant qu'Hamelin, accompagné de Gérôme, fait une promenade hors de la ville. Enfin, le soir venu, nous réglons avec M?° Lecomte une longue addition, et nous nous quittons aussi bons amis qu'hôtes et hôtesse
peuvent l'être.