‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 83 sur 210 · DE · texte numérisé non relu

DE

oo { D A .

DE VAN À DJOULAMERG. 127

femmes nous insultent. Je ne sais ce qui serait advenu, si un des katerdyjis n'avait reconnu un homme de la tribu et ne lui avait dit que le consul de Perse le rendait responsable de notre sécurité, que sa femme et ses enfants, habitant Van, serviraient au besoin d’otages. Je propose à l’indvidu de lui donner ce qu’il voudra pour nous conduire: il fixe une somme, Je la lui accorde ; puis il demande le double. Le temps presse;

une brusquerie d’un soldat, d’un muletier peut être le signal d’un mas-

LA

sacre, J'accède à sa demande; les cris et les rires ne font qu'augmenter; on nous insulte, on touche à nos brides, à nos vêtements, à nos armes. L'homme réclame le payement de suite, il faut encore céder: la foule est là qui nous presse, tout le monde rôde autour des sacs et des bagages. Sous prétexte de se préparer, l’individu va dans sa tente pendant quelques minutes; enfin, il revient. Je le fais marcher en avant entre les soldats, et nous nous mettons en marche, au milieu de la foule qui cherche à détourner les chevaux de charge; les muletiers, Hamelin, les hommes les entourent; je marche le dernier. Sous prétexte de nous faire passer par un gué, on nous indique un endroit plus profond encore que celui que nous avions traversé tout à l’heure à cheval. L’eau entre dans nos bottes : un des chevaux de charge refuse de passer, et Je vois quatre hommes qui cherchent à l’égarer ; j'arrive juste à temps pour décider, par un vigoureux coup de fouet, le cheval à entrer dans l’eau et écarter les voleurs; on nous lance une gréle de pierres, mais heureusement on ne nous poursuit pas.

Il est onze heures du soir. Nous gravissons un sentier escarpé ; la lune se lève, cet, nous sentant plus en sûreté après ces émotions, nous trouvons quelque charme à admirer le pittoresque du paysage ; le campement et ses feux paraissent encore dans le fond de la gorge ; on entend toujours les cris et le tumulte qui n’ont pas cessé. Nous cralgnions, à un détour de route, une attaque, une surprise ; il n’en a rien été. Notre guide indigène nous annonce que Méraven est à une trop grande distance pour y arriver ce soir; qu’il y à non loin de l’endroit où nous sommes un village arménien et que c’est là qu’il va nous conduire. Après une grande heure de marche, nous atteignons, en effet, quelques misérables maisons en pierres, construites à la façon kurde. Tout le village forme comme un énorme pâté de quarante à cinquante mètres de côté; un seul toit, plate-forme en terre, qu’on ne distinguerait pas du sol si l’on n’était prévenu, couvre le tout ; à l’intérieur, c’est un inextricable dédale de

couloirs et de chambres, dans lesquels hommes et bêtes couchent pêlemêle et vivent de la même vie.

Nous arrivons à minuit passé, après quatorze heures de cheval. Nous frappons à une porte ; un individu vient nous ouvrir et nous demandons le chef du village ; Simon lui explique que nous désirons un abri pour la nuit. Il met sa chambre à notre disposition. On décharge les

=" Lg VI | -È > ÿ xs 4

Page 1