VILLAGE ARMÉNIEN DU KURDISTAN
bagages et nous nous installons à peu près au centre de cette taupinière, dans la pièce principale. À droite, à gauche, sur des planches, par terre, dorment dans des couvertures des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants.
28 septembre.
Un misérable marmot a crié toute la nuit et nous a empêché de dormir. A six heures, une faible lueur arrive par le trou du plafond, par où sort la fumée. Nous nous réveillons ; les hommes sont déjà partis. De tous les coins, de tous les tas de couvertures on voit sortir des femmes, des vieillards, des enfants ; nous devions être plus de quarante, sans
compter les animaux, dans cette chambre ; les femmes s’habillent devant
DE VAN A DJOULAMERG. 159
nous sans la moindre pudeur, puis elles s’occupent des soins du ménage : elles commencent par allumer le feu du four, grand trou en terre au milieu de la chambre ; en un instant la pièce se remplit de famée, elles gâchent la farine et l’eau pour préparer le pain ; puis elles s’occupent
d’habiller les petits enfants.
Quelques-unes sont belles femmes ; l’une même qui doit être, à l’autorité qu’elle montre, fille du chef, à un beau type, quelque peu semblable au type juif d'Algérie ; elle est grande, brune; elle a le teint
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