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FEMMES ARMÉNIENNES

bronzé, les yeux noirs, vifs, les traits réguliers, la taille svelte. Comme

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vêtements, des morceaux de cotonnade rouge, drapés et serrés à la taille ; comme coiffure, un bonnet haut devant, garni de pièces d’argent. Pendant que tout se prépare pour le départ, on vient me demander des consultations, car tout Européen qui s’aventure dans ces régions est regardé comme médecin. Presque tous ont des ophtalmies occasionnées par la fraîcheur des nuits d’été passées en plein air et par les nuits

d'hiver passées dans des intérieurs empestés de fumée. Je leur ordonne à tous d’abord de se tenir les yeux très propres, puis de se bassiner avec une infusion de thym aussi chaude qu’ils pourront l’endurer. Mais un médecin qui ne donne pas de drogues n'en est pas un, et, comme il faut les contenter, dans une petite fiole d’eau je verse quelques gouttes d’ex-

trait de Saturne et d’arnica, en leur recommandant de mettre quelques gouttes de ce mélange dans l’infusion.

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Nous partons ; je demande à un paysan de nous conduire ; 1l en coûte trop cher de se rapporter aux zapetiés. Au bout d’une demiheure, notre paysan nous abandonne, sous prétexte qu’il ne sait plus la route. Nous rencontrons heureusement quelques individus qui nous mettent sur la voie et nous arrivons sans encombre à Méraven.

Nous allons voir le Kaïmagan‘ qui nous offre du café comme toujours et nous donne deux autres zapetiés. Le village de Méraven n’a d'importance que parce qu'il à un poste de dix soldats et qu’il est la résidence d’un représentant de l’autorité ; il se compose d’une dizaine de maisons à peine. Les habitants s'occupent d'agriculture ; le pays est très fertile.

Je suis tout étonné, lorsque nous nous remettons en route, de voir des blés encore verts. Est-ce une récolte tardive ? Est-ce une deuxième récolte ? Simon ne peut me le dire. Nous nous arrêtons chez un laboureur du petit village de Dime, joliment placé sur le versant d’une large vallée, à sa bifurcation avec une autre ; nous ne pouvons aller plus lom aujourd’hui, nous serions obligés de passer la nuit au milieu de montagnes fort élevées, et nous risquerions de nous perdre ou de geler dans les nuages.

Comme il est de bonne heure encore, nous partons, Hamelin et moi, avec nos instruments pour relever quelques points importants ; malgré la boussole, nous avons heureusement pris soin de laisser derrière nous quelques points de repère. Nous étions à peu près à trois heures du village où se trouvait notre caravane et commencions à relever nos positions quand, soudain, une dizaine de cavaliers arrivèrent au grand galop sur nous. Nos armes étaient restées derrière un rocher à une centaine de mètres en arrière : nous n’avions pas le temps d’aller les prendre et de nous mettre en défense. Les cavaliers sautent de cheval, nous saisissent et nous dévalisent ; ils ne nous laissent pas le plus simple vêtement ; ils brisent nos instruments avec rage, se disputent nos dépouilles, puis ils se sauvent avec leur butin, nous abandonnant entièrement nus.

Par bonheur, nous n’avions pas d’autre mal que les marques de leurs coups; nous n’avions presque rien emporté, nous avions laissé tout au village pour ne pas nous embarrasser, nos fusils étaient sauvés, car les

brigands ne les avaient pas vus; mais nos appareils de géodésie, notre

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