STEAMERS ET GOELETTES DANS LES GLACES
Cependant, l’un deux nous disait toutdernièrement, ‘‘ qu’il regrettait de n'avoir pas placé ses capitaux dans l'achat d’un steamer pour faire la chasse aux loupsmarins : que s’il eût choisi cette carrière, il y a dix ans, il vaudrait dix fois plus qu’il ne vaut, avec moitié moins d’ennuis et de soucis. Encore aujourd'hui, ajoutait-il, si je pouvais me débarrasser de mon stock et de mes moulins, je n’hésiterais pas à consacrer tout mon avoir et mon énergie à cette entreprise.”
Malheureusement, ils sont exceptionnels les hommes d'affaires, ayant les moyens, qui connaissent aussi bien que les MM. Gagnou, les ressources de la côte nord et les richesses que recèlent les eaux du golfe Saint-Laurent.
11 faut se rendre à 150 milles plus bas que la Pentecôte, c’est-à-dire à 400 milles de Québec, à la Pointe-aux-Esquimaux, pour trouver le port d'hiver le plus vaste, le plus commode. le mieux situé de toute la côte pour la pêche au loup-marin. C’est ici que se tient le gros de la flotte du nord, (une vingtaine de goëlettes) ; c'est d'ici quelles partent tous les printemps à la poursuite des précieux animaux et de.
viennent trop souvent les jouets des vents, des glaces et des courants. Pendant quatre années constcutives, de 1881 à 1885, la capture annuelle de la Pointeaux-Esquimaux (20 goëlettes), de Nabashquan, (3 goëlettes) et des Iles de la Madeleine, (25 goëlettes), n’a pas dépassé 7,000 loups-marins. En 1881, elle avait donné un rendement extraordinaire de 58,000 pièces.
Cette année, elle est remontée au-dessus de la moyenne : quelques goëlettes même sont revenues chargées à morte charge, comme disent les Acadiens : Mais les années d’abondance deviendraient de règle au lieu d'être des exceptions, s’il y avait un steamer au milieu des’ goëlettes pour les sauver des contretemps, les délivrer, lorsqu'elles sont prises dans les glaceset leur ouvrir un cheinin dans la banquise contre laquelle elles se buttent en
vain, pour atteindre le gras et inoffensif troupeau des capots blancs qu'on aperçoit là-bas, là-bas, couvrant des champs de glace, aussi vastes en étendne que plus d'une province d'Europe,
La Pointe aux Esquimaux est sans contredit la capitale du Labrador cananien : Ne réunit-elle pas au-delà de 1200 habitants ? n'est-elle pas le siège d’un vicaire apostolique, Mgr Bossé qui mérite à tous les titres d'être appelé Sa Grandeur, car il est grand par son travail d’'es” prit, par ses connaissances, par l'affection raisonnée qu'il porte à ses ouailles, par le désir qu’il a d'améliorer leur sort, par le zèle qu'il déploie pour y arriver, par la conscience qu'il a de sa mission, par le besoin de développer les esprits par l’ins.
truction religieuse et même civile, par son patriotisme qui le porte à faire ren-
trer du même coup, quatre ou cinq’ cents
citoyens dans le giron national, en organisant politiquement les principaux groupes, par son caractère élevé et d’une sociabilité aimabl2, par sa taille imposante même. Songez qu'il mesure six pieds et quatre pouces en hauteur et qu'il pèse plus de trois cents livres. Hommage done à Sa Grandeur Monseigneur Bossé !
Sous le rapport physique, le curé, M, Giguère fait contraste avec Mgr Buossé :
je le crois bien l’homme le plus petit de l'endroit, mais comme il se grandit vite, à la rencontre, par sa vivacité, sa libéralité, son bon cœur ! on le voit une fois, il nous charme, deux fois, il faut l’aimer, Jugez alors de l'espèce de culte que lui ont voué les braves gens de la Pointe-aux-Esquimaux au milieu desquels il vit depuis plus de deux ans. A la pointe qui porte leur nom les Esquimaux n'ont laissé aucune trace : pas de tranchées, comme à la Grosse Ile Mécatina, chez M. Gaumont : (étaientce des fortifications étaient-ce les foyers de ces troglodytes ?) pas de murs disposés en carrés, en cercles nombreux et groupés attestant d’un village écroulé, comme on en voit à Blanc Sablon, et autres points de la côte, jusqu’à la Baie d'Ungava ; pas de
cairns en forme de ruche qui furent des magasins, selon les uns, des affûts, selon d'autres, mais qui ne sont probablement que les tomibeaux des Pharaons de cet empire éteint sous les neiges et les glaces. Le village enguirlande une pointe de sable, de maisons et de magasins d'un assez agréable aspect, propre à réjouir le cœur après une longue navigation le long d’une terre à peu près déserte et des rochers perdus, couverts de mousses en loques, de débris de poissons, de mollusques,de crustacés, où l’on n’entend que le mugissement des vagues et le cri d'oiseaux de proie plus monotone, plus trirte encore que les plaintes de la mer.
Au centre du village, l’église ou si vous l'aimez mieux, la cathédrale fait noyau :
à côté, la résidence de Mgr Bossé qui ne serait ailleurs qu’un humble presbytère est un palais ioi : il y a toutefois d'assez jolis cottages entourés de jardins, de parterres fleuris même semés çà et là sans ordre, depuis la rive jusque sur les côteaux voisins ; un ruisseau que la mer remonte, traverse la pointe du nord au sud, on arrière de l'église ; la rive est bordée d’une vingtaine de hangars bien entretenus, décorés du nom de magasins ; c’est Jà qu'on entasse les produits de la chasse et de la pêche, les dépouilles de la mer ; à l’extrémité nord, presqu'en ligne avec ces magasins, on nous indique le couvent des bonnes Sœurs de la Providence, source inépuisable de charité et de bienfaisance.
En face, à environ un mille de la côte, se äresse l’île du Hâvre, de formation calcaire d’uue stratification admirable ; une pile d’assiettes et de plats de deux à trois cents pieds de hauteur, assurant une entière protection contre les vents du sud et de l’ouest; l'ile des Morses (Walrus), à 3 milles plus bas, coupe les vents de l’est ; d’autres îles assez bien boisées servent de paravent vers le nordouest. En été, le port est accessible par l’est et par l'ouest, mais en hiver, on n'y arrive que par l'est, et encore,
c'est à l'entrée d'été, entre les îles des Morses et du Hâvre que le port se trouve tout entier; en arrière, jusqu'au village, la glace est compacte et solide. ‘C'est là qu'hivernent les goëlettes, la poupe acculée à la banquise et la proue en eau libre ; c’est de là qu’elles partent au printemps pour courir sus aux loups-marins. 1Ily faudrait une barrière ou brise-lames contre l'assaut des vents d'est qui parfois y poussent des glaçons par trop rudoyants; on nous laisse espérer que le gouvernement fédéral doit y pourvoir, l’année prochaine.
Tel est le site, tel est le port de la Pointe aux Esquimaux. Vous connaissez Mgr Bossé, à la fois l’âme et la Providence du Labrador, mais il nous reste à vous présenter la population qui compte, elle aussi, pour une large part, dans une entreprise de ce genre.
Sauf quatre ou cinq familles d’origine canadienne et Jerseyse, tous sont descendants d'Acadiens réfugiés aux îles de la Madeleine après le triste naufrage de leur patrie. Les premiers qui vinrent ici, il Y a un peu plus de trente ans, s’installèrent sur une plage déserte, envahie par des dunes de sable, Ils quittaient des parents, des amis, un sol généreux pour une solitude et une terre ingrate : mais là-bas, on voulait le, organiser en municipalité et ils avaient horreur de la loi. Le régime féodal leur pesait aussi. Ils préféraient courir les hasards de la fortune avec la liberté, au bien-être assuré avec des tronçons de chaîne du servage aux pieds. La chance les ayant favorisés, ils virent leur groupe se grossir et arriver en peu d'années à former le village imposant que nous voyons, qui prendra bientôt les proportions d’une ville, sous le souffle de l’industrie et avec l’aide des gouvernements.
Les familles les plus nombreuses sont les Vignault, les Cormier, les Landry, des noms les plus Acadiens possible.
Tous ces gens-là sont des pêcheurs doublés de navigateurs hardis et vigoureux
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sccoutumés aux rudes travaux de la mer, honnêtes dans la force du terme, faisant honneur à leur parole mieux que d’autres à leur contrats, Pas d'hommes de profession, de médecins, de notaires, d'avocats, pas de magistrats, pas de maire, de greflier, ni d'huissier ; rien qu'une famille heureuse vivant en harmonie sous l'œil paternel de ses prêtres.
Tout à l'heure, l’organisation politique, le mouvement commercial et industriel va brouiller tout cela. On serait tenté de le regretter, mais le progrès, la civilisation ne se duveloppent qu’à ce prix.
Dès aujourd’hui, on peut compter sur cent hommes de choix, disponibles entout temps, à la Pointe-aux-Esquimaux, à part les recrues qu'on pourrait avoir d’ailleurs pour la pêche au loup-marin.
Fait considérable à noter, la Pointe-aux- Esquimaux occupe à peu près le centre du champ ou parc de chasse du golfe, Les gros bataillons de phoques qui remontent le long de l’île d’Anticosti poussés par un fort courant passant presqu'en vue, on peut les atteindre en quelques heures de marche. De tous côtés, on est certain de rencontrer des banquises vivantes dans un rayon de cent à cent-cinquante milles au plus ; pendant que les steamers de Terreneuve font un trajet de quatre à cinq cents milles en pleine mer pour rejoindre les capots blancs. Si la passe entre les Rochers aux Oiseaux et le Cap Ray est libre, ils ne manquent pas de venir chasser dans nos eaux, quoique la distance à parcourir soit pour eux de plus de cinq cents milles. Notre position stratégique et géographique se trouve donc incomparablement supérieure ; mais ajoutons de suite que cette passe du Cap Ray est presque toujours bloquée, dans le temps de la chasse par des banquises infranchissables. En fût-il autrement, c’est dans les eaux du golfe et non sur la mer tourmentée de l’Alantique, à l'aventure, que les Terreneuviens viendraient tous lés ans charger leurs steamners de riches et abondantes dépouilles, Qui
sait, siun jour ou l'autre, nous ne verrons pas, ces spéculateurs hardis s'emparet des meilleurs endroits de nos côtes et venir ravir sous nos yeux les toisons d'or qui nous étaient réservées ?
A l'appui de ces considérations, nous citerons le rapport du commandant de la ‘* Canadienne” M. Wakeham, publié en 1886,
‘ La chasse au phoque en navire, dit-il, se fait par les gens des îles de la Madeleine, de la Pointe-aux-Esquimaux et Natashquan. En tout il y a environ 60 guëlettes, montées par 750 hommes, qui font cette pêche. Voici la 4me année de suite que cette pêche fait défaut. La dernière pêche moyenne a eu lieu en 1881, lorsque 58,201 phoques ont été pris. Cette année, la capturetotale n'a été que de 9,146 phoques. Le défaut est entièrement dû à l'action des glaces au commencement du printemps, qui empêche les bateaux de sortir du port et d'atteindre les endroits où ils se trouvent avant que les jennes phoques soient arrivés À un certain âge ; les bateaux font alors un voyage qui ne paie pas. Si nos pêcheurs de phoques avaient de puissants steamers comme ceux dont on se sert à Terreneuve, les chances leur seraient bien plus favorables qu'elles ne peuvent. l'être avec de petits bateaux à voiles. Les immenses champs de glace situés à la hauteur de l’est d’Anticosti, en eau comparativement calme, entre le courant qui monte le long de la côte nord et le courant qui descend entre l’Ile d'Anticosti et les îles de la Madeleine sont reconnus comme étant un endroit certai.
nement favorable à la chasse aux phoques. En temps favorable, des steamers venus de Terreneuve ont trouvé leur charger ent en vue de la Pointe-Est d’Anticosti. Il est plus facile d'atteindre cette glace avec des bateaux venant d’en haut qu'avec des bateaux venant d’en bas, même des îles de la Madeleine. Ce printemps, les navires de Terreneuve n'ont pu se frayer un passage à travers les glaces amoncelées entre le Cap Ray et
le Rocher-aux-Oiseaux. Nos goëlettes n'ont pu sortir et passer à travers les glaces qu'après que les jeunes phoques eussent pris la mer, Quelques phoques ont été pris au Labrador avec des rets :
dans ce qu’on appelle des pêches sédentaires. Ces rets sont placés en travers des endroits où le phoque passe, äans d'étroits passages, de manière à intercepter les phoques, lorsqu'ils vont vers l’ouest, en automne, et vers l'est, au printemps.”
Après de nombreuses campagnes dans le golfe Saint Laurent ; après une enquête minutieuse poursuivie pendant des années, M. Wakeman, a dû formuler un rapport consciencieux dicté par le devoir etla vérité. Ce témoignage délibérement donné par un homme pratique, un observateur émérite, un érudit préposé par le gouvernement à la surveillance de nos pêcheries, n’est pourtant que l'écho désintéressé de l'opinion générale des pécheurs, des planteurs, des missionnaires, des navigateurs, de tous les gens d’expérience de la côte ainsi que des armateurs de Saint Jean de Terreneuve avec qui le commandant a des relations fréquentes.
Nul ne peut le soupçonner d'intérêt personnel ou d’enthousiasme irrefléchi. Il formule son jugement de la façon la plus impartiale sans savoir à qui en profiteront les conséquences. Quitte x nous maintenant de le peser avec raison et de savoir en tirer parti.
Arrivons au vif de la question, au nerf de toute spéculation, l'argent ! Car, si nous voulons améliorer la chasse au loupmarin, augmenter la valeur de ses produits, il nous faut d'abord l'intelligence de la situation, mais ensuite et impérieusement une somme de $.... pour....
lo. Faire construire un steamer.
20. Bâtir des usines, des magasins, des hangars et dépendances.
20. Payer les salaireset traitements des employés, ainsi que les frais d'entretien des prémisses.
4o. Acheter les agrès, filets, etc., propres à la pêche à la morue, au hareng, maquereau, flétan et autres poissons.
ba. Acheter les graisses des pêcheurs ou goëlettes et autres ; plus ies barils à huile et à poisson, payer les frais de transport, d’emmagasinage,, de commission, etc.
D'après les calculs de M. Têtu, cette somme ne dépassera pas $100,000.
Or, cette somme de $100,000, considérable pour un chacun, énorme pour la plupart d’entre nous, devient insignifiante pour une compagnie à fonds social.
La formation d’une compagnie, voilà le pernier mot de l’entreprise.
11 suffit du concours de deux ou trois hommes d’affaires convaincus pour y arriver en quelques jours, en quelques heures peut-être. A preuve ! Pour avoîr soumis son projet à M. Gregory, le député ministre de la marine et des pêcheries, indéniablement l’un des meilleurs juges en cette affaire, M. Têtu en a reçu la réponse suivante, que nous reproduisons sans commentaires, et pour cause, car elle est l’autorité la plus concluante possible.
Lettre de TJ, U. Gregory, Ecr., Député Mi nistre de la Marine et des Pécheries pour 1: golfe Saint Laurent,
(Traduction)
Département de la Marine et des Pêcheries, Québec, 11 Février 1886
A Mons. F. A. TETU, 33 rue Saint J niques Ê ontréal, Cher Monsieur,
Pour réponse à votre lettre accompagnée de documents. je dois vous dire que je suis heureux de savoir que vous n’avez pas abandonné votre proj:t de former une compagnie pour la chasse aux loups-marins sur les glaces du golfe. Je me joindrais volontiers à vous, comme j'ai déjà eu occasion de vous le dire et résignerais la position que j’occupe dans ce département, si j'étais seulement vingt ans pius jeune ; queue en soit, je prendrai des actions dans cette compagnie.
J'ai examiné avec soin vos estimations de construction, de dépenses et profits : ils sont suffisants, mais vous avez mis vos profits bien au-dessous de la moyenne, si l’on doit prendre en considération nos fonds de pêche plus productifs et plus à la main que ceux de Terreneuve
A présent vous fixez le coût du steamer avec l'équipement, à $25,000 : je vous suggérerais d'élever votre capital à 850,000, si c'est possible, afin d’avoir deux steamers au lieu d’un seul, comme vous le proposez;
car deux steamérs pourront être construits à meilleure condition qu'un seul, et coûteront #47,000 vous laissant un fond de réserve de 53,000, pour pourvoir aux accidents et dépenses imprévues.
Maintenant, si vous ne vouliez pas utiliser ce steamer à faire la pêche d'été et d'automne avec vos rap nets et trawls, il serait constamment employé au transport de fret payant, des ports d'en bas, au SrPDapert d'effets du gouvernement, etc., etc.
__ De plus, un steamer comme celni-ci sta-
tionné durant l'hiver dans un port libre de glaces, soit à Betchewan soit à la Pte.
des Esquimaux, à 35 milles de l’Ile d’Anticosti pourrait rendre d'immenses services aux compagnies d’arsurances maritimes, avant et après la clôture de la navigation, quans il est presqu’impossible CRATOTAE
es steamers de Québec au secours des bâtiments naufragés, par rapport à la distance (450 milles) et à la construction de nos petits stamers qui ne leur permet pas de s’aventurer dans les glaces, à cette saison de l’année, où les naufrages sont les plus fréquents, c’est-à-dire à la fin de l’automne,.
Je puis vous faire voir, par les rapports de mon département, que 103 steamers, steamships ec bâtiments à voiles ont fait naufrage, ces dix dernières années, sur l'Ile d’Anticosti ; en moyenne, on compte 10 pertes totales par année ; vous pouvez par là juger des pertes de vie, et de cargaisons parfois très riches,
Si le steamship “ Titania,” qui a été jeté à la côte, l'automne dernier, à la Pointe-Est de l'Ile d’Anticosti, avait pu être secouru par un steamer comme le vôtre, il aurait probablement été sauvé, et dans tous les cas les passagers et l'équipage n'auraient pas été forcés d'’hiverner dans les bois, exposés a toutes sortes de privations ; car voussavezqu'il n’y à que quatre phares sur cette île, à 75 milles les uns des autres et que les habitants & sont fort clair semés et peu sprint 8.
Le SS. ‘ Brooklynn,” naufragé en même temps à quelques milles de distance avait une cargaison assurée pour un montant de $200,000 qui fut complètement perdue durant l'hiver. Un steamer stationné à la Pointe-aux-Esquimaux étant averti à temps aurait facilement sauvé le tout, avant l'hiver, et traversé la cargaison à Percé. distance de 60 milles, réalisant ainsi sang peine de $100,000 à #50,000,
Enfin, je vous encourage à continuer à
ne pas abandonner une entreprise de cette importance, Comptez sur moi pour toute l’aide et l'influence que je possède et dont vous pourrez avoir besoin.
Bien à vous, (Signé) J, U. GREGORY, Depté. Ministre. Mar. et Pêcheries.
Nous nous réservons, M. Têtu et moi, non comme un secret ou un mystère, mais comme matière à discussion entre gens plus ou moins liés, tant ce qui concerne :
lo Le devis du steamer.
20 Le plan d'ensemble des établissements, la raison d’être de chacun d’eux.
30 Les intérêts à rallier par l'économie et le trafic.
4o D'autres industries à créer, tant sur la côte que dans les villes—nctamment dans les cuirs.
5o Les pêches à la morue, au hareng, au saumon, au maquereau,—avec rets et filets perfectionnés.
60 Le personnel, à savoir le capitaine pilote, les agents, les commis, l'équipage.
7o Les ressources et les richesses naturelles de la côte à explorer et exploiter.
80 Les attaches locales d'intérêt commun, l’organisation municipale et politique, sans esprit de parti. +
90 Les rapports avec les assurances et les chambres de commerce, les informations télégraphiques -les sauvetages, —et äutres sujets qui naîtront de la discussion même.
Mon éloquence étant à bout, je vous livre à vos réflexions, bien sûr que vous réussirez à vous convaincre vous-mêmes de l'importance de de l’entreprise que je vous propose.
Montréal, 3 novembre 1887.
A, N. MoNTPETIT.