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MARCHANDE DE TORTILLAS

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tftrmiw'e à soa eitréniité par Doe corne de bœuf, — Cf'St lacojaie, — et tl'ooe large cailler à manche court, destinée ao nettoTa;;e et à Tagrandissement de Fentonnoir, ils plonç^ent dans le !ir|nide l'extrémité de la corne, appliquent leurs lèvres à rextrémîté opposée et font le vide.

iJacojate se remplit, et le contena est versé dans Foutre. On ajoute à ce liquide un peu de sucre, un peu de lait, et on le laisse fermenter. On olitient la liqueur connue sous le nom de mescal ûu piilque. Fraîche, elle a beaucoup d*analogie avec la limonade gazeuse à laquelle on aurait ajouté du lait; mais loi^quVlle a été transportée dans des outres en peau de bœuf, elle prend un goût que les Mexicains aiment fort, mais qui rappelle trop aux étrangers Feau de Baréges.

Avec les feuilles broyées du magey, on fait une sorte de papyrus ; leurs parties fibreuses servent de chaume à certaines toitures et se prêtent à la fabrication de cordes et de tissus grossiers. Il est une variété, de l'espèce dite Jil de prêtre, que les Indiens emploient pour tisser de fort belles étoffes. Enfin, les feuilles du magey sont armées de dards dont les Indiens font des aiguilles.

De même que le caballero, la Mexicaine aime passionnément Fexercice du cheval, et elle adopte de préférence ce mode de locomotion pour se

LE PULCHKUO

l'afic SSft.

rendre à son hacienda^ — sa maison de campagne, — ou à quelque fête donnée dans le voisinage de la ville. Elle n'a ni costume spécial ni selle paiticulière ; le large pommeau de la selle ordinaire lui tient lieu de fourche, et elle est aussi solide sur sa monture que Thomme.

L'équitation toute spéciale que pratique le Mexicain le rend très-hardi et très-souple cavalier. Grâce au mors dont il fait usage, — qui est très-dur et a beaucoup d'analogie avec le mors arabe, — il est facilement maître de son cheval, et arrive à le manier avec une remarquable habileté. Aussi est-ce à cheval que le Mexicain aime à faire parade de sa force et de sa souplesse : sauter des obstacles, enlever son cheval de pied ferme, le lancer à toute vitesse sur un parcours de cinquante mètres et l'arrêter net, frémissant, au point indiqué; étant au galop, ramasser à terre une monnaie, un mouchoir; se servir de la lance, de l'épée, de la carabine ou du revolver à toutes les allures, ce sont là pour lui autant de jeux d'enfant.

L'exercice auquel le Mexicain excelle, c'est celui du lazzo, l'arme nationale. Le /azzo est une longue corde de la grosseur du petit doigt, trèsfinement et très-solidement tressée, et se terminant par un nœud coulant. Roulé en huit ou dix

M AU MEXIOCE.

cercles lâches, le Aïzio esl toojoars siispeoda à la %e\l*fy à portée de la maio droite da cavalier. Il devient parfois ane arme de guerre, mais son emploi est surtout fréquent dans la chasse donnée aux animaux qui paissent dans les immenses pâturafjes des haciendas, et qui se comptent par milliers. Laissés en liberté dans ces solitudes sons la garde de quelques vaqueras, ces troupeaux de chevaux ou de bœufs conservent presque toujours leur état sauvage.

A l'époque du dénombrement des troupeaux, comme il faut marquer au fer chaud les sujets nouveaux, on s'arrange pourries attirer près de la source on de la mare à laquelle ils viennent d'habitude se désaltérer. A cet effet, on répand dans le champ d'à côté de grandes quantités de sel dont ces animaux sont très-friands, tandis que les propriétaires et les vaqueras installetit leur outillage de marque dans le voisinage.

La marque du bétail est une occasion pour le Mexicain de déployer son adresse ; c'est une fête à laquelle la jeunesse des environs est toujours invitée.

En arrivant sur le terrain, les cavaliers entourent l'abreuvoir, mais ils se tiennent à une distance suffisante pour ne pas effaroucher les animaux. Ceux-ci paraissent bientôt, conduits par le cabes-

tro, bœuf apprivoisé, ou par une cavale, au cou de laquelle est suspendue une clochette et qui mène la bande des chevaux. Il y a naturellement plusieurs cavales et plusieurs cabestros; chaque conducteur a la direction d'une tribu. Dès qu'un groupe esta l'abreuvoir, les cavaliers distinguent les animaux non marqués dont il s'agit de s'emparer. C'est ici que le lazzo entre en scène.

Après s'être distribué les rôles, deux cavaliers s'attachent spécialement à un animal, cherchent à le pousser dans la direction des marqueurs, et lorsqu'ils jugent le moment favorable, l'un vise les cornes, l'autre une des jambes; puis tous deux ensemble font tournoyer le lazzo au-dessus de leur tête et le lancent du côté du nœud coulant, en retenant l'autre extrémité enroulée au pommeau de la selle. T/animal ainsi saisi est brusquement renversé par le choc que produit le lazzo tiré en sens inverse par le cheval au galop. Les vaqueros se jettent aussitôt sur lui et le maintiennent à terre au moyen d'un joug, pendant que les marqueurs lui impriment le fer chaud sur la cuisse droite. L'opération se renouvelle ainsi pour tous les jeunes animaux, bœufs, vaches ou chevaux.

La fête du marquage sert souvent de prétexte au dressage à la selle des chevaux de quatre ou cinq ans.

Voici comment on procède : le cheval désigné ayant été pris et renversé, on lui met de fortes entraves aux quatre pieds, puis on le relève et Ton attache solidement ces entraves à quatre piquets. On caresse l'encolure du cheval pendant qu'un vaquera lui frictionne rapidement les reins et qu'il remplace brusquement la friction par un tapis et une selle ; le tapis, garni de grelots et de trois petites pointes en fer, enveloppe presque entièrement Tanimal.

Celui-ci se défend d'abord aussi énergiquement qu'il peut, puis il finit par garder l'immobilité.

On profite de ce moment pour ôter vivement la selle, passer au cheval le mors et la bride, et le faire monter par un vaquera qui descend et remonte plusieurs fois, tantôt à droite, tantôt à gauche.

Lorsque l'animal parait assoupli, on lui enlève ses entraves. Le vaquera est resté en selle; alors le cheval se livre à tous les bonds imaginables et emporte son cavalier dans une course folle.

Mais l'état nerveux dans lequel il se trouve détermine promptement la fatigue et le force au bout de peu d'instants à s'arrêter épuisé. On l'entoure, on le flatte, on le fait ramener au point de départ, puis on le conduit kY hacienda. Le cheval est dompté.

L'usage constant du cheval aaiiiené la jeunesse mexicaine à inventer une foule de jeux dont les scènes rapides et variées nécessitent autant de vigueur que d'adresse.

Comme l'Espagne, le Mexique a ses courses de taureaux, mais dans les grandes villes seulement. Dans les pueblos qui ne peuvent pas supporter les dépenses d'une corrida sérieuse^ on organise des novilladas. Ces jeux se prêtent à nombre de tours d'adresse : par exemple, on lazze le taureau lancé sur un cavalier, par un pied désigné d'avance, et on le fait rouler dans la poussière; ou bien Ton arrive derrière lui au galop, on lui saisit la queue qu'on tourne vite autour du poignet, et on le jette sur le flanc. Ou encore on l'attend de pied ferme, et, au moment où il fonce sur vous la tête basse, on lui saisit les cornes, et d'un vigoureux coup de reins on le renverse.

— Jamais les novilladas n'entraînent mort d'homme. *

/ Quand le créole mexicain n'est pas à cheval, ou auprès de sa seûora, à coup sûr il courtise le jeu. Il apporte dans cette distraction une passion extrême, mais il tient à honneur de conserver, dans le gain ou dans la perte, la plus imperturbable impassibilité et la probité la plus scrupuleuse. Tel voleur de grand chemin qui n'hésiterait pas à vous détrousser sur la route, ne vou-

5# AC MEXIV^E-

draic pour rien aa monde, daas o::e salle de jea, Toos faire tort d*an réal.

Dans les maisons de jeu, à !a Vera Onz sartoat. on jone à la tjaditionnelle roulette; mais le jeu national est le monte j s>rte de lansquenet pour leqnel on ne fait usage que des cartes espagnoles.

Xous avons vu des joueurs risquer leur fortune sur une carte, perdre, allumer une cigarette et s*éloigner en se drapant majestueusement dans leur sarape. 3Iais nous n'aurions éprouvé aucun étonnement si, le lendemain, nous avions retrouvé ces mêmes joueurs en train de dévaliser une diligence*

\je% 3Iexicains comprennent si peu qu^on puisse se passer de la roulette ou du monte que le personnel d^une maison de jeu, sa voiture et son outillage, trouvèrent tout naturel de prendre place, un beau matin, parmi les bagages de notre colonne en marche. Arrivés à Téiape, banquier et croupiers parvenaient toujours à se procurer, même lorsque nous étions à court de logement, un local pour dresser le tapis vert; et les officiers qui avaient des économies à perdre n^étaient jamais en peine pour découvrir le chemin de la roulette. On v joua si bien , on \ perdit si royalement, qu'un beau matin, au rapport du général, le colonel L... demanda que le dii*ecteur

de la roulette fût iû vite à ne plus suivre la colonne. Mais il avait compté sans le commandant de C . . . , grand et beau joueur, qui prit la défense de la roulette, prouva que c'était une innocente distraction dont il ne fallait pas priver les officiers, et tenta de fléchir le général en lui faisant un sombre tableau de la monotonie de l'existence à laquelle nous étions condamnés. Le rapport fut, ce jourlà, des plus mouvementés et des plus divertissants; néanmoins, l'habile et surtout spirituelle plaidoirie du commandant ne désarma pas le colonel, qui persista dans sa demande et obtint gain de cause.

Un sentiment très-développé chez le Mexicain, c'est le sentiment de la dévotion; on le devinerait rien qu'à voir le nombre extraordinaire d'églises, de couvents, de chapelles, de calvarios. Le clergé, qui jouit dune grande influence sur la population, fait en sorte de la maintenir, de l'affirmer par tous les moyens en son pouvoir, déployant dans certaines circonstances une pompe qui est loin de la simplicité pratiquée en Occident. Ainsi, à toute heure du jour, on voit circuler dans les rues une voiture dorée, attelée de deux mules richement caparaçonnées et précédées d'un lepero^ qui porte d'une

* Les leperos sont une très-curieuse clientèle des Padres et

main une table recouverte d'une toile blanche, et de l'autre une sonnette qu'il a^jite sans relâche. C'est le Saint Sacrement qui passe; un Padre le porte à quelque riche malade.

Aussitôt la circulation est interrompue sur le passage de la voiture ; tout le monde s'arrête ; les cavaliers mettent pied à terre ; dans les maisons les occupations cessent, et chacun se découvre, s'a(][enouilie et prie.

A l'heure de V Angélus, les passants s'arrêtent, récitent tête nue un Pater et un Ave y puis ils se souhaitent les uns aux autres une buena noclie et rentrent.

L'antique et belle coutume de la prière du soir, qui réunissait les maîtres et les serviteurs dans une commune pensée de la Divinité, est restée en honneur au Mexique, surtout dans les haciendas.

Quand on est témoin de la dévotion du peuple mexicain, on est très-surpris, pour ne pas dire tristement impressionné, par les scènes qui suivent la mort d'un petit enfant.

des moines. Ces mendiants, fort nombreux au Mexique, dont une catég;orie porte le nom de Pordio sero, mendiants pour Dieu, sont logés dans des vaciendad ou maisons appartenant au clerg[é. Malgré les soins dont ils sont l'objet, les leperos fournissent un assez gros contingent aux bandes de voleurs; mais tout ce qui appartient au clergé leur est sacré.

Ln, au lieu des pleurs que nous répandrions, règne la gaieté; la douleur y éclate en manifesta* tjons bruyantes, et pendant que les parents et les amis vont, viennent, mangent et boivent au milieu d'une surexcitation extraordinaire, le petit mort, — hier encore le rayon de soleil de la maison, — attend à l'écart, dans son berceau couvert de fleurs, qu'on le prenne pour le porter au cimetière !

Il ne faudrait pas croire que cette coutume fût le résultat de Findifférence ou de Tinsensibilité. Au Mexique, elle émane de cette croyance, que l'enfant qui a vécu ce que vivent les fleurs, et dont Tûme s'envole dans le rayonnement de sa pureté, passe aux anges. Le Mexicain en conclut que c'est un devoir de se réjouir; — pleurer, ditil, serait méconnaître une grâce de la Providence.

Sans cette explication, cette coutume nous semblerait barbare, et d'autant plus inexplicable que le Mexicain est d'un caractère doux.

La politique seule le rend féroce, témoin certains décrets des libéraux contre les conservateurs, ou de ces derniers contre les partisans de Juares.

Ainsi, le 3 juin 1861, Ocampo, libéral influent, est saisi et fusillé par ordre de Marquez. Aussitôt

le j^ooremeiDent de Joares déclare hors la loi les g^nénuix Harqoez, 3Ie]ia, Cobos, Vicaiio, Lozada, et met leurs fêtes â prix. Dix mille piastres et oneamutstie complète sont la récompense promise*

Le 11 arril 1861, après la bataille de Tacobaja, 3Iarqaez adresse Tordre sairant ao général Miramon:

« Dans raprès-midi de ce joor et sons Totre « pins stricte responsabilité, vons donnerez ^ Tordre de fusiller tons les prisonniers dn grade « d*officier, et vons mlnformerez de lenr nom- « bre. »

Antre décret de Marqnez :

« En vertu des pouvoirs dont je suis investi, - je décrète :

M V Jnares et cenxqni reconnaissent son gon* • vernement et Ini obéissent sont déclarés traîtres « an pays, ainsi que tous ceux qui Taident direcu tement ou indirectement, quelque pen que ce « soit.

tf 2* Tous les individus compris dans une catétf gorie ci-dessus spécifiée seront immédiatement •< fusillés, sans autre formalité qnela constatation «< de leur identité, n

D'ailleurs, en avril 1862, Juares répondait à ces mesures par des ordres tout aussi sauvages : tf eu déclarant traîtres et punissant de mort tous

tt ceux qui prêteraient à rennemi un concours de u quelque nature que ce fût. »

Et voilà sur quelle pente sanglante le Mexique glissait, lorsque Fintervention étrangère survint pour son plus grand bonheur; car seule la nécessité de se défendre a révélé à cette nation la vigueur dont elle était capable. Nous lui avons appris, à nos dépens, l'art de faire la guerre ; elle a puisé dans son patriotisme cette grande vertu : la persévérance dans la lutte.

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