CAVALIER MEXICAIN
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cuisse sont reliées ensemble par une lanière que le cavalier boucle autour de la ceinture.
Jetons maintenant un coup d'œil sur la société mexicaine et sur ses coutumes. Elle offre plus d'un côté pittoresque et intéressant.
L'accueil dont les officiers français ont été l'objet de la part de cette société est resté proverbial. On sait qu'il est d'usage dans ces familles, — aussitôt une certaine intimité établie, — que les hommes y soient appelés par leur prénom, et qu'ils donnent aux femmes comme aux jeunes filles le diminutif de leur nom de baptême. La différence des conditions sociales n'est pas toujours un obstacle à ces familiarités ; et il est arrivé, au temps de l'occupation française, que telle ordonnance était traitée de don Luis, tout aussi bien que don Juan son officier.
Une coutume ancienne autorise les personnes qui sont en relations suivies à s'aborder en se donnant l'accolade, un abrazzo, c'est-à-dire à entourer la taille d'une personne avec le bras droit et à lui donner deux ou trois petites tapes dans le dos. \^ abrazzo se donne simultanément par les deux personnes, et l'on pense bien que cette coutume n'était pas négligée par nos jeunes officiers auprès'des gracieuses sefloritas.
Tja novia atteint généralement son épanouissement presque complet entre quatorze et seize ans. Elle est pleine de vivacité ; elle adore la musique, les fleurs et la toilette. G*est la jeune fille mexicaine, la nina, Tenfant gâtée, adorée, adulée. Une fleur rouge dans ses cheveux noirs ou blonds, une bouche mutine, de grands yeux ardents, une démarche ondulée, en font une trèsadorable créature. Aussi autour d'elle les amoureux ne chôment pas.
Le préféré, le novio, — synonyme de fiancé, — jouit d'une foule de privilèges . Aux heures convenues il passe et repasse sous les fenêtres de sa jolie novia ; œillades, jeu d'éventail, petits gestes familiers de la main, sont la menue monnaie de ces amourettes. Le soir, à la tombée de la nuit, le noi;/o revient encore. Cette fois, la novia est debout dans la grande cage de la fenêtre du rezde-chaussée. Une grille les sépare ; mais que de douces choses ne peuvent-ils pas se dire! On échange des cigarettes, parfois la guitare se met de la partie, et c'est alors une longue complainte d'amour d'une naïveté charmante.
Si la langue espagnole a des crudités violentes, elle a aussi des expressions poétiques d'une douceur infinie.
Un tiers se trouve souvent mêlé aux duos du
L'AGUADOR
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novio et de la novia; c'est Vagiiador, le porteur d'eau. Il a ses entrées libres dans les maisons ; il remplit les fontaines, apporte les déclarations brûlantes du soupirant et emporte les consolations de la novia.
Le costume de Taguador a un cachet à part : il porte une chemise sans col, aux manches retroussées jusqu'aux épaules ; un ample caleçon relevé jusqu'au genou et recouvert d'une calzonnera de cuir ouverte sur les côtés ; il a la poitrine, le ventre et le dos garantis par des tabliers de cuir noir; sa tête est couverte d'une casquette en cuir, et soutient par devant, au moyen de longues lanières, une cantara, petite cruche en terre rouge servant à remplir la grande jarre ou chochocoles qu'il porte par derrière. Les aguadors sont tous Indiens. .
Le novio a parfois un autre allié, c'est le sereno ou gardien de nuit ; mais celui-ci est plus souvent un trouble-féte. Habillé d'une tunique et d'un pantalon à passe-poils jaunes, coiffé d'un large sombrero, armé d'un sabre forme coupe-chou, d'une lanterne, d'un porte-voix et d'un sifflet, le sereno s'installe au coin d'une rue, à la tombée de la nuit. Là, une lanterne à ses pieds, il annonce à haute voix, — toutes les quinze minutes, — l'heure, le temps qu'il fait, et la tranquillité du quartier. Survient-il un événement, un coup de
sifflet reteotit, et fous les serenos d'acconrir pour prêter main-forte à leur camarade.
Dans Fiatérieur des familles, Qrkce à la familiarité qui y règne et ne franchit pas d'ailleurs les limites des convenances, les causeries sont charmantes ; mais il est rare, surtout s*il y a des jeunes gens des deux sexes, qu'elles ne se terminent pas par la danse.
Les (piitares sont apportées, les chants commencent, et la liabanera, cette danse gracieuse et enivrante, sorte de valse à trois temps lentement rhythmée, entraine les couples enlacés, qui se quittent pour un chassé-croisé, puis se retrouvent pour s'enlacer de nouveau. Souvent le chant renforce les instruments.
Ce n'est pas à dire cependant que cette prévenance que Ton trouve au sein de la famille mexicaine ne s'égare quelquefois. Ainsi, cette familiarité dont nous parlions plus haut, et qui porte le Mexicain à tenir peu compte des distinctions sociales, donna Heu à Orizaba à une assez plaisante histoire.
Un officier, logé dans une famille aisée, avait distingué une des deux jeunes filles de la maison, charmante seiiorita dont les fort jolis yeux étaient bien dignes de tous les hommages. Fort sérieuse-
LE SEHENO
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ment épris de la charmante Caimencita, et du reste encouragé par elle et sa famille, le jeune officier s'était laissé doucement entraîner dans le sentier fleuri qui devait aboutir à une union légale.
Les démarches de rigueur avaient été faites, Tautorisation ministérielle demandée, et la recherche du jeune Français avait eu pour conséquence immédiate d'éloigner les novios qui forment habituellement le cortège de toute jeune Mexicaine : c'est le cadre obligé du joli tableau.
Or, il advint que les autorisations de France ayant été accordées, l'officier demanda à fixer le jour de la cérémonie dans le plus bref délai possible. La famille y consentit avec empressement; mais quel ne fut pas Tétonnement du fiancé en apprenant par la mère qu'elle' était bien aise de hâter le mariage de Carmencita, afin de le célébrer le même jour que celui de sa sœur !
Comme le lieutenant n'avait vu aucun prétendant assiéger sérieusement le cœur de sa future belle-sœur, la gracieuse Conception, Concita de son petit nom, il demanda des explications, et il apprit qu'un certain don Luis était le promis en question, et que ce don Luis était tout simplement... son ordonnance, cavalier au demeurant très-bien planté et d'agréable figure. Seulement, comme le disait la mère, le mariage était urgent
poor Concita, car le caralier avait été, paraît-il, beanconp plos eatreprenant que son officier.
En présence de cette situation, le lieutenant demanda et obtint immédiatement d'être enroTé en détachement à Cordova.
Quant à don Luis, libéré du senice peu de temps après, il fut autorisé à se fixeran Mexique, y époiua Concita et s'y fit des rentes.
Les maisons au Mexique ont beaucoup de rap* ports, quant à leur disposition intérieure, avec les maisons mauresques. Presque toutes possèdent une cour intérieure avec {][alerie sur laquelle ouvrent toutes les pièces. Cette cour porte le nom de patio» Chez les gens riches le patio se transforme en jardin ou huerta. Dans les grandes villes, comme Puebla et Mexico, les maisons ont un élage, dont la disposition est la répétition exacte du rez-dechaussée. Elles occupent une assez grande superficie ; les fenêtres du rez-de-chaussée sont larges, hautes, munies de grilles en fer ou en bois, et font saillie extérieurement.
Point de vitres dans les terres chaudes ; rien que de grands et solides volets en bois au milieu desquels s'ouvre un petit volet servant à éclairer l'appartement pendant les chaleurs de la journée, chaleurs qui obligent à tenir les grands volets clos.
Une allée cochère, sarjuan, fermée aux deux extrémités par une (grille, conduit au patio.
Rien de plus simple que l'ameublement d'une maison mexicaine, dont le brazero traditionnel et le plateau de cuivre chargé de papier et de tabac à fumer forment, dans ce pays où tout le monde a la cigarette aux lèvres, des objets de première nécessité. Cette simplicité se retrouve dans la nourriture, dont la médiocrité fait un singulier contraste avec la richesse du service de table. On en pourrait trouver la raison dans la sobriété du Mexicain, qui mange et boit peu.
Le Mexicain boit rarement pendant ses repas, presque toujours avant ou après.
Il remplace volontiers le pain par la tortilla, crêpe de farine de maïs très-mince, très- sèche, assez fade, et dont on relève le goût par une couche de cAï7e, piment doux, qui est le condiment obligé de la cuisine du pays.
Toutes les Mexicaines savent confectionner la tortilla, à condition d'avoir un outillage spécial, c'est-à-dire un metale, bloc de granit porté par quatre pieds courts de 25 à 30 centimètres de haut, légèrement concave et incliné, un rouleau de granit, une alla, vase plein d'eau bouillante dans laquelle on fait mollir le maïs, une calebasse destinée à recevoir
la pâte, et le cornai ou plateau de terre rouge placé sur un petit fourneau en terre, à feu trèsdoux.
Agenouillée sur une natte, la femme prend dans la alla une poignée de maïs qu'elle place sur le metale, et qu'elle écrase avec le rouleau. Aussitôt le maïs réduit en pâte, elle pétrit cette pâte entre ses mains et en fait des galettes, larges comme le fond d'une assiette, épaisses comme une feuille de papier, qu'elle jette dans le cornai; en quelques secondes la crêpe est cuite.
Ce n'est pas autrement que les tortillas se fabriquent sur les places publiques. Les marchandes, assises sur leurs talons, drapées dans leurs rebozosy attendent patiemment que la pratique vienne vider leur cliiquiciiuite, corbeille qui contient les tortillas enduites de cliile, pendant que, près d'elles, les marchands d*aqua fresca et de heladas installent sur un tréteau, ombragé par une vaste ombrelle, leur marchandise : fleurs, fruits, boissons de toutes sortes mélangées à de la neige du pic d'Orizaba.
Le fond de l'alimentation mexicaine se compose du pulchero ou pot-au-feude veau, de bœuf, de mouton, de porc frais, de volaille. On mange peu de gibier et peu de poisson, he fricoles, petit haricot rouge, accompagne toujours les ragoûts ; c'est le légume national, comme la tortilla et le