‹ Au Mexique, 1862:Chapitre 34 sur 46 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

des commissaires français a la nation mexicaine

Mexicains,

Nous ne sommes pas venus ici pour prendre parti dans vos divisions, nous sommes venus pour les faire cesser. Nous voulions appeler tous les hommes de bien à concourir à la consolidation de l'ordre, à la régénération de votre belle patrie. Pour montrer le sincère esprit dont nous sommes animés, nous nous sommes adressés d'abord au gouvernement même, contre lequel nous avions les plus sérieux griefs.

m APPESDICE

Sous lui aTODS deoiandé d'accepter uotre assistance pour fonder au Mexique un état de choses qui nous épargnât à l'arenir la aécessîté de ces expéditions lointaines dont le plus grand înconTéaient est de suspendre le commerce et de troubler le cours des relations qui pourront être si profitables à l'Europe et à votre propre pays.

Le gouvernement mexicain a repondu à la modération de notre conduite par des mesures auxquelles nous n'avons jamais entendu prêter notre appui moral et que le mondecivilisé nous reprocherait de sanctionner par notre présence. Entre lui et nous la guerre est aujourd'hui déclarée; mais nous ne confondons pas le peuple mexicain avec une minorité oppressive et violente. Le peuple mexicain a toujours droit à nos plus vives sympathies. C'est à lui de s'en montrer digne. Nous faisons appel à tous ceux qui ont confiance dans notre intervention, à quelque parti qu'ils aient appartenu.

Aucun homme éclairé ne voudra croire que le gouvernement issu du suffrage d'une des nations les plus libérales de l'Europe, ait pu avoir un instant l'intention de restaurer chez un peuple étranger d'anciens abus, et des institutions qui ne sont plus de ce siècle. Nous voulons une égale justice pour tous, et nous voulons que cette justice ne soit pas imposée par nos armes. Le peuple mexicain doit élre lui-même le premier instrument de son salut. Nous n'avons d'autre but que d'inspirer à la portion honnête et paisible du pays, c'est-à-dire aux neuf dj\iémes de la population, le courage de faire connaître ses vœu;(. Si la nation mexicaine demeure muette, si elle ne comprend pas que nous lui offrons une occasion inespérée

de sortir de Tabime, si elle ne vient pas donner par ses e£Forts un sens et une moralité pratiques à notre appui, il est évident que nous n^aurons plus à nous occuper que des intérêts précis en vue desquels la convention de Londres a été conclue.

Que les hommes trop longtemps divisés par des querelles qui n'ont plus d'objet, se hâtent donc de venir à nous. Ils ont entre les mains les destinées du Mexique. Le drapeau de la France a été planté sur le sol mexicain; ce drapeau ne reculera pas. Que les hommes sages Taccueillent comme un drapeau ami. Que les insensés osent le combattre !

DÉCRET DE JUARES

Article 1". — Du jour où les troupes françaises commenceront les hostilités, toutes les localités qu'occupent ces troupes sont déclarées en état de siège, et les Mexicains qui y resteraient pendant l'occupation seront punis comme traîtres, leurs biens seront confisqués au profit du trésor public, à moins qu'il n'y ait un motif légalement reconnu.

Art. 2. — Aucun Mexicain de vingt à soixante ans ne pourra s'excuser de prendre les armes, quels que soient sa classe, son état et sa condition, sous peine d'être traité en traître.

Art. 3. — Les gouverneurs d'État sont autorisés à délivrer des patentes pour la levée des guerrillas à leur discrétion et suivant les circonstances ; mais les guerrillas qui seraient trouvées à une distance de plus

de dix lieues de rennemi seront considérées et punies comme bandes de voleurs.

Art. 4. — Les gouverneurs des États sont également autorisés à disposer, selon les nécessités, de tous les revenus publics, et à se procurer les ressources dont ils auront besoin, de la manière la moins onéreuse possible.

Art. 5. — Les Français paisibles résidant dans le pays restent sous la sauvegarde des lois et des auto* rites mexicaines.

Art. 6. — Tous ceux qui fournirontdes vivres, des nouvelles, des armes à Tennemi, ou de toute autre manière lui prêteront leur concours, seront déclarés traîtres et punis de mort.

V Empereur au général de Lorencez.

« Paris, 13 jaia 1862.

« Mon cher génivral,

ft J*ai appris avec plaisir le brillant fait d'armes des Cumbres et avec peine la non-réussite de Tattaque de Puebla. C'est le fait de la guerre de voir quelques revers obscurcir d'éclatants succès; mais que cela ne vous décourage pas; Thonneur du pays est engagé, et vous serez soutenu par tous les renforts dont vous aurez besoin.

« Exprimez aux troupes sous vos ordres toute ma satisfaction pour leur courage et leur persévérance à supporter les fatigues et les privations. Plus elles sont loin, plus ma sollicitude se porte sur elles.

« J'ai approuvé votre conduite, quoiqu'elle ne semble pas avoir été comprise de tout le monde. Vous avez bien fait de protéger le général Almonte ; étant en guerre avec le gouvernement du Mexique, tous ceux qui voudront se réfugier sous notre drapeau auront le même droit à notre protection ; mais elle ne doit en rien influencer notre politique à venir. Il est contre mon intérêt, mon origine et mes principes d'imposer un gouvernement quelconque au peuple mexicain. Qu'il choisisse en toute liberté la forme qui lui convient, je ne lui demande que la sincérité dans ses relations extérieures, et je ne demande qu'une chose, c'est le bonheur et l'indépendance de ce beau pays sous un gouvernement stable et régulier.

a Sur ce, je vous renouvelle l'assurance de mes sentiments.

« Napolj^on. »

Le ministre de la guerre au général de Lorencez.

« 30 juin 1862.

« Je reçois à l'instant un ordre de l'Empereur qui m'impose l'obligation de vous adresser les obseiTations qui suivent :

a L'Empereur admire le courage déployé par les soldats dans l'attaque dirigée contre Puebla; mais Sa Majesté n'a pas trouvé opportune cette attaque; l'artillerie ne devait pas se mettre en batterie contre des fortifications à la distance de 2,500 mètres.

« L'Empereur vous recommande de conserver de bons rapports avec M. de Saligny, qui est son représentant au Mexique, aussi bien qu'avec le général Al-

monte et les autres chefs mexicains q ui viennent à nous .

« Le général Forey va bientôt prendre le commandement général ; jusque-là ne faites qu'organiser la résistance et vos approvisionnements.

a Le courrier va partir ; je ne puis que vous renouveler, mon cher général, l'assurance de ntes sentiments afPectueux.

Le ministre de la guerre au général de Lorences.

« 17 juillet I86â.

a J'aurais désiré vous voir au-dessus de ces préoccupations. Un général dans votre position a pour premier juge de ses actions sa conscience... Thomme droit et loyal, comme vous Têtes, n'a donc pas besoin de s'inquiéter de ce qu'un mauvais vouloir, peut-être la calomnie, cherche à soulever contre lui; il va son chemin, fait pour le mieux et dédaigne ces attaques subalternes qui, la plupart du temps, n'ont de valeur réelle que celle qu'on leur donne en s'en occupant... Aussi longtemps que le ministre de France n'est pas changé, vous devez avoir, sinon pour sa personne, du moins pour le caractère dont il est revêtu, la déférence que sa position comporte ; je vous en dirais autant pour M. Almonte... La mission que vous avez à remplir, mon cher général, n'est pas une mission purement militaire ; elle touche de prés à de trèssérieuses questions ; il faut s'élever à leur hauteur et ne pas se perdre dans le labyrinthe où les petites passions prennent position. »

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