Pour les anciennes relations de Berlioz, voir les Années
-romantiques.
2. Les Soirées de l'orchesire, déja mentionnées dans Ja lettre
du 4 juillet.
donner un concert en outre; ensuite je revien-—
drai en toute hate a Paris.
Je suis un peu mal a l’aise depuis vendredi; les
émotions du Requiem en sont cause. Tu n’as jamais —
manqué une pareille occasion d’entendre mon ou-
vrage. C’était colossal : nous étions prés de six cents;
jiavais fait construire un amphithéAtre dans le
cheeur pour élever mes choristes, et l’effet en a-
été d’autant meilleur. Tout le Paris élégant y assis-
tait; il y avait. l'Institut, les artistes célébres dans
tous les genres, et une foule compacte. J’ai eu le
plaisir de voir pleurer bien des gens. Le directeur
de ’Opéra a voulu, la veille de cette cérémonie, empécher tout le personnel de son théatre d’y prendre
part; le baron Taylor, notre président, a inutilement
tenté de le faire revenir de cette stupide décision,
prise contre moi uniquement. Alors jai fait savoir
la chose au ministre de I’Intérieur qui a immédiatement envoyé ordre au sieur Roqueplan Vafficher a VOpéra que Vinterdiction était levée. Ce soufflet
donné au monsieur a rendu plus piquant le succés que j’ai obtenu le lendemain. Au reste, tous les
artistes étaient résolus a venir malgré la défense. Cela fait grand bruit. Cette messe funébre était célébrée pour le repos de l’Ame du baron de Trémont, qui vient de Iéguer toute sa fortune aux artistes. :
Je suis désolé qu’aucun de vous ne se soit trouvé
1a; c’était une de ces solennités d’art qu’on ne voit que deux ou trois fois dans la vie‘, Me a Adieu, chére petite sceur.
4 ‘Mille amitiés & ton mari et & tes demoiselles, Ee H. BERLIOZ.
x P.-S. — On s’agite en ce moment pour faire exécuter mon nouveau 7'e Deum a la cérémonie du sacre qui aura lieu le 4 décembre. Mais je ne crois pas ; qu’on réussisse. Le Président n’aime guérela musique, et il faudrait dépeuser pour mon ouvrage une trentaine de mille francs. Si cela se faisait pourtant, je ‘irais pas 4 Weimar.
* Communiqué par madame Chapot.
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A SON BEAU-FRERE SUAT
Paris, 29 octobre 41852.
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Mon cher Suat, Voici un papier timbré que je regois et que pai lu. pit s’agit d’un procés qu’on nous fait pour un détour-
of
- 4, Saint-Saéns, dans le dernier article qu'il ait écrit en sa ie (Berlioz, dans le Ménestrel du 21 octobre 1921), a, aprés quelque soixante-dix ans, évoqué le souvenir de cette audition, % laquelle il avait assisté : « Je me souviens qu’au sortir @une exécution de son Requiem dans Féglise Saint-Eustache, je faillis ¢érangler un jeune musicien qui ne partageait pas mon admiration ! »
nement d’eaux, Qu’ai-je a faire 4 ce sujet? Rien sans vous en tout cas. Soyez assez bon pour me mettre au courant de la chose.
J’aimerais mieux étre accusé d’un détournement de mineure que d’un aussi prosaique détournement; mais — enfin on détourne ce qu’on peut,
Dites & Adéle que j’ai vu madame Boutaud et quéeje l’ai trouvée gracieusement bonne comme toujours. Son mari est bon aussi, mais moins gracieux. Je parle en statuaire, Ils sont allés l'un et l’autre au Requiem, Faites donc lire & Adéle le Constitutionnel d’avant-hier mardi,
Je me propose de vous envoyer dans quelques jours un volume que vous lirez, je Pespére, et que je me suis donné un mal affreux a écrire en francais, Quelle infernale langue! En tout cas, c’est a vous, Suat, que j’enverrai le livre, parce que vous étes le seul de la famille qui voudra bien s’y intéresser,
Mille amitiés.
Votre tout dévoué,
H,. BERLIOZ
P,.-S, — On court, on parle, on agit beaucoup en ce moment pour faire exécuter mon Ze Deum au sacre; j’attends une audience de I’Empereur,
Communiqué par madame Chapot.
A FRANZ LISZT
‘ Paris, 6 novembre 1852.
Cher ami, Je partirai au plus tard le 12 pour Weimar, et si je le puis le 10', Ainsi rassure-toi, Je suis désolé de t’avoir causé ce tracas, Mon affaire est presque sure, car s'il n’y a pas de sacre le 4 décembre, il yaura un Ze Deum a l’église Notre-Dame, et c’est ce qu’il me faut, En tout cas, je me prépare pour cette éventualité et nous ferons s’il se peut les deux choses, ssi CS SUR er ae eis Mek Ome See Se er Ce te cer er | Je n’ai pas le temps aujourd’hui de t’envoyer un programme détaillé, j’ai un affreux feuilleton a faire et la migraine.
Je te ’enverrai mardi prochain, Adieu, mille amitiés,
Ton dévoué, H, BERLIOZ,
Lettres a Liszt, 1, 245.
4. Liszt, on I’a vu par les lettres précédentes, avait organisé & Weimar une « Semaine Berlioz » qui eut lieu du 17 au 21 novembre 1852.