‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 18 sur 67 · AU VIOLONISTE ERNST · texte numérisé non relu

AU VIOLONISTE ERNST

Paris, 7 avril 1853.

Mon cher Ernst, Votre lettre m’a fait un grandissime plaisir et je — yous enremercie plus encore que de toutes les bonnes choses huilées que vous m’avez envoyées de Mar-— seille. Je sais combien peu vous étes écriveur et votre — lettre est en conséquence d’un grand prix.

Nous espérions presque vous voir & Paris pour la — fin des concerts ; il est vrai que, les concerts ne finissant pas, vous étes le maitre de venir quand il vous a plaira, sir que vous serez de tomber toujours au milieu d’une foule de petits et de moyens virtuoses — . qui encombrent tout, qui grattent partout, qui

“a tapotent partout. Le nombre des pianistes a surtout i Os été cette année exorbitant, c’est une nuée de saute- E , % relles qui s’est abattue sur Paris. Ceci faisait direa

Zimmermann derniérement : « C’est effrayant! tout ;

i monde joue du piano maintenant et tout le monde

en joue bien. » Cea quoi je lui ai répondu : « Eh bien,

cy ue Chant des Bretons, cheur pour voix d’hommes, paroles e Brizeux, musique de Berlioz, op. 13.

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mon pativre Zimmermann, il n’y a pltis que nots . deux qui n’en jouons pas. »

ra J’ai plusieurs fois ramené, Je ne sais comment, votre nom dans mes colonnes; je veux tacher dy faire figurer l’histoire du percepteur de Saint-Etienne. Sivori s’obstine & donner encore un concert, et pourtant on vient de lui voler trois mille frances, qu'il avait eu lVimprudence de ne pas fermer dans sa boite & violon.

Je suis malade depuis plusieurs jours et ne puis sortir; hier et avant-hier, je n’avais pas méme la force de vous écrire. Que diable allez-vous faire & ‘Toulouse? On parlait ici du mariage d’un de vos amis; mais puisque vous ne m’en dites rien, c’est que la chose sans doute n’est pas encore certaine.

Je vais probablement aller & Londres; le Directeur de Covent-Garden voudrait monter mon Opéra de Benvenuto Cellini; et si les conditions que je viens de lui envoyer sont acceptées, il me faudra encore recommencer le supplice dés répétions avec les chanteurs. .

Je crois enfin devoir étre engagé par Bénazet, pour un grand concert qui aurait lieu & Bade au mois daott, Le hasard ne vous conduirait-il pas de ce coté ? -

J'ai donné de vos nouvelles l’autre jour a miss Héléne Hogarth, qui est venue & Paris avec mademoiselle Clauss,

La New Philharmonic Society est en train de faire un four splendide entre les mains de Lindpaintner et du docteur Wilde qui n’a pas youlu absolument que je fusse réengagé cette année. Beale, & cause de cela, s’est retiré. Mais vous n’étes pas au courant de cette. doctorale intrigue et ce serait trop long & vous

narrer.

il so prépare aussi un grand four & VOpéra de Paris, avec un opéra nouveau en cing actes 4,

Heine vient d’écrire une de ses plus charmantes impiétés dans la Revue des Deux Mondes, intitulée les Dieux en exil, C’est étincelant d’esprit et admi- rablement écrit.

Ah! ca, savez-vous que vous écrivez tout a fait bien le frangais?... Qui diable est-ce qui vous ena donné la permission? C’est inconvenant !

Heller va bien et vous dit mille choses; il a des éléves et il continue & donner assez exactement ses legons.

Adieu, je sens la téte qui me tourne pour vous

avoir écrit ces quatre petites pages, Votre bien dévoué, H. BERLIOZ.

Meénestrel du 18 juillet 1879 (Victor Wilder).

1. L’Opéfa 4 représenté pour la prémiére fois, le 2 mai 1853, ta Fronde, opéra en cing actes de Niedermeyer.

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