‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 35 sur 67 · Violoniste hongrois · texte numérisé non relu

Violoniste hongrois

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A JOACHIM

Leipzig, 9 décembre 1853.

Mon cher Joachim,

Je recois une lettre d’Elberfeld dans laquelle on me propose d’y aller faire entendre quelques morceaux dans un concert. L’auteur de la lettre, M. Abraham Kipper, ajoute que vous avez di me mettre au courant de sa position et me donner des détails sur son établissement.

Or, ces détails me manquent tout & fait, Qu’y a-t-il 3 Elberfeld? Est-ce une société de concerts comme celle de Bréme ? Qu’est-ce que l’orchestre de ce pays- 12? Est-il de la force de vingt chevaux ou seulement de dix? Y a-t-il la des chceurs? Que faut-il demander pour honoraires ?

Je ne sais rien et vous savez tout, et vous gardez votre science pour vous comme un sphinx.

Je reste ici jusqu’é mardi prochain. Mon concert a lieu demain. Tout va bien. Malgré leur air froid, les Leipzikois mordent 4 la chose. Tous les journaux m’ont admirablement traité. L’opposition enrage, et nous nous moquons d’elle. Liszt revient encore demain de Weimar,

Jai arrangé un ou deux concerts avec Dresde pour le printemps prochain, et j’ai une proposition d’Oldenbourg pour la méme époque. Ne serait-il pas mieux

de faire coincider l’affaire d’Elberfeld avec les deux autres ?

Soyez assez bon pour m’écrire quelques explica- — tions par le retour du courrier.

Brams (sic) a beaucoup de succés ici. Il m’a yvivement impressionné |’autre jour chez Brindel (sic) avec son scherzo et son adagio. Je vous remercie de m’ayoir fait connaitre ce Jeune audacieux si timide — qui s’avise de faire de la musique nouvelle, Il souffrira beaucoup...

Quant, & mon admiration pour yous, elle grandit depuis..que je vous ai quitté. Et lorsque je réfléchis & votre valeur musicale si compléte, si brillante et si pure, je me surprends quelquefois & m’écrier (tout seul, a propos de rien) : « Ah! ca, mais c’est énorme, c’est prodigieux! »

Adieu, saluez de ma part nos amis de la chapelle de Hanovre, dont je conserve un si précieux souvenir. Mille amitiés & Miiller en particulier.

Votre tout dévoué, HECTOR RERLIOZ,

P.-S, — David est bien bon, bien cordial, et bien prudent. Il connait son monde de Leipzig, et je me Suis on ne peut mieux trouvé de ses conseils, C'est un véritable artiste,,, d’esprit, ce qui ne gate jamais rien.

4, Johannés Brahms et Franz Brendel,

: pte ‘ Cees : Rt, Me . 2 7 © AU MILIEU DUCHEMIN = —s 448

__-M. Otto Nieper m’a parlé dans sa derniére lettre

dun article de la Gazette de Cologne dans lequel vous

mais je vous remercie de confiance,

‘ Briefe von und an J, Joachim, 131

A FERDINAND DAVID

Paris, 18 décembre 1853.

Mon cher David,

Je vous envoie aujourd’hui, par le chemin de fer, la partition du Requiem, celle de Sara la Baigneuse et celle de Zristia qui, elle aussi, peut convenir & vos concerts du Gewandhaus*. Les paroles allemandes sont écrites avec soin sur la partition de Sara, Si vous faites chanter ce morceau, ne manquez pas de faire graver les parties de chceur, parce qu’alors je pourrais en acheter 4 mon tour un certain nombre d@exemplaires pour mes concerts en Allemagne. Si Kistner voulait aussi publier cette petite ceuyre j’en

serais bien aise.

Jai prié M. le docteur Hirtel de conserver les

planches des parties de chceur de I’adieu des Bergers; soyez assez bon pour faire imprimer chez lui ‘ 4, Cet article n’a pas été retrouvé.

2. -Berlioz a écrit en 1864, & propos de Tristia : « Je n’al jamais entendu cet ouyrage. » (Letires intimes, 268).

auriez trempé', Je serais trés curieux de le connaitre,

‘ig

— davril.

tions projetées,

Adieu, j’ai des vingtaines de lettres a écrire et

ment, ce serait trop long. ‘ D’ailleursyvous savez que 2 et 2 font 4.

H. BERLIOZ, P

ter Benvenuto au théatre de Leipzig ? Et quand cela

serait possible? Vous me Vavez dit mais je Vai oublié,

Deuxiéme P,-S, — Vous verrez que Vexécution Chorale de Sara est assez difficile et qu’il est a peu ee indispensable de faire répéter chaque chceur -isolément et pendant longtemps, il manque le nom allemand correspondant au mot

Passe pour la tenue sur le mi.

Veuillez corriger cela, Adieu encore, J’avoue que si

S’occupe-t-on déja de la suite chez Kistner? Sondez toujours un peu Hartel pour mes grandes publica- —

-autant de courses ennuyeuses a faire et je me vois” — forcé de terminer 1a ma lettre sans vous assurer seulement- de mes sentiments d’affection et de dévoue- ‘-

-S, — Au recu du paquet, veuillez m’écrire six lignes. Pensez-vous toujours a la possibilité de mon-

A la huitisme page >

Pea a . Elberfeld et ailleurs. da vous seni “e cette dépense & mon arrivée a Dresde au mois

¥ ‘sans aucun doute avec les études nécessaires, cela me ferait bien plaisir.

Le Guide musical, 3 février 1891.

A SA SOEUR ADELE

[Paris], dimanche 18 décembre 1853 et lundi 49.

Chére sceur, :

Ta lettre m’est arrivée & temps, j’étais encore a Leipzig, elle a complété une de mes grandes j joies. Je

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le plus important que je pusse ambitionner en Alle- 4 magne. Ce terrible public de Leipzig s’est dégelé. 4g Toute la presse s’est prononcée encore une fois pour a. moi; aprés le concert j’ai été redemandé avec des us, acclamations qui me rappelaient Hanovre et Bruns- S : wick : une heure aprés, les étudiants sont venus 4 ~ Vhdtel de Baviére me donner une sérénade. a Le lendemain (on savait que c’était mon jour de 2 naissance), dans une soirée o& je'me trouvais, une demoiselle est venue me présenter une couronne et me dire & bout portant des vers (traduits en prose is ip francaise) qu’un poéte de Dresde avait écrits dans la journée pour la circonstance. Puis les musiciens se sont refusés & recevoir le paiement convenu pour be mon concert, Leur chef (Ferdinand David) me dit

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care

qu’on n’a jamais rien yu de pareil & Leipzig. Cela doit avoir des conséquences trés heureuses et de la plus haute importance pour moi dans toute I’Allemagne, Je n’ai plus qu’un malheur, c’est d’étre Francais, cela les tourmente, on le voit.

Ces dames de l’Académie de chant me disaient Vautre jour avec une sorte d’impatience :.« Mais pourquoi ne parlez-yous pas allemand, monsieur Berlioz, ce devrait tre votre langue! Vous étes Allemand', A quoi cela vous sert-il de parler anglais ? Quelquefois vous dites par mégarde des phrases anglaises aux musiciens. Il faut parler allemand.»

J’ai quatre engagements pour le printemps prochain, pour Dresde, Oldenburg, Elberfeld, et encore Hanovre; on veut organiser un festiyal en trois journées & Brunswick pour y exécuter mon Requiem et mon Ze Deum qui sont encore inconnus aux Allemands. Ce serait pour le 5 mai,

Voila bien des projets, subordonnés cependant a une grande entreprise anglaise pour laquelle on m’écrit toujours de temps en temps de Londres,

Liszt est encore une fois venu de Weimar a Leipzig; il a donné le soir de mon concert un souper "assez nombreux, ow ’on a porté force toasts. Puis je suis parti, et me voila sans encombres d’aucune espéce, un peu gelé par le trajet en chemin de fer,

4, Ainsi, en 1853 les dames allemandes voulaient annexer Berlioz! Il est vrai qu'il a su se défendre.

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J'ai seulement le désagrément en arrivant de voir affiché pour demain mon petit oratorio de la Fuile en Egypte, qu’on exécute au troisitme concert de la

Société de Sainte-Cécile; Dieu sait comment cela —

ira, je n’ai pas 14 un chef d’orchestre bien fort !," et il n’a pas le bon sens de me proposer de conduire moi-méme.

J’ai trouvé ici une lettre de Louis; il est toujours aux alentours de Calais ; il va souvent & Yarmouth. On linvite & beaucoup de bals et de soirées musicales, en Angleterre surtout. Je suis bien aise qu'il

ait ainsi l’occasion de prendre un peu les maniéres —

du monde. Avec son uniforme dé marin c’est vraiment un joli garcon. Sa pauvre mére est toujours

dans le plus triste état, sa vue maintenant s’affaiblit, —

elle a un ceil trés malade. C’est navrant.

Avertis Camille de mon arrivée.

Mille amitiés 4 ton mari et & mon oncle s’il n’est pas encore parti pour le Midi. Je voudrais bien pouvoir l’y suivre, j’ai soif de soleil et de chaleur,

Adieu, je t'embrasse de tout mon cceur.

Ton déyoué, H. BERLIOZ.

P.-S, — Je rouvre ma lettre pour te dire que» grace & une répétition que j’ai fait faire chez moi au chef d’orchestre et au chanteur, la Futile en Egypte a

4, Seghers.

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a été hier ni eeinent OE, et pies ne ies bli Jes honneurs du concert ont été pour cet ouvrage,

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Communiqué par madame Chapot. eS te eee

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