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visites & faire dans ce quartier de Paris, Elle m’est, comme a toi, trés sympathique, surtout quand elle ne me parle pas de musique; sa fille, 4 cet endroit, est d’une adorable naiveté.
C’est 1a, chére sceur, une supériorité-réelle que tu possédes sur beaucoup de gens, tu ne parles pas des
choses qui te sont absolument étrangéres et tu n’as..
pas la prétention de savoir le sanscrit. Ces dames (ne va pas les calomnier) n’ont point le ton tranchant si comique chez la plupart des amateurs qui se sont frottés contre une colonne corinthienne et se croient tant soit peu architectes pour cela. Non, elles sont seulement venues des antipodes, et croient que nous marchons en Europe la déle en bas. Cette question a part, madame Maistre m’a semblé avoir beaucoup d’esprit et de grace dans sa conversation,
Adieu, je n’ai que le temps de me raser, de m’habiller, d’aller chez madame Maistre, chez la princesse Czartoriska et au Ministére, avant de me rendre au Jardin d’hiver of nous donnons aujourd’hui & deux heures un diner de deux cents couverts a notre ami et président des Associations d’artistes, cet excellent baron Taylor,
Mille amitiés & ton mari, 4 mon oncle, a tes filles,
Je tembrasse de tout mon ceur,
H. BERLIOZ
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AU MILIEU DU CHEMIN ait
P,-S. — L’affaire avec le notaire est en régle, terminée et soldée,
Je t’écrirai une lettre tranquille dans quelques jours,
~ Communiqué par madame Chapot.
A AUGUSTE MOREL
Dimanche, 4 juin 1854.
Mon cher Morel,
Excusez-moi de ne vous écrire qu’un billet, Je me dédommagerai prochainement. J’ai fait ce que vous m’avez dit de faire pour le quatuor, Desmarest a organisé une séance musicale chez lui, j’ai entendu votre ouvrage. C’est trés beau, et je ne puis dire celui de vos deux quatuors que je préfére. L’adagio et le scherzo de celui-ci m’ont beaucoup frappé. J’ai vu ensuite Brandus. Il ne veut pas graver la chose, ainsi que vous l’aviez prévu. Hier j’ai fait dire 4 Desmarest de me renvoyer le manuscrit, et, suivant vos instruc-
- tions, je le porterai chez Brandus afin qu’il le publie, en appliquant aux frais de la publication les 300 franes de la souscription ministérielle, Lesquels trois cents francs Brandus ne savait pas avoir touchés; mais Laval s’en est souvenu et l’a fait s’en souvenir,
Rien de nouveau ici; je travaille 4 la troisiéme partie de ma Trilogie sacrée : Le Songe d’Hérode, —
La Fuite cn Egypte, — L’Arrivée 4 Sais, — ou, pour parler plus juste, 4 la premiére partie, car les deux autres sont faites. Dés que j’aurai fini, j’enverrai le manuscrit en Allemagne pour faire traduire le texte, et, si tout est prét au mois de juillet, j’irai faire entendre cela & Munich et ensuite 4 Dresde. On me comble en Allemagne et je ne manquerai pas d’y. ~ aller le plus souvent possible. La chapelle de Dresde (chceurs et orchestre) est aujourd’hui la plus belle que je connaisse en Europe. Et quel feu, quel amour de lart, quelle rapide compréhension!
Que fait-on & Marseille? Que devient Lecourt ? Dites-lui mille choses affectueuses de ma part.
Je suis pour ma part fort triste; Louis est dans la Baltique sur le Phlégéton. Ce vaisseau n’est pas, dit-il, destiné a prendre part aux combats... mais je n’en crois rien, Et ce doute me fait un mal affreux. Il est tres content; il a obtenu de l’avancement; ses chefs se le disputent. J'ai recu une lettre de lui il y a quelques jours, Il était alors & Kiel en Danemark, Maintenant je ne sais ov il est...
Adieu, je crains que vous ne soyez guére moins triste que moi.
Mille amitiés dévouées.
H, BERLIOZ
rick AU MILIEU DU CHEMIN 2413
A AUGUSTE MOREL
Paris, lundi, 26 juin 1854.
Mon cher Morel,
Je n’aurais pas manqué de surveiller la gravure de votre beau quatuor:; je l’ai fait confier 4 M. Lavillemarais, qui vient de graver pour moi (c’est-a-dire pour Richault) la partition du piano de Faust; mais je suis bien aise de savoir que M. Baudillon voudra bien m’aider un peu 4 revoir les épreuves. {1 parait ‘que je suis un détestable correcteur. Aprés avoir employé toutes mes soirées pendant le dernier mois de mon séjour en Allemagne 4a corriger la grande partition de Faust, nous avons eu la prudence de la faire reviser par un artiste de l’Opéra (Deldevez), trés habile correcteur, et il a trouvé déja plus de cent fautes avant de parcourir le 3”° acte. C’est la cause du retard apporté dans la publication de cette partition. Quant a celle de piano, on vient d’en faire un 3° tirage enti¢rement correct celte fois. Cela ne va pas mal comme vente, & ce que dit Richault.
Vous avez bien raison de me rappeler la promesse que je vous avais faite de la collection de mes partitions; malheureusement les éditeurs n’attachent pas leurs chiens avec des saucisses, et je n’ai 4 ma
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a ‘ouvrages tels que Tristia, “Saka, Vou populi; quan aux symphonies, aux ouvertures et au Requiem, “ 3 je n’ai rien, et le compte que j’ai fait du prix de ces ‘diverses ceuvres m’épouvante, Je réve une édition — allemande soignée chez Kistner de Leipzig, de l’en- R
“3 “semble de mes ouvrages. Cela coaterait 20.000 francs. ; Gn Si jamais je réalise ce projet, alors je pourrai |
- empoisonner les bibliothéques amies sans me géner, et la votre sera la premiére victime. On me propose |
ici une foule de choses de brillante apparence pour
es mois d’aott et de décembre. Je ne sais si cela a aboutira & quelque régultat; set en tout cas je n’aurai aucun désappointement, accoutumé que je suis a .
cette heure, a ne croire que ce qui est fait.
Depuis quinze jours, je travaille mon Songe dHé-
rode, & en perdre le boire et le manger. J’ai recu de - Weimar la traduction allemande de l’Arrivée a Sais, et on me dit que c’est supérieurement traduit*, Poutétre entendra-t-on les trois petits oratoires cet hiver Paris. Il me faut six chanteurs solistes; c’est la
Pobstacle. En tout cas je n’abandonne pas mon projet daller & Munich en aout; j’ai des chances d’y faire un séjour trés avantageux sous tous les rapports, et is VIntendant (M. Dingelstedt) me presse beaucoup de faire ce voyage.